05/02/2020 14:17
Les États-Unis ont annoncé mardi 4 février avoir déployé pour la première fois une arme nucléaire de faible puissance à bord d'un sous-marin, affirmant vouloir ainsi dissuader la Russie d'utiliser des armes similaires.
>>Les États-Unis imposent des sanctions à l'entité nucléaire iranienne
>>La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni réaffirment que le JCPOA joue un rôle clé
>>Mattis promet une "réaction militaire massive" si Pyongyang utilise l'arme nucléaire

Le sous-marin américain "USS Hartford", le 20 mars 2009 dans le Golfe.
Photo : AFP/VNA/CVN

"L'US Navy a déployé la tête nucléaire de faible puissance W16-2 sur un missile balistique lancé depuis un sous-marin", a indiqué dans un communiqué le numéro deux du Pentagone, John Rood.

"Des adversaires potentiels, comme la Russie, pensent qu'utiliser des armes nucléaires de faible puissance leur donnera un avantage sur les États-Unis et leurs alliés et partenaires", a ajouté M. Rood, qui confirmait ainsi des informations d'un groupe d'experts, la Federation of American Scientists (FAS).

Lors de la publication de la nouvelle "posture nucléaire" des États-Unis en février 2018, le Pentagone avait prévenu qu'il allait modifier une cinquantaine de têtes nucléaires pour en réduire la puissance et les embarquer à bord de sous-marins afin de répondre à une menace perçue de la Russie.

Selon Washington, Moscou est en train de moderniser un arsenal de 2.000 armes nucléaires tactiques, menaçant les pays européens à ses frontières et contournant les obligations du traité de désarmement New START.

Ce dernier ne comptabilise que les armes stratégiques servant de fondement à la doctrine de la dissuasion, basée sur la "destruction mutuelle assurée".

Ces armes nucléaires tactiques, d'une puissance inférieure à la bombe d'Hiroshima, permettraient à Moscou de reprendre l'avantage sur les Occidentaux en cas de conflit, car Washington hésiterait à répliquer avec une arme nucléaire de pleine puissance, beaucoup plus dévastatrice.

Selon Washington, la Russie craint en effet d'être rapidement dominée en cas de conflit conventionnel avec les Occidentaux. Pour compenser, Moscou a adopté une doctrine "escalade-désescalade" qui consisterait à faire usage en premier d'une arme nucléaire de faible puissance, aux effets plus limités.

Le déploiement américain de la première arme nucléaire de ce type est destiné à "renforcer la dissuasion" et à donner aux États-Unis une capacité de réponse "rapide et moins mortelle", ajoute M. Rood dans son communiqué.

AFP/VNA/CVN
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
D Free Book et son message de partage des connaissances