31/10/2020 12:45
À cause de la pandémie de COVID-19, de nombreux centres de langues et établissements scolaires internationaux se retrouvent en pénurie d’enseignants étrangers. En attendant la réouverture des lignes aériennes, les écoles se démènent pour faire venir leurs professeurs au Vietnam.
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Un vol transportant des enseignants et étudiants du RMIT Vietnam, le 6 septembre.
Photo : BA/CVN

La situation est pour le moins préoccupante pour certains établissements, au point de demander l’aide du gouvernement. Lors d’une conférence en juillet dernier, l’Université RMIT Vietnam a demandé l’intervention du ministère de l’Éducation et de la Formation pour que celui-ci facilite la venue au Vietnam de professeurs bloqués à l’étranger. L’antenne vietnamienne de l’Institut royal de technologie de Melbourne (Royal Melbourne Institute of Technology) est en effet l’établissement qui fait état de la plus grande carence en enseignants cette année. Or, selon le professeur Peter Coloe, président du RMIT Vietnam, les étrangers représentent habituellement 40% de son contingent d’enseignants.

Si l’établissement se retrouve aujourd’hui dans cette situation, ce n’est pas par erreur de gestion. Lorsque le COVID-19 a explosé,  les dirigeants de cette école ont préféré prévenir que guérir et ont ainsi coopéré avec les gouvernements, le ministère des Affaires étrangères et la Chambre de commerce australienne au Vietnam pour soutenir le retour des professeurs à leur pays d’origine, pensant garantir leur sécurité. Ainsi, une partie importante du corps enseignant de l’institut australien a quitté les salles de classe et reste encore bloquée à l’étranger.

Alors que la pandémie est contrôlée au Vietnam et que la rentrée des classes a pu avoir lieu en toute sécurité, la situation est devenue urgente pour l’établissement international. Finalement, après des mois de préparation, un vol en provenance de Melbourne à destination de Vân Dôn (province de Quang Ninh, Nord) a transporté 270 passagers, enseignants et étudiants du RMIT Vietnam, le 6 septembre dernier.

Afin d’entrer dans le pays, tous les passagers ont dû être testés négatifs au coronavirus entre trois et sept jours avant le vol. Ils ont ensuite été placés en quatorzaine à leur arrivée, jusqu’à fin septembre, et devaient rejoindre les salles de classe en octobre.

Un milliard de dôngs pour le retour

Dans le but d’assurer la qualité des cours pour la nouvelle année scolaire, certaines écoles ont dû consacrer une bonne partie de leur budget au retour au Vietnam de leurs enseignants étrangers.

À la Canadian international school, Nguyên Thi Kiêu Oanh, présidente du Bureau de direction de l’établissement, a demandé à ses enseignants de ne pas se rendre à l’étranger pendant les vacances d’été, afin d’avoir suffisamment de professeurs à la rentrée. Il a tout de même fallu à la dirigeante trouver de nouveaux enseignants canadiens et les faire atterrir sur le sol vietnamien. Ainsi, l’établissement a réservé 80 sièges dans un vol Vietnam Airlines en provenance du Canada vers Hô Chi Minh-Ville. Préalablement à l’achat des billets, il a dû obtenir les autorisations du Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville, de son Département de l’immigration et du Centre municipal de contrôle des maladies.

La "Canadian international school" a demandé à ses enseignants de ne pas se rendre à l’étranger pendant les vacances d’été.
Photo : CIS/CVN

L’établissement a ainsi dû dépenser presque un milliard de dôngs pour faire venir ses enseignants : régler les billets d’avion mais aussi les frais de logement, d’alimentation et de santé pendant les deux semaines de quarantaine à l’arrivée. Les frais de santé incluaient notamment plusieurs tests de dépistage du COVID-19 : quatre tests par enseignant avant qu’ils puissent revoir leurs étudiants en classe.

Plus de 8.000 apprenants en attente

Bon nombre de centres privés de langues sont dans la même situation. Par manque d’enseignants étrangers, certains ne peuvent organiser leurs cours, plaçant en attente plus de 8.000 apprenants dans tout le pays. "Les frais de transport des enseignants, de leur pays jusqu’au Vietnam, sont tellement importants qu’un centre, de grande envergure ou non, ne peut se permettre cette dépense", avoue le dirigeant d’un institut d’anglais à Hô Chi Minh-Ville. Les écoles proposant un programme bilingue et international, liant par exemple le programme scolaire du Royaume-Uni à celui du Vietnam, ne sont pas épargnées.

En effet, ces établissements nécessitent des professeurs étrangers pouvant enseigner une diversité de matières en anglais. Par manque de personnel disponible, certaines de ces écoles doivent diminuer le volume de leurs cours et donc leurs frais d’inscription.

Selon la présidente de la Canadian international school, la réouverture des lignes aériennes favorisera le recrutement de nouveaux enseignants. Elle est rejointe par Peter Coloe du RMIT Vietnam : "Étant un établissement d’enseignement supérieur interna-tional et proposant des formations dans beaucoup de domaines, le RMIT embauche des enseignants toute l’année. Nous attendons donc la réouverture des lignes aériennes internationales qui nous permettra de trouver les candidats adéquats aux postes vacants".

En attendant, le professeur australien encourage ses enseignants étrangers et étudiants à prendre des vols commerciaux faisant escale dans d’autres pays asia-tiques comme Singapour ou la République de Corée, afin de se rendre au Vietnam. Pour réussir cette opération, l’établissement doit toutefois déposer au préalable une demande de mise en quarantaine auprès des autorités et s’engager à respecter toutes les mesures de prévention et de lutte contre le coronavirus fixées par le gouvernement vietnamien.
 
Mai Quynh/CVN


Plusieurs lignes aériennes rouvertes

Le 15 septembre, le Bureau du gouvernement a rendu publique l’annonce sur la conclusion du vice-Premier ministre Pham Binh Minh approuvant la réouverture de certaines lignes aériennes commerciales entre le Vietnam et ses partenaires que sont la Chine, le Japon, la République de Corée, Taïwan (Chine), le Cambodge et le Laos. Chacune propose au maximum deux vols par semaine pour chaque compagnie concernée.
 



 

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