26/05/2018 19:34
Alors que les Pays-Bas et l'Australie ont ouvertement accusé vendredi 25 mai la Russie, son président Vladimir Poutine continue de nier que le missile qui a abattu le vol MH17 au-dessus de l’Ukraine en juillet 2014 avait été tiré par l’armée russe.

Le chef des enquêteurs Fred Westerbeke présente un fragment de missile Bouk lors d'une conférence de presse à Bunnik, le 24 mai aux Pays-Bas. 

Photo: AFP/VNA/CVN


Les Pays-Bas et l’Australie ont ouvertement accusé vendredi 25 mai la Russie de la mort de leurs citoyens dans le vol MH17 abattu par un missile au-dessus de l’Ukraine en 2014. 

Cette annonce, qui a reçu le soutien de l'OTAN et de l'Union européenne, intervient au lendemain de l'annonce des conclusions des enquêteurs internationaux (JIT), qui ont établi que le missile Bouk qui avait abattu l'avion de Malaysia Airlines provenait de la 53e brigade anti-aérienne russe basée à Koursk. 

Les Pays-Bas et l'Australie, dont de nombreux ressortissants figuraient parmi les 298 victimes, considèrent la Russie comme "formellement responsable pour sa participation dans la destruction" du Boeing de la compagnie Malaysia Airlines, abattu au-dessus de l'Est séparatiste prorusse de l'Ukraine le 17 juillet 2014, a souligné le gouvernement néerlandais. 

L'Union européenne et l'OTAN ont exhorté la Russie à reconnaître sa "responsabilité et à coopérer pleinement avec tous les efforts visant à établir l'imputabilité" de la destruction de l'avion. 

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont également apporté leur soutien. "Il est temps pour la Russie de reconnaître son rôle dans la destruction du MH17...", a déclaré la porte-parole du département d'État américain, Heather Nauert. 

Le président ukrainien Petro Porochenko a qualifié la décision des Pays-Bas et de l'Australie de "pas extrêmement important pour que la Russie reconnaisse sa responsabilité dans des violations systématiques de ses engagements internationaux". Il a ordonné "sans délai" que Kiev se prépare à "la possibilité de se joindre à un procès initié par les Pays-Bas et l'Australie". 
 

L'avion de la Malaysia Airlines avait été abattu au-dessus du Donbass en guerre, en juillet 2014.

Photo: AFP/VNA/CVN


"Aucune preuve" pour Poutine
 

Moscou a une nouvelle fois nié toute implication. "Bien sûr que non", a répondu Vladimir Poutine, interrogé pour savoir si le missile était russe ou non.

Les Pays-Bas n'ont présenté "aucun fait" permettant d'accuser la Russie et "spéculent (...) à des fins politiques", a accusé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok "ne m'a apporté aucune preuve" que le missile ayant abattu l'avion appartenait à l'armée russe, a déclaré M. Lavrov après une conversation téléphonique avec son homologue néerlandais.

L'équipe internationale a affirmé avoir minutieusement retracé la route empruntée par le convoi militaire depuis Koursk à travers la frontière ukrainienne en utilisant des photos et des vidéos.

Les enquêteurs n'ont en revanche pas dit qui a tiré le missile en appelant les témoins à apporter des précisions sur les noms des membres de l'équipage du Bouk ou la nature de l'ordre qu'ils ont reçu. 

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé vendredi 25 mai que la Russie était "prête à apporter toute l'assistance nécessaire pour établir des personnes impliquées et responsables de cette tragédie"

De son côté, l'armée russe a affirmé que le missile dont une partie a été présentée par les enquêteurs internationaux jeudi 24 mai avait été fabriqué en 1986 en URSS, selon le numéro gravé dessus. Or, "tous les missiles fabriqués en cette année-là ont été retirés du service après 2011", assure le ministère russe de la Défense. Les missiles fabriqués en 1986 "appartiennent très probablement aux forces armées ukrainiennes". 

Environ 230 proches des victimes se sont associés à une action en justice déjà en cours devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg pour obtenir des millions d'euros de compensation financière, a indiqué la télévision publique néerlandaise NOS.

 

AFP/VNA/CVN

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