23/02/2020 10:00
Kiêu Hanh Morel est une artiste à part entière. Elle peint le Vietnam comme personne d’autre. En admirant ses toiles, on n’a qu’une envie, c’est d’être avec ces paysans, ces pêcheurs et ces femmes âgées, de découvrir l’artisanat traditionnel, les rituels ancestraux et de jouer avec les buffles.
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Le bon pain. Âge et Patience.

Née dans les hauts plateaux du Centre du Vietnam en 1958, Kiêu Hanh a passé la majeure partie de son enfance et de son adolescence à Dà Lat (province de Lâm Dông), où elle a fréquenté l’École française. On ne peut rêver mieux quand on se dirige vers une carrière artistique comme elle le souhaitait.

Kiêu Hanh Morel apprend le dessin dès son plus jeune âge grâce à son père, grand architecte de la ville. Très tôt, elle est fascinée par son talent, notamment lors de la conception du mobilier du fameux palais d’été de Bao Dai (1913-1997), ancienne résidence estivale du dernier roi du Vietnam.

Des sources inépuisables d’inspiration

En 1980, l’artiste emménage à Hô Chi Minh-Ville où elle travaille pour l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pendant une dizaine d’années. Elle rejoint ensuite le groupe français LVMH-Moët Hennessy où elle fait la connaissance de son futur mari français, Laurent.

Le couple s’installe à Paris en 2003 avant de rejoindre Hong Kong (Chine) en 2014, puis Singapour en 2017. Kiêu Hanh a donc vécu dans plusieurs capitales du monde sans oublier la peinture et sa farouche volonté de perfectionner sa technique À son arrivée à Paris, elle suit des cours de calligraphie romaine chez Bruno Gigarel, ainsi que des cours de peinture à l’École d’art de Rueil-Malmaison.

Vie sur la rivière.

Entre 2009 et 2014, sa carrière prend sérieusement son envol aux côtés de l’artiste-peintre Dominique Schmitt. Elle participe à plusieurs éditions du Salon "Les Peintres du Marais".

En 2013 et 2015, elle est invitée à participer à l’exposition internationale d’art publique "Cowparade", auprès d’artistes de renommée internationale.

À Hong Kong, l’artiste poursuit ses études de calligraphie chinoise avec le maître Cheng Ho Ming. Sa dernière expo à Singapour en octobre 2019 en association avec l’artiste française Frédérique Stref a été un franc succès.

Un amour éternel pour son pays

Malgré ses très nombreux voyages, Kiêu Hanh Morel prend le temps de revenir au Vietnam chaque fois qu’elle le peut. Grande observatrice, elle se plonge ensuite dans la peinture pour exprimer sa profonde nostalgie. Kiêu Hanh traduit son amour pour sa Patrie en représentations romantiques de la vie rurale du Vietnam. Elle offre d’ailleurs à tous nos lecteurs la découverte de quelques-unes de ses dernières créations où elle dépeint son amour du Vietnam, reflétant son désir d’une vie plus proche de la nature.

Charmes naturels.

Mais Kiêu Hanh s’inspire aussi de photos qu’elle recombine en suivant sa propre imagination et l’équilibre harmonieux de la composition. Après avoir apprêté sa toile, elle dessine les objets à main levée, puis applique des matériaux naturels comme du sable et/ou du gesso (enduit à base de plâtre et de colle animale) pour apporter tactilité et chaleur au regard froid de la photographie. Sur d’autres toiles, elle insère des fragments de tissu, de papier de soie ou de papier journal à travers les couches de peinture, relief qui attire ainsi l’attention des observateurs et les invitent dans son monde.

L’artiste vietnamienne raffinée et discrète a trouvé ainsi différentes stratégies créatives pour apaiser sa nostalgie et mettre en scène des images emblématiques de son paradis natal perdu. Ses peintures à l’huile et à l’acrylique, représentations idéalisées du monde rural et de ses habitants, amplifient et ennoblissent le style figuratif traditionnel du Vietnam. Ses œuvres, dont la mission est encyclopédique, sont extraordinaires dans le sens où elles magnifient une partie non négligeable des icônes culturelles vietnamiennes.

Le public ne s’y trompe pas et chaque jour les amoureux du Vietnam lui envoient des messages sur les réseaux sociaux dans l’espoir de faire l’acquisition d’une de ses toiles. Kiêu Hanh en est très fière et est devenue ainsi une véritable ambassadrice artistique de son pays natal. Ceci l’encourage à revenir en permanence dans son atelier pour peindre encore et encore son Vietnam.

Elle glorifie d’ailleurs son pays à travers ses deux autres grandes passions : la musique et la cuisine. Grâce à elle, on peut désormais voyager au Vietnam aussi longtemps qu’on ne le souhaite, sans bouger, en contemplant ses œuvres. Et c’est avec une grande gratitude que nous admirons ses photos qui illustrent ces pages. Dites-nous donc quelle est votre toile préférée ! Nous transmettrons vos réponses à l’artiste qui appréciera énormément vos retours. 
Site Internet : https://kieuhanhmorel.com/
 
Texte : Hervé Fayet/CVN
Peintures : Kiêu Hanh Morel/CVN
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