14/12/2019 20:36
La danse collective la plus connue des hauts plateaux du Centre s’appelle Xoang. Créée par les Banars, cette danse constitue l’essence même de l’espace culturel des gongs du Tây Nguyên.

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Chaque geste de la danse Xoang traduit un moment de la vie quotidienne ou exprime un sentiment. Photo : VNA/CVN

Simple et fédératrice, la danse Xoang est la danse collective par excellence. Tout le monde peut y participer, nous dit Trân Lâm, un responsable du Service de la culture, des sports et du tourisme de la province de Kon Tum. "Nous avons à Kon Tum des fêtes traditionnelles correspondant à chaque saison agricole, et qui dit fête dit Xoang et gongs. C’est d’ailleurs l’essence même de l’espace culturel des gongs de Kon Tum en particulier et des Hauts plateaux du Tây Nguyên en général", fait-il remarquer. "Aucune école n’enseigne cette danse qui se transmet de génération en génération".

Le temps d’une danse Xoang, tout le monde peut devenir danseur. On suit le rythme des gongs à petits pas, en balançant légèrement son corps, en pliant ou détendant ses bras. On danse en ronde, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, autour d’une perche rituelle installée dans la cour ou devant la maison communale. Il paraît en tout cas plus facile de participer que de simplement assister, explique Y Bluwn, une Banar. "Depuis que je suis toute petite, j’adore la danse Xoang. Les gestes sont simples et répétitifs mais pour nous, Banars, ils sont lourds de sens", confie-t-elle.

En effet, chaque geste de la danse traduit un moment de la vie quotidienne ou exprime un sentiment. Pour les Banars, c’est une danse qui relie le passé au présent, un cycle de vie qui se renouvelle encore et toujours.

Outre les gongs, l’instrument de musique indispensable à la danse Xoang est le chogut, un tambour dont le fût est couvert de peau de chèvre ou de bœuf. Le tambourineur n’est autre que le chef de l’ensemble musical. Il porte son tambour devant sa poitrine et le frappe avec ses mains, donnant le tempo à l’ensemble.

"On danse tous les week-ends"

Lors d’une fête villageoise, la partie rituelle donne lieu à une danse Xoang strictement codée et la partie festive, à une danse Xoang libre. Si les gestes restent pratiquement les mêmes, les danseurs se permettent alors de libérer davantage leurs corps, d’improviser…

Il est donc tout à fait logique que les Banars n’attendent pas les fêtes villageoises pour exécuter cette danse Xoang libre. Chez Giàng A Buu, le patriarche d’un village de Kon Tum, cette danse fait partie de la tradition familiale. "À force de pratiquer, je suis devenu un fin connaisseur", dit-il avec fierté. "Avec ma femme, on danse tous les week-ends. Nos enfants et nos petits-enfants viennent tous danser. Il faut les voir danser, nos petits ! Rien de plus beau, de plus en harmonie avec la nature du Tây Nguyên !".

Aujourd’hui, la danse Xoang a largement dépassé les frontières des villages banars et du Tây Nguyên. De nombreux chorégraphes s’en sont inspirés et l’ont portée sur scène, lors de festivals où tradition rime avec évolution. 


VOV/VNA/CVN

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