12/11/2017 08:02
Depuis l’avènement du tourisme communautaire dans le district de Hoàng Su Phi, province de Hà Giang (haute région du Nord), les jeunes hommes de l’ethnie Dao pratiquent un métier tout nouveau pour eux : chauffeur de moto-taxi.

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>>Le homestay en plein essor à Hoàng Su Phi
 

Le travail de "xe ôm" rapporte à Triêu Tài Lin en moyenne 4 millions de dôngs par mois.


07h00 du matin. L’aurore darde sur la vallée ses rayons d’argent à travers les écharpes de brume. Triêu Vinh Phuong et ses dix autres «collègues» attendent devant le homestay King, dans le hameau de Nâm Hông, commune de Thông Nguyên.

Armés de leur destrier motorisé, cette «équipe» de moto-taxis (xe ôm en vietnamien) constituée de jeunes hommes Dao a été dépêchée sur place pour transporter un groupe de touristes venus de Hanoï et leur faire visiter les rizières en gradins qui ornent Hoàng Su Phi.

Tracés sur les flancs de la montagne, les sentiers qui serpentent à travers les champs sont arpentés à l’aide de la petite cylindrée Honda Win 100 de conception japonaise mais de fabrication chinoise.

«Seules les Win sont capables de grimper les sentiers raboteux, même lorsqu’ils sont pleins de boue quand il pleut», explique Triêu Vinh Phuong. Ce jeune homme de l’ethnie Dao, âgé de 21 ans, a acheté sa «motorbike» il y a tout juste deux mois, pour 12 millions de dôngs (environ 530 dollars). Une acquisition faite après avoir vendu deux tonnes de feuilles de théiers cueillies dans la plantation familiale sur les collines alentour. Cette moto est aujourd’hui son principal outil de travail, lui qui est le père d’une fillette de neuf mois. «Je viens juste de me lancer dans cette activité. C’est pourquoi, pour le moment, ce métier ne me permet pas d’avoir un revenu stable. Les touristes me donnent parfois un pourboire. Mais la culture du théier reste notre principale source de revenus», explique Phuong.

Le développement du tourisme communautaire permet aussi à Triêu Tài Lin - également de l’ethnie Dao - de faire xe ôm. Né en 1988, il a déjà deux enfants. «J’ai été invité à transporter les touristes pour des excursions à Hoàng Su Phi lorsque le projet de tourisme communautaire a été lancé en 2016. Ce travail régulier me rapporte en moyenne 4 millions de dôngs par mois (environ 180 dollars), soit beaucoup plus que le travail champêtre», raconte Triêu Tài Lin.

 

En cette saison, Hoàng Su Phi ressemble à un éden terrestre.


Une physionomie en pleine mutation

La douce brise de ce matin d’automne fait danser les épis mordorés des rizières en terrasses prêts à être récoltés. Au loin, les nuages jouent à une délicieuse partie de cache-cache avec les sommets. En cette saison, Hoàng Su Phi ressemble à un éden terrestre.

Le long du col tracé sur la montagne, les motos croisent des camions transportant des matériaux de construction. Des fils électriques sont connectés aux villages où des antennes paraboliques sont installées sur les toits pour capturer les ondes satellites de télévision. Aucun doute, la physionomie de Hoàng Su Phi a changé. Si les campagnes sont encore pauvres, elles sont sorties de la misère dans laquelle elles étaient plongées.

Avec une superficie totale de près de 630 km² majoritairement constitués de hautes montagnes, Hoàng Su Phi possède les rizières en terrasses les plus spectaculaires du pays. Elles ont été façonnées et sont cultivées par 12 groupes d’ethnies minoritaires, notamment Nùng, Dao, Mông, La Chí et Tày. Malgré des progrès évidents, il reste l’un des 61 districts les plus pauvres du pays.

 

Chaque année, Hoàng Su Phi accueille environ 12.000 touristes.


Le homestay comme une évidence

En 2016, Hoàng Su Phi a été choisi pour le déploiement du projet intitulé «Améliorer les moyens de subsistance des minorités ethniques par le biais du tourisme communautaire», parrainé par l’organisation suisse HELVETAS et réalisé par le Centre pour le développement de l’économie rurale (CRED). Ses quatre communes de Thông Nguyên, Nam Son, Hô Thâu et Ban Luôc ainsi que les deux districts de Quang Yên et de Trùng Khanh de la province de Cao Bang ont ainsi été sélectionnés pour sa mise en œuvre.

Les habitants participants sont envoyés sur le terrain dans d’autres localités pour se renseigner sur les modalités de fonctionnement du «séjour chez l’habitant» (homestay), qui est l’objectif du projet. De plus, ils ont accès - le tout gratuitement - à des cours de cuisine, d’anglais (de même que leurs enfants) et les villageois sont encouragés à valoriser leurs produits touristiques, tels que le tissage de brocatelle, les danses et chants traditionnels. «L’objectif est de créer des emplois pour ces populations défavorisées, de les sensibiliser à la protection de l’environnement et à la préservation de leur identité culturelle», souligne Cao Dai Hùng, responsable de ce projet.

Chaque année, Hoàng Su Phi accueille environ 12.000 touristes et s’attend à une augmentation moyenne de 30%, grâce aux modèles d’hébergement chez l’habitant et au projet de développement communautaire. Quelque 110.000 voyageurs sont ainsi attendus en 2021, dont 87.000 étrangers.

«Pour atteindre nos objectifs, nous continuerons à appeler les particuliers, organisations et entreprises à soutenir le développement des infrastructures dans le district, affirme Lù Van Chung, vice-président du Comité populaire de Hoàng Su Phi. Nous envisageons de faire du tourisme communautaire le premier secteur économique du district».

Le tourisme communautaire a contribué à modifier la physionomie de Hoàng Su Phi et à éradiquer la misère chez les minorités ethniques. D’ici cinq ans, ce district espère créer environ 1.700 emplois dans ce secteur.


Texte et photo : Huong Giang/CVN


 

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