27/12/2018 08:59
Le chef des observateurs de l'ONU au Yémen a mis mercredi 26 décembre face à face représentants du gouvernement et des opposants pour trouver les moyens de sauver la trêve à Hodeida, fragilisée par la multiplication des attaques, et envisager l'application des autres clauses de l'accord conclu en Suède.
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Le chef des observateurs de l'ONU, le général à la retraite Patrick Cammaert (gauche), en visite au port de Hodeida, au Yémen. Photo: AFP/VNA/CVN

Les deux parties ont eu deux entretiens sous la présidence du général néerlandais à la retraite, Patrick Cammaert, selon des sources yéménites au fait des tractations.

La première réunion au caractère protocolaire a eu lieu autour d'un déjeuner et la deuxième a donné lieu à des discussions approfondies sur l'application de la trêve et les retraits envisagés, selon les mêmes sources.

La délégation du gouvernement était arrivée dans la ville contrôlée par les rebelles dans un convoi de voitures de l'ONU, selon un responsable yéménite.

Cette rencontre à Hodeida entre les deux camps a été décrite comme une "priorité" de la mission du général Cammaert par Stéphane Dujarric, le porte-parole du chef de l'organisation internationale.

Elle s'est tenue sur fond de reprise d'affrontements sporadiques dans la ville portuaire de l'ouest du Yémen, front actif de la guerre et point d'entrée de l'essentiel de l'aide humanitaire et des importations de produits alimentaires du pays.

Des duels d'artillerie et des échanges de tirs se sont produits dans la nuit, avant de cesser tôt mercredi, selon un correspondant de l'AFP.

Ils ont opposé les opposants Houthis, qui contrôlent de vastes pans du Yémen, dont la capitale Sanaa et Hodeida, et les forces gouvernementales.

Ces protagonistes sont pourtant tenus par une trêve prévue par l'accord parrainée par l'ONU et conclu en Suède qui est entré en vigueur le 18 décembre.

Retraits envisagés

"Nous ne pouvons pas résoudre votre problème à votre place, vous devez le faire vous-mêmes. Et cela signifie que nous allons nous asseoir, nous allons discuter, nous allons surmonter les obstacles et aller de l'avant", a-t-il déclaré.

"Il est extrêmement important que les deux parties respectent (le cessez-le-feu) et qu'elles cessent de blâmer l'autre partie" de le violer, a-t-il ajouté.

Outre la consolidation du cessez-le-feu, le chef des observateurs de l'ONU doit évoquer avec les deux parties le retrait des combattants des ports de Hodeida, de Salif et de Ras Issa, dans la même province.

Un responsable de la coalition sous commandement saoudien avait récemment affirmé à l'AFP que ce retrait était prévu pour le 31 décembre et que celui des forces des deux parties de la ville était programmé pour le 7 janvier.

Les forces progouvernementales et la coalition ont lancé en juin une offensive pour reprendre aux Houthis cette ville devenue un enjeu stratégique de la guerre au Yémen.

Le conflit dans ce pays pauvre de la péninsule Arabique a fait au moins 10.000 morts depuis 2015 et provoqué la pire crise humanitaire au monde, selon les Nations unies.

AFP/VNA/CVN

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