06/05/2017 16:14
Les salariés de Whirlpool à Amiens, en grève depuis le 24 avril, ont voté le 5 mai la reprise de l'activité après un accord avec la direction sur le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), un conflit qui a fait irruption dans la campagne présidentielle avec la double visite d'Emmanuel Macron et Marine Le Pen.
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L'entrée de l'usine Whirlpool à Amiens dans la Somme, le 25 avril 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN

"C'est un accord équilibré avec des mesures importantes en ce qui concerne le congé de reclassement, qui est long, et la prime supra-légale est satisfaisante au regard des organisations syndicales", a affirmé Cécile Delpirou élue CFE-CGC.

Les salariés exigeaient notamment de cette multinationale bénéficiaire un geste notable sur ce dernier point. On négocie "depuis plus d'une semaine sous l'égide de la Direccte (administrations régionales du travail) parce que les discussions étaient impossibles sans un médiateur. La médiation a été efficace, l'accord a été signé par les trois organisations représentatives de l’entreprise (CFDT, CFTC, CFE-CGC), quand tout le monde signe, c'est que c'est un bon accord", a-t-elle ajouté.

De fait, les négociations ont été "parfois tendues", a rappelé la préfecture de la Somme dans un communiqué, rappelant qu'elles ont nécessité "la médiation des services de l'État".

De son côté Whirlpool s'est dit "heureux d'annoncer la signature d'un accord avec les représentants du personnel concernant les mesures sociales du projet".

"La priorité absolue de Whirlpool dans les prochains jours et les prochaines semaines restera de permettre l’émergence d’une solution viable et de long terme pour l'usine et ses employés", a ajouté l'entreprise, dans un communiqué à l'AFP, sans détailler le contenu de l'accord.

"Ce soir, c'est une première phase dont je me réjouis. C'est un accord qui respecte les situations individuelles, tout en mettant Whirlpool à contribution. Maintenant, la deuxième phase, c'est la recherche de repreneurs pour que nous puissions maintenir l’activité industrielle sur le site", a déclaré le secrétaire d’État à l'Industrie, Christophe Sirugue.

"Une quinzaine de marques d'intérêt" ont été recueillies pour la reprise du site, avait déclaré le secrétaire d’État début avril. La remise des manifestations d'intérêt court jusqu'au 26 mai et la date limite de dépôt des offres fermes a été fixée au 2 juin.

Le secrétaire d’État à l'Industrie, Christophe Sirugue lors d'une conférence de presse à Paris, le 6 avril 2017. Photo : AFP/VNA/CVN

Pression sur la direction

Depuis le 24 avril, des salariés bloquaient l'entrée poids lourd de l'usine d'Amiens en organisant un piquet de grève. Toutefois, les grévistes n'empêchaient pas leurs collègues d'accéder au site afin que ces derniers "ne perdent pas une journée de salaire". Les grévistes travaillant sur des lignes en continu, la production était cependant interrompue.

Deux jours après le début de la grève, Marine Le Pen et Emmanuel Macron s'étaient chacun à leur tour rendus sur ce site le même jour, la première rapidement sans s'annoncer accueillie par des sourires et des selfies, le second nettement plus longuement par des sifflets au milieu d'une mêlée confuse, avant d'instaurer le dialogue avec les salariés.

Ce chassé-croisé surprise et contrasté dans l'accueil avait fait monter d'un cran l'intensité autour de cette campagne de second tour.

Cette grève avait commencé "trois mois jour pour jour après l'annonce de la fermeture de notre usine et alors que nous n'avions aucune avancée sur les négociations. Cette grève a été faite pour faire pression sur la direction pour négocier", a rappelé Mme Delpirou.

Cette usine de sèche-linges doit fermer en juin 2018, le groupe américain ayant souhaité délocaliser la production à Lodz, en Pologne, pour des raisons de rentabilité.

Au total, quelque 290 salariés, auxquels s'ajoutent 250 intérimaires employés quasiment en permanence et une centaine de salariés du sous-traitant pour les plastiques, Prima, installé sur le site même de l'usine, risquent d'être licenciés par le géant américain du gros électroménager, numéro deux mondial du secteur.

AFP/VNA/CVN
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