11/08/2019 15:51
La coalition menée par l'Arabie saoudite, qui soutient le président du Yémen, a recouru à la force dimanche 11 août pour contraindre des combattants séparatistes à se retirer de positions du gouvernement yéménite prises la veille dans la grande ville portuaire d'Aden (Sud).

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Des séparatistes luttant pour l'indépendance du sud du Yémen à Aden le 10 août après avoir conquis des positions du gouvernement.
Photo: AFP/VNA/CVN


Les séparatistes luttant pour une indépendance du sud du Yémen se sont emparés samedi 10 août du palais présidentiel à Aden --vide puisque le chef de l'État Abd Rabbo Mansour Hadi vit à Ryad--, le gouvernement du Yémen dénonçant un "coup d'État".

Déjà ravagé par plus de cinq ans d'une guerre opposant les rebelles Houthis à des forces loyales au président Hadi, le Yémen s'est enfoncé davantage dans le chaos depuis que des affrontements meurtriers ont éclaté mercredi 7 août entre différentes unités du camp progouvernemental à Aden. Les séparatistes du Sud et le gouvernement luttaient ensemble contre les Houthis.

Aden est la capitale provisoire du pays depuis que les rebelles Houthis, issus eux du Nord du pays, contrôlent la capitale historique Sanaa.

La coalition militaire dirigée par Ryad a annoncé dimanche 11 août avoir frappé une position posant "une menace directe à un important site du gouvernement légitime" du Yémen.

Ultimatum

Elle a appelé les séparatistes du Conseil de transition du sud (STC) --qui représente les séparatistes réclamant l'indépendance pour le Sud du Yémen-- à "se retirer immédiatement et complètement des positions prises par la force" sous peine de nouvelles frappes.

Selon des habitants, la situation était calme dimanche matin 11 août à Aden après des frappes contre les camps de Bader et Jabel Hadid tenus par les séparatistes.

Dans un tweet, le vice-ministre saoudien de la Défense, Khaled ben Salmane, l'un des fils du roi, a réaffirmé le soutien du royaume au "gouvernement légitime du Yémen" et a souligné la nécessité de "préserver l'unité et la stabilité" de ce pays.

Le Yémen du Sud était un État indépendant jusqu'en 1990. Dans le Sud, existe toujours un fort ressentiment contre les Yéménites originaires du Nord, accusés d'avoir imposé par la force l'unification du pays.

Depuis mercredi 7 août, des affrontements opposaient à Aden des combattants séparatistes aux soldats du gouvernement, et cela alors que tous sont théoriquement alliés depuis 2015 au sein d'une coalition, menée par le pouvoir saoudien à Ryad et le gouvernement émirati d'Abou Dhabi, pour lutter contre les Houthis.

Réunion en Arabie
 

Des séparatistes du Sud du Yémen posent devant un char confisqué sur une base militaire gouveDrnementale à Aden, le 10 août. Photo: AFP/VNA/CVN


Les évènements se sont accélérés samedi 10 août avec la prise de trois casernes et du palais présidentiel et mettent à nu des divisions entre les deux principaux partenaires de la coalition soutenant officiellement le gouvernement yéménite: l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Le ministère yéménite des Affaires étrangères a accusé les Émirats d'être "responsables du coup d'État" des séparatistes à Aden. "Nous demandons aux Émirats d'immédiatement cesser leur soutien matériel et militaire aux groupes qui se sont rebellés contre l'État", a-t-il déclaré.

La coalition dirigée par les Saoudiens a quant à elle appelé à une "réunion d'urgence" des parties en conflit ainsi qu'à un cessez-le-feu.

Dimanche 11 août, les séparatistes ont abondé. Le Conseil de transition du sud (STC), qui inclut les forces du "Cordon de sécurité" soutenues par les Émirats, "assure s'engager pleinement dans le cessez-le-feu", a-t-il écrit sur son site internet. "Le STC se félicite de l'invitation des frères d'Arabie saoudite à dialoguer et assure y être disposé", ajoute-t-il dans son bref communiqué.

Le gouvernement yéménite a aussi dit soutenir la perspective d'une réunion dans le royaume saoudien.

"Appel au dialogue"

Les combats à Aden entre éléments séparatistes du "Cordon de sécurité" et troupes du gouvernement, ont fait au moins 18 morts -combattants et civils-, selon des médecins et des sources de sécurité.

Le chef du Comité international de la Croix-Rouge au Yémen, Franz Rauchenstein, a écrit sur Twitter que toutes les parties devraient tenir "les civils et les zones d'habitation" à l'écart des confrontations.

Selon Médecins sans frontières (MSF), plus de 75 personnes blessées ont été soignées dans un hôpital relevant de cette ONG depuis vendredi 9 août.

Dans un communiqué relayé par son porte-parole, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé à une cessation des hostilités à Aden et un dialogue entre les parties pour "traiter les sujets légitimes concernant tous les Yéménites".

Ce n'est pas la première fois que les séparatistes du Conseil de transition du sud (STC) s'opposent aux unités loyales au président Hadi.

En janvier 2018, des combats entre eux avaient fait au moins 38 morts.

Le Yémen est à présent confronté au risque d'une "guerre civile dans la guerre civile", a estimé dans un rapport le centre de réflexion sur les conflits International Crisis Group (ICG).

AFP/VNA/CVN

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