20/12/2018 10:01
Une coalition engagée au côté du pouvoir dans la guerre au Yémen a accusé mercredi 19 décembre les Houthis de violer le cessez-le-feu à Hodeida, âprement négocié, et averti qu’il pourrait s’effondrer si l’ONU n’intervenait pas.
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Des combattants près de la capitale yéménite Sanaa, le 19 décembre.
Photo: AFP/VNA/CVN

Cette coalition, dirigée par l’Arabie saoudite, aide militairement depuis 2015 les forces loyalistes face aux Houthis qui se sont emparés en 2014 de vastes régions du Yémen, dont la capitale Sanaa et la cité portuaire de Hodeida, devenue le principal front de la guerre.

Après des pourparlers en Suède, Houthis et pouvoir avaient convenu le 13 décembre d’un cessez-le-feu entré finalement en vigueur mardi 18 décembre à Hodeida (Ouest) après des mois de combats meurtriers qui ont fait craindre une aggravation de la crise humanitaire.

Preuve d’une situation fragile et instable, la coalition a mené une frappe contre l’aéroport de Sanaa, la première depuis les consultations en Suède, en affirmant avoir détruit un drone que les Houthis s’apprêtaient selon elle à lancer. Elle a accusé dans un communiqué les Houthis d’utiliser cet aéroport comme une base militaire.

La coalition a aussi accusé les Houthis d’avoir violé la trêve à 21 reprises depuis mardi 18 décembre à Hodeida, ville par où transite l’essentiel de l’aide humanitaire et des importations du Yémen menacé par la famine.

"Nous continuons à leur accorder le bénéfice du doute et à faire preuve de retenue mais les premiers signes ne sont pas encourageants", a dit une source de la coalition. "Si l’ONU tarde à entrer en scène (...) l’accord (de cessez-le-feu) sera voué à l’échec".

Résolution britannique à l’ONU

Dans la ville de Hodeida, un habitant joint au téléphone, a rapporté que le calme était revenu, après des échanges sporadiques de coups de feu dans la nuit.

Deux hommes dans une usine détruite par les combats et les raids aériens dans la ville yéménite de Hodeida (Ouest), le 17 décembre.
Photo: AFP/VNA/CVN

Les Houthis, qui se sont à nouveau engagés à respecter le cessez-le-feu, ont accusé en retour leurs adversaires de l’avoir violé, en affirmant que ces derniers avaient ciblé dans la nuit des secteurs dans la ville de Hodeida et dans la province du même nom.

Afin de protéger la trêve, Londres va proposer au Conseil de sécurité de l’ONU de voter une résolution cette semaine, selon le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt, en jugeant le cessez-le-feu à Hodeida "extrêmement fragile".

La résolution entérinerait les termes de l’accord de Suède, autoriserait les Nations unies "à surveiller sa mise en œuvre" et définirait "des mesures urgentes pour atténuer la crise humanitaire", a-t-il ajouté. "Nous demanderons au Conseil de sécurité de voter sur le projet dans les prochaines 48 heures".

En outre, le président (nommé par l’ONU) du comité chargé de surveiller la trêve doit se rendre au Yémen plus tard cette semaine.

Ce comité est également chargé de surveiller le retrait des combattants de Hodeida et le départ des Houthis des principaux ports de la province du même nom. Il devra rendre compte chaque semaine au Conseil de sécurité.

Observateurs 

C’est en juin dernier que les forces loyalistes, soutenues par les raids aériens de Ryad, ont lancé une offensive pour reprendre Hodeida, où les ONG avaient dit craindre le pire pour les civils.

L’émissaire de l’ONU, Martin Griffiths, a multiplié les efforts pour faire cesser les combats à Hodeida et mettre fin au conflit au Yémen qui a fait au moins 10.000 morts et provoqué la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU. Des ONG estiment néanmoins que le bilan réel des victimes est largement plus élevé.

Conscient de la fragilité de l’accord après que sept trêves négociées par l’ONU ont échoué depuis le début du conflit, M. Griffiths a réclamé le déploiement rapide d’observateurs internationaux à Hodeida et dans des ports de la province. Selon des diplomates, quelque 30 à 40 observateurs pourraient y être déployés.

Outre le cessez-le-feu, l’accord de Suède prévoit un échange de quelque 15.000 prisonniers ainsi que des mesures pour faciliter l’acheminement de l’aide à Taëz (Sud-Ouest), ville aux mains des loyalistes et assiégée par les Houthis.

Les pourparlers interyéménites doivent reprendre fin janvier. L’aéroport de Sanaa, fermé depuis presque trois ans aux vols commerciaux, sera au centre de ces discussions, selon M. Griffiths.

L’Arabie saoudite sunnite, pays voisin du Yémen, a pris la tête de la coalition militaire pour aider le pouvoir à stopper l’offensive des Houthis lancée en 2014.

AFP/VNA/CVN

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