04/11/2017 09:09
«Xe ôm» est un mot qui désigne aussi bien un moyen de déplacement (le taxi à moto, ou moto-taxi) que la profession qui lui est liée. Ils vous conduisent à une vitesse éclair et pour une poignée de dôngs à la destination souhaitée.
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Hà Ngoc Anh
20 ans
Ville de Hanoï
Prix de l’Étudiant talentueux

Très nombreux dans les villes, les xe ôm se concentrent généralement aux arrêts de bus, dans les sites touristiques… Ils sont à chaque coin de rue. Ils discutent, lisent, boivent du thé ou même font la sieste sur leur moto ! En général, ils conduisent leurs clients sur de petites distances.

Après la course, les clients paient la somme d’argent déjà négociée au préalable. Pour une même distance, c’est plus cher que le bus mais moins cher que le taxi. Les chauffeurs de moto-taxi peuvent être des guides touristiques parce qu’ils connaissent toutes les encablures de la ville. Beaucoup de piétons, spécialement les touristes, leur demandent de l’aide pour trouver leur chemin.

Un métier qui a plutôt mauvaise réputation

Cependant, la somme à payer n’est pas toujours fixée à l’avance. Normalement, il faut compter 15.000-20.000 dôngs pour moins d’un kilomètre. Mais les chauffeurs augmentent le prix quand les clients sont touristes ou étrangers, ou en raison du mauvais temps. Il faut donc toujours négocier. Mais cette étape est difficile, et parfois impossible quand le conducteur sait que la personne a vraiment besoin de lui, par exemple quand elle est pressée d’aller à un rendez-vous important ou quand elle ne connaît pas son chemin.
 

Les +xe ôm+ font partie du paysage de la capitale.


J’ai vécu cette situation il y a deux mois, quand je suis rentrée à Hanoï de Thai Binh - une province située à 100 kilomètres de la capitale. L’autobus m’a laissée à un endroit que je ne connaissais pas. J’ai dû me rendre à un arrêt de bus et je ne savais pas comment y aller. Un moto-taxi m’a approchée et m’a demandée si le prix de 30.000 dôngs pour une course me convenait. J’ai essayé de faire baisser le prix mais il n’était pas d’accord, invoquant la raison qu’il faisait chaud, qu’il devait attendre ici toute la journée et qu’en plus le chemin était assez long...

Finalement, j’ai accepté ce prix et je suis montée sur sa moto. En arrivant, j’ai trouvé que la distance parcourue n’était que… d’un kilomètre, mais j’ai dû payer les 30.000 dôngs convenus, sans rien dire.

Un autre moyen pour eux de gagner plus est d’allonger le trajet pour demander des frais additionnels, et le client est obligé d’accepter sous peine d’une dispute sur le trottoir.

D’une manière générale, les xe ôm n’ont pas très bonne réputation. On dit souvent qu’ils sont rustres et manquent d’éducation et de savoir-vivre. Il est ainsi fréquent de les voir se quereller. Ces animosités s’expliquent par la forte concurrence qui règne entre eux dans les villes. Certains sont même grossiers et ne respectent pas le Code de la route. Et à chaque fois qu’un bus ralentit et que ses portes s’ouvrent, plusieurs d’entre eux surgissent de nulle part pour tenter d’alpaguer  les passagers en train de descendre.

En général, ce sont des hommes qui exercent ce métier. Mais récemment, on voit de plus en plus de femmes. Contrairement aux hommes, elles ne font pas la sieste sur la selle de leur moto ! En plus, elles ont l’air plus calmes, plus prudentes. C’est pourquoi elles sont plutôt choisies par les clients de la gent féminine.
 

Des +xe ôm+ s’approchent d’un bus qui s’arrête pour tenter d’attirer des clients.


Les motos-taxis face au tournant technologique

Le métier de taxi-moto n’est pas une sinécure. La circulation chaotique, souvent dangereuse, les conditions climatiques extrêmes - pluie diluvienne ou soleil accablant -, sans compter l’attente interminable sont autant de désagréments. Malgré tout, il faut bien nourrir sa famille... Et il arrive parfois  qu’un xe ôm ne conduise aucun client pendant la journée.  Les revenus sont donc instables. Malgré les difficultés, ils font souvent preuve d’une certaine convivialité et sont toujours animés de la volonté d’aider les gens.

Mais le métier de xe ôm change, car nous sommes à l’ère de la quatrième révolution industrielle qui «va bouleverser notre société dans ses fondements» (Klaus Schwab). Les conducteurs «modernes», possédant un Smartphone connecté à Internet utilisent des applications comme Grab ou Uber pour trouver des clients. Ils offrent un prix plus raisonnable que les taxis-motos «traditionnels». En plus, il est fixé et annoncé par avance sur l’application, ce qui évite les marchandages. En conséquence, les xe ôm «modernes» ont de plus en plus la cote, au détriment des autres qui n’ont pas su prendre ce virage technologique.
 

Fidèles au poste quel que soit le temps.


Afin de diminuer les embouteillages et les problèmes de pollution de l’air, le Comité de Hanoï a l’intention en 2030 d’interdire la moto au sein de la capitale. Les avantages de cette interdiction sont indéniables, mais elle pourrait amener la disparition des xe ôm. Les responsables locaux et organisations sociales devront les aider dans leur reconversion.

Personnellement, je me sens proche des xe ôm. Je retrouve en eux des caractéristiques du caractère provincial. Et comme je viens moi-même de la province, je ressens une certaine atmosphère familiale quand je les côtoie à Hanoï. Ils adoucissent un peu ma nostalgie de mon village natal...


Texte et photos : Hà Ngoc Anh/CVN

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