27/04/2019 14:45
À l'instar de plusieurs capitales occidentales, Washington a formellement déconseillé à ses ressortissants de se rendre au Sri Lanka, où au moins 15 personnes sont mortes dans un assaut sanglant contre des jihadistes, moins d'une semaine après les attaques suicides qui ont fait 253 morts dans cette île d'Asie du Sud.

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Des soldats montent la garde le 26 avril 2019 devant l'église Saint-Antoine de Colombo, l'un des lieux de culte chrétiens frappés lors des attentats du dimanche de Pâques au Sri Lanka. Photo: AFP/VNA/CVN 


"Le gouvernement américain a des capacités limitées d'assistance aux citoyens américains au Sri Lanka" en raison du "terrorisme" dans le pays, prévient le département d'État dans un communiqué publié vendredi soir 26 avril.

Sur place, les tensions restent vives et au moins 74 personnes ont été interpellées depuis dimanche 21 avril dans ce pays de 21 millions d'habitants.

Dans la nuit de vendredi 26 avril à samedi 27 avril, au moins 15 personnes, dont six enfants, sont mortes lors d'un assaut des forces de sécurité du Sri Lanka contre des jihadistes présumés.

Alors que militaires et policiers essayaient d'entrer dans ce qui était selon leurs renseignements une cache du groupe 
État islamique à Kalmunai (Est), trois hommes se sont fait exploser, tuant trois femmes et six enfants. À ces morts s'ajoutent "trois autres hommes" trouvés morts en dehors de la maison, et soupçonnés d'avoir également été des kamikazes, a indiqué samedi matin 27  avril la police.

"Nous avons maintenant des informations selon lesquelles il y a environ 140 personnes au Sri Lanka liées à l'État islamique, nous pouvons et allons toutes les éradiquer très vite", avait lancé vendredi 26 avril le président Maithripala Sirisena, annonçant qu'une loi allait être votée pour interdire les groupes islamistes.

La police sri-lankaise avait annoncé avoir saisi 150 bâtons de dynamite et un drapeau du groupe EI, lors d'une perquisition à Sammanthurai, ville voisine de Kalmunai. C'est dans ce bâtiment qu'aurait été tournée la vidéo de revendication.

Pour des raisons de sécurité, les églises catholiques à travers le pays sont fermées jusqu'à nouvel ordre. Certaines mosquées ont annulé les prières du vendredi et celles qui les ont tenues ont souvent accueilli une assemblée clairsemée, sous haute sécurité.

"Nous n'avons pas peur. Nous devons mourir un jour et cela peut survenir n'importe où", a déclaré Reyyaz Salley, directeur de la mosquée Dawatagaha Jumma de Colombo, qui ne comptait vendredi 26 avril qu'une centaine de fidèles.

Chef jihadiste parmi les kamikazes

Selon le président Sirisena, le chef du groupe accusé des attentats jihadistes de Pâques a péri dans une des attaques visant des églises et des hôtels de luxe dimanche 21 avril.

 

Un soldat monte la garde le 26 avril 2019 devant l'église Saint-Antoine de Colombo, l'un des lieux de culte chrétiens frappés lors des attentats du dimanche de Pâques au Sri Lanka. Photo: AFP/VNA/CVN 


Activement recherché par les autorités depuis cinq jours, Zahran Hashim était le chef du National Thowheeth Jama'ath (NTJ), mouvement jihadiste local accusé par Colombo d'avoir perpétré ces attentats. Son sort était jusqu'ici inconnu et il faisait figure de suspect numéro un dans la chasse à l'homme.

Zahran Hashim a mené l'attaque suicide contre l'hôtel Shangri-La de la capitale avec un second kamikaze, a précisé le président.

Des tests ADN sur une tête arrachée sont en cours pour confirmer son décès, a rapporté à l'AFP un responsable policier.

Zahran Hashim apparaissait sur une vidéo publiée par le groupe EI, qui a revendiqué le bain de sang, où on le voyait mener sept hommes dans un serment d'allégeance au chef de l'organisation jihadiste Abou Bakr al-Baghdadi. Il était âgé d'une quarantaine d'années et originaire de la région orientale de Batticaloa, lieu de l'une des attaques.

Les autorités sont sur la défensive depuis le massacre alors qu'elles disposaient d'informations préalables très précises. Le chef de la police et le plus haut responsable du ministère de la Défense ont déjà dû démissionner.

Une alerte rédigée le 11 avril par le chef de la police, prévenant que le NTJ préparait des attentats, n'a pas été communiquée au Premier ministre et à des ministres de haut rang, sur fond de lutte de pouvoir entre le chef de gouvernement Ranil Wickemesinghe et le président Sirisena, qui est également ministre de l'Intérieur et de la Défense.

Tourisme "durement affecté" 

Le Premier ministre Ranil Wickremesinghe s'est excusé vendredi soir 26 avril, sur Twitter, au nom du gouvernement: "Nous assumons notre responsabilité collective et nous nous excusons auprès de nos concitoyens pour notre échec à protéger les victimes de ces événements tragiques".

Ces derniers jours, plusieurs nations occidentales ont appelé leurs ressortissants à éviter de se rendre au Sri Lanka ou à quitter le pays. L'Australie a même jugé "probables" de nouveaux attentats.

Des centaines de Néerlandais se trouvant au Sri Lanka vont être rapatriés aux Pays-Bas, a annoncé un fonds de garantie actif dans le tourisme. Le voyagiste britannique TUI va rapatrier tous ses clients et annuler les voyages vendus pour cette destination.

Le tourisme sera le secteur économique "le plus durement affecté", a déclaré le ministre des Finances sri-lankais Mangala Samaraweera. "Nous nous attendons à une baisse de 30% des arrivées et cela signifie une perte d'environ 1,5 milliard de dollars."

L'île, prisée pour ses plages idylliques et sa nature verdoyante, avait connu une année record en 2018 avec 2,33 millions de touristes. Elle espérait générer cinq milliards de dollars de revenus en 2019, contre 4,4 l'année dernière.

AFP/VNA/CVN 

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