13/02/2017 17:01
Les Suisses ont approuvé le 12 février par référendum, à une large majorité selon les résultats définitifs, la simplification de la procédure de naturalisation des petits-enfants d'immigrés, malgré une campagne marquée par les propos antimusulmans de la droite populiste.

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Le référendum vise seulement à accélérer la procédure d'attribution de la nationalité suisse aux petits-enfants d'immigrés. Photo : Archives/CVN

Plus de 60,4% des Suisses ont soutenu la proposition du gouvernement. Pour être accepté, cet arrêté fédéral devait aussi recueillir la majorité des 26 cantons composant la Suisse. Seuls sept cantons alémaniques ont dit "non".

Presque tous les partis avaient apporté leur soutien au gouvernement. Seule l'Union démocratique du centre (UDC, parti disposant du plus grand nombre de députés à la Chambre basse) avait brandi le spectre de l'immigration musulmane, à coups d'affiches provocatrices.

Le député UDC, Jean-Luc Addor, également coprésident du Comité contre la naturalisation facilitée, a reconnu le 12 février sa défaite sur le plateau de la RTS.

"On était seul contre tous", a-t-il déclaré, soulignant toutefois : "La problématique de l'islam, j'ai bien peur qu'elle nous rattrape d'ici quelques années".

Ce comité a été vivement critiqué après avoir collé devant les gares et les endroits fréquentés des villes une affiche montrant une femme vêtue du niqab (voile intégral qui ne laisse voir que les yeux) avec ce slogan : "Naturalisations incontrôlées ? NON".

"Le propos de cette campagne c'était d'affirmer l'identité de ce pays et la nécessité de la préserver", s'est défendu M. Addor.

Pour beaucoup, cette campagne d'affichage était hors sujet.

 

La population étrangère en Suisse. Photo : AFP/VNA/CVN


Le 12 février, la députée des Verts, Lisa Mazzone, a estimé que cette campagne d'affichage était "complètement dans le délire".

Le projet du gouvernement vise seulement à accélérer la procédure d'attribution de la nationalité suisse aux petits-enfants d'immigrés. Il exclut toute acquisition automatique de la nationalité.

Au cours des dix prochaines années, quelque 2.300 jeunes de la "3e génération" pourront bénéficier chaque année de la "naturalisation facilitée", une procédure plus rapide et moins coûteuse, selon le gouvernement. Actuellement, quelque 25.000 petits-enfants d'immigrés, en majorité originaires d'Italie, mais aussi de Turquie et des Balkans, remplissent les critères.

Pendant la campagne, l'UDC avait fait valoir que, dans 30 ans, la majorité des petits-enfants d'immigrés ne seront plus des Italiens ou des Espagnols mais seront issus de familles musulmanes, ce qui pose, à leurs yeux, un problème d'intégration.

Malgré son cuisant échec, l'UDC n'entend pas en rester là. Le député UDC Andreas Glarner, l'un des chefs de la campagne du "non", a indiqué dans les médias qu'il allait déposer une motion demandant que les personnes qui souhaitent être naturalisées soient obligées de renoncer à leur ancienne nationalité.

AFP/VNA/CVN

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