09/09/2016 11:37
La police a interpellé le soir du 8 septembre près de Paris trois femmes radicalisées impliquées dans l’enquête sur la voiture contenant des bonbonnes de gaz retrouvée le week-end dernier en plein Paris et qui, selon les autorités, préparaient des actions "violentes" et "imminentes".

>>Un couple en garde à vue après la découverte de bonbonnes de gaz dans une voiture à Paris
 

Cette image datée du montre la voiture sans immatriculation dans laquelle ont été retrouvées des bonbonnes de gaz sans détonnateur, à proximité de Notre Dame à Paris. Photo : AFP/VNA/CVN

"Âgées de 39, 23 et 19 ans, "radicalisées, fanatisées", elles "préparaient vraisemblablement de nouvelles actions violentes et de surcroît imminentes", a déclaré à la presse le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Lors de l’opération menée en fin d’après-midi à Boussy-Saint-Antoine, à 25 km au sud-est de Paris, un policier a été blessé d’un coup de couteau à une épaule par l’une des trois femmes, qui a été blessée aux jambes par balle par un tir de riposte des policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Interrogé sur place dans la soirée par une journaliste de l’AFP, un riverain, Joachim Fortes Sanchez, 21 ans, dit avoir vu les trois femmes avant leur interpellation. Elles "avaient l’air stressées, elles regardaient partout autour d’elles", raconte-t-il. Au moment de l’arrestation, "une jeune femme a sorti un couteau et a frappé un policier au niveau du ventre. Ça s’est passé très rapidement".

Bernard Cazeneuve, qui a salué "l’action exemplaire" des services d’enquête et de renseignements dans ce qui a été une "véritable course contre la montre", a précisé que les jours du policier, hospitalisé, n’étaient pas en danger.

"Un message d’alerte sur un risque d’attentat dans les gares parisiennes et en Essonne, le département au sud de la capitale dont dépend Boussy-Saint-Antoine, avait été envoyé dans la journée aux policiers", a souligné une source policière, qui estime que le réseau, activé de l’étranger, préparait un attentat ce jeudi 8 septembre.

La jeune femme blessée, âgée de 19 ans, était recherchée car elle est une des filles du propriétaire de la voiture retrouvée avec les bonbonnes de gaz. Selon une source proche de l’enquête, elle réside, comme son père, dans la banlieue nord de Paris.

Quatre personnes ont déjà été arrêtées et se trouvaient encore le soir du 8 septembre en garde à vue. "Il s’agit de deux frères et de leurs compagnes", a également précisé à l’AFP une source proche de l’enquête, sans préciser quel était leur rôle éventuel dans cette affaire.

Nouvelle forme d’attaque

Le propriétaire de la voiture, connu pour des faits anciens de prosélytisme islamiste, a été relâché mardi soir à l’issue de sa garde à vue, mais les policiers étaient à la recherche de deux de ses filles.

Les enquêteurs cherchent toujours à comprendre pourquoi cette berline, une Peugeot 307, aux feux de détresse allumés et sans plaques d’immatriculation a été garée en plein Quartier Latin, zone très touristique à quelques centaines de mètres de Notre-Dame de Paris.

A l’intérieur de la voiture, les cinq bonbonnes de gaz et trois bouteilles de gasoil faisaient craindre aux policiers un projet d’attentat. Mais aucun système de mise à feu n’a été retrouvé sur place. Un carnet de notes en arabe a également été retrouvé et est en cours d’exploitation, selon la source proche de l’enquête.
La découverte de cette voiture est prise très au sérieux étant donné le contexte de menaces d’attentats en France.

Le 8 septembre, François Hollande a évoqué des "tentatives" d’attentat déjouées "ces derniers jours", lors d’un discours consacré à "la démocratie face au terrorisme".

AFP/VNA/CVN

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