24/09/2017 16:38
Touristes d’aujourd’hui ou voyageurs d’hier, nombreux sont ceux qui ont été subjugués par les charmes, cachés ou non, du Vietnam. Retour sur images.
>>Échappée belle !
>>Marche impossible
>>Histoire de dire…
>>Ça va être leur fête !

Hanoï, la capitale vietnamienne où nombre de Français ont choisi de voyager ou de s'installer. Photo : Anh Tuân/CVN

Qu’on se le dise : aucune maison vietnamienne digne de ce nom ne peut se passer d’une phòng kho. Sous ce nom à l’intonation un peu rude, se cache le débarras, pièce où s’entasse tout ce qui entre dans la maison, mais dont l’usage, soit est devenu obsolète, soit momentanément interrompu, ou encore en attente d’une destination particulière.

C’est dans cette caverne d’Ali baba que j’ai retrouvé une vieille valise de cuir fauve qui s’y cachait depuis plusieurs années. Je l’avais extirpée d’un grenier familial pour la ramener avec moi, lors d’un de mes nombreux périples entre France et Vietnam. À l’intérieur, quelques souvenirs d’une époque que les moins de 100 ans ne peuvent pas connaître.

Des témoins d’un passé que l’on côtoie chaque jour sans l’apercevoir, spectateurs muets d’une histoire que l’on découvre parfois. Parmi ces reliques, un livre écrit par mon arrière grand-père, et que ne renieront pas les opérateurs du tourisme moderne. Un livre au titre évocateur de voyage, déjà : Guide du Tonkin (comme on nommait alors le Bac Bô).

Confortablement installé sur mon balcon qui surplombe le Hô Tây (Lac de l’Ouest), je m’embarque dans une escapade, un siècle en arrière, et je vous invite à m’y suivre.

Merveilles en merveille

À toute reine, tout honneur : bien avant d’être reconnue parmi les sept nouvelles Merveilles naturelles du monde ou d’être inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la baie de Ha Long (province de Quang Ninh, Nord) faisait déjà frémir le cœur de ceux qui la découvraient. À en être parfois dithyrambiques. «Le spectacle des îles de cette baie est d’un pittoresque confinant au féerique. Les rochers du calcaire, ici, couverts de verdure exotique, là, brûlés par le soleil, découpés en aiguilles, en tables, en disques, en piliers, en flèches, en dômes, en voûtes, surgissent de la mer bleue ou verte comme de décors de théâtre.


La baie de Ha Long (province de Quang Ninh) toujours aussi féérique !
Photo : Huy Hùng/VNA/CVN

Aux levers et couchers de soleil et de lune, le paysage se métamorphose, les couleurs s’adoucissent ou se précisent, changent, s’allongent ou se fondent en des ors, des roses, des violets, évocateurs de féeries au pays de Circé ou d’Armide. Certaines îles - il y en a  des milliers - ont une ceinture de sable d’un blanc nacré, d’autres semblent de gigantesques porte-bouquets, élevant vers l’azur leurs cycas géants, leurs fougères arborescentes, qu’enlacent des lianes sans fin.

Tantôt la mer s’enfonce dans de longs et profonds tunnels que les torches ou feux de bengale ne parviennent qu’avec peine à éclairer ; tantôt la nature a ménagé aux flancs des falaises, des grottes où s’abriteraient aisément des villages entiers. Soit qu’il avance sous une voûte de stalactites diaprées, soit qu’il débouche brusquement dans un cirque immense, fermé de hauts rochers abrupts, domaine du mouflon ou du singe, le touriste va de surpris en surprise. L’ensemble, avec ses trous béants, comme des gueules de dragons ouvertes vers la mer glauque, avec ses arbres rabougris et tordus, ses pierres en dolmens ou en champignons, évoque un monde de l’au-
delà, un paysage de fées et de korrigans».

À cette lecture, on comprend que la belle avait et a toujours de quoi séduire.

Voyage de santé

Loin de la mer, la montagne offrait aussi ses attraits. Tiens, si l’on faisait un tour à Sa Pa (province de Lào Cai, Nord-Ouest). «Le touriste monte presque régulièrement jusqu’à 1.500 m d’altitude. Bien avant d’arriver, on jouit, entre 1.200 m et 1.300 m, d’une  douce température, et de panoramas enchanteurs. Ce qui frappe à ce petit bourg, outre l’abondance et la variété des sites, des sources, des torrents, et de la végétation, c’est l’étendue des emplacements, l’imposante majesté des forêts aux arbres gigantesques, les échappées sur les montagnes et les vallées. Le site a de la grandeur dans son ensemble et du charme dans ses détails (celle là, il fallait la trouver !). Ajoutons à cela que le climat est particulièrement favorable pour les convalescences...».

Le tourisme médical avant la lettre ! D’ailleurs, outre la description des visites et excursions à faire, l’auteur de ce guide se préoccupait aussi de la santé du voyageur. Voici l’ordonnance pour se bien porter dans une région où «la température varie de 30°C pendant la saison chaude (mai à septembre) avec élévation exceptionnelle jusqu’à 36°C, à 10°C pendant la saison froide (octobre à avril) pouvant s’abaisser jusqu’à 5°C en haute montagne. Le climat est généralement salubre à condition d’observer certaines règles d’hygiène, et de mener une vie régulière.

Les exercices physiques pour les hommes, plus modérés pour les dames, et de courtes douches quotidiennes ont un effet particulièrement salutaire sur l’entretien d’un bon état général, et comme complément d’une sieste prolongée. Par vie régulière, il faut entendre des heures régulières de repos et de repas, une base d’alimentation soignée, et l’abstention d’excès quelconque
».

Sa Pa (province de Lào Cai) est une destination touristique attractive du Nord-Ouest. Photo : Bùi Phuong/CVN

À voir le nombre de Vietnamiens qui s’adonnent à la gymnastique matinale sur les rives des lacs ou sous les ombrages des parcs arborés,  et le nombre de groupes qui se déhanchent sur le rythme endiablé de musiques syncopées sur les places et dans les squares, je me dois d’accorder quelque crédit à ce qu’avait écrit cet arrière grand-père.

Et je ne vais pas bouder mon plaisir en vous offrant une manière originale de se rendre de la France au Vietnam. Si aujourd’hui, signe des temps, notre impatience nous conduit à passer au dessus des nuages pendant plusieurs heures, à l’époque on pouvait prendre le temps de passer plusieurs jours sous les nuages, en utilisant le transsibérien, et l’auteur nous indique même le prix  «1.536,75 francs en première classe» (en 1919). Les prix ont bien augmenté depuis lors.

À l’énumération des nombreuses essences d’arbres que le voyageur pouvait trouver dans ses promenades en forêts, mes yeux se ferment doucement. Le livre glisse sur mes genoux et moi au pays des rêves. Je suis dans une jonque à la voile en forme d’arête de poisson. Je suis sur un sentier escarpé du côté de Sa Pa. Je suis dans le train qui me conduit à Hanoï, à travers des steppes interminables. Merci à Louis Bonnafont pour sa participation à cette tranche de vie !

Gérard Bonnafont/CVN
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