04/04/2020 17:18
La Bourse de New York a fini dans le rouge vendredi 3 avril après un début de séance en dents de scie, les chiffres pires que prévu sur l’emploi américain reléguant au second plan le rebond du pétrole.
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Le bâtiment du New York Stock Exchange, à Wall Street.
Photo : AFP/VNA/CVN

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 1,69% pour finir à 21.052,53 points tandis que le Nasdaq, à forte coloration technologique, a reculé de 1,53%, à 7.373,08 points, et l’indice élargi S&P 500 de 1,51%, à 2.488,61 points.

Les acteurs du marché ont été pris de court par les statistiques officielles sur l’emploi américain, premier reflet des effets dévastateurs de la crise sanitaire qui paralyse une bonne partie de l’économie mondiale depuis plusieurs semaines.

Le taux de chômage, qui était tombé en février à 3,5%, le niveau le plus bas en 50 ans, est brutalement remonté à 4,4%.

Quelque 701.000 emplois ont été détruits sur le mois, du jamais vu depuis mars 2009, en pleine crise financière.

Et l’addition devrait s’alourdir puisque le rapport n’inclut pas les deux dernières semaines, qui ont vu près de 10 millions de nouveaux demandeurs d’allocations chômages.

"Toutes les mauvaises nouvelles ?"’

"Les chiffres sur les demandes hebdomadaires d’allocations chômage (publiés jeudi) étaient déjà impressionnants. Mais le rapport mensuel sur l’emploi a encore plus surpris le marché car il suggère que les licenciements ont eu lieu encore plus tôt que prévu", remarque Quincy Krosby de Prudential Financial. "La question est désormais d’évaluer la sévérité et l’ampleur de la récession et de savoir si le marché a vraiment déjà pris en compte toutes les mauvaises nouvelles", ajoute-t-elle. "Si ce n’est pas le cas, on pourrait connaître un nouveau mouvement de baisse", prédit la spécialiste.

Sur la semaine, le Dow Jones a cédé 2,7%, le Nasdaq 1,7% et le S&P 500 2,1%. Mais les trois indices avaient énormément grimpé la semaine précédente, le Dow Jones enregistrant sa plus forte hausse hebdomadaire depuis 1931.

Les indices ont pourtant tenté vendredi 3 avril en début de séance de faire de la résistance, à la faveur du rebond des cours de l’or noir.

Le baril de WTI à New York, qui avait chuté en début de semaine à son plus bas niveau depuis 2002, a pris 12% vendredi après s’être envolé de 25% la veille, les investisseurs espérant qu’une réunion prévue lundi de l’OPEP+ aboutisse à une réduction de la production.

De quoi rassurer un peu de nombreuses entreprises du secteur aux États-Unis, premiers producteurs de pétrole au monde, touchées de plein fouet par la chute des cours.

"Si les prix restent trop bas, il pourrait y avoir des dommages collatéraux importants dans les zones où la production de pétrole de schiste est importante comme au Texas, sur l’emploi notamment", souligne M. Krosby.

Par ailleurs, le secteur de l’énergie "représente 15% à 17% du marché des titres spéculatifs", rappelle la spécialiste. "La remontée des prix du pétrole permet à ce marché de se détendre un peu" car elle réduit le risque des faillites d’entreprises, qui pourraient alors ne plus pouvoir faire face à leurs obligations.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine remontait légèrement, et évoluait à 0,6010% vers 20h30 GMT contre 0,5970% jeudi 2 avtil à la clôture.

Parmi les valeurs du jour, Tesla a bondi de 5,62% après avoir annoncé la livraison au premier trimestre d’environ 88.400 véhicules malgré les difficultés générées par la pandémie de coronavirus.

C’était par ailleurs la première séance vendredi 3 avril pour le nouveau groupe Raytheon Technologies (-1,58%), à la suite de la fusion entre United Technologies et Raytheon. Cette opération a aussi conduit à la scission de deux filiales de United qui ont commencé à coter de leur côté, Otis Worldwide (+7,55%) et Carrier Global (+27,41%).

Constellation Brands, la maison mère des bières Corona et d’autres marques d’alcool, s’est apprécié de 0,72% après avoir dévoilé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Le groupe a précisé ne pas vouloir donner de prévisions pour l’ensemble de l’année en raison des incertitudes liées à la pandémie de COVID-19.
 
AFP/VNA/CVN
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