21/11/2019 21:01
L'Agence en charge de la sécurité des transports aux États-Unis a estimé que la conductrice du véhicule autonome d'Uber impliqué dans un accident mortel en mars 2018 était la principale responsable du choc, mais elle a aussi mis en cause le groupe de VTC.

>>La rentabilité, un Graal encore lointain pour Uber
 

Le PDG d'Uber, Dara Khosrowshahi, le 26 septembre à San Francisco.
Photo : AFP/VNA/CVN


La voiture en question roulait à Tempe, dans l'Arizona, dans le cadre d'un programme d'essais du système de conduite automatisée développé par Uber quand elle a percuté une piétonne qui traversait la route à pied, de nuit, à côté de son vélo.

Cet accident avait forcé la plupart des groupes engagés dans la technologie de conduite autonome à réévaluer leurs systèmes de sécurité.

"La cause immédiate de la collision est l'incapacité de la conductrice d'Uber à surveiller de près la route et le fonctionnement du système de conduite automatisée puisqu'elle était distraite visuellement pendant le trajet par un téléphone portable personnel", a affirmé l'agence mardi soir 19 novembre, à l'issue d'une audition destinée à déterminer les causes du choc.

Les capteurs de la voiture avaient bien détecté la victime 5,6 secondes avant l'impact. Mais le logiciel n'était pas programmé pour la reconnaître en tant que piétonne car elle était hors d'un passage protégé.

"Si la conductrice du véhicule avait été attentive, elle aurait probablement eu suffisamment de temps pour détecter la piétonne et réagir afin d'éviter l'accident ou en atténuer l'impact", a estimé l'
Agence en charge de la sécurité des transports aux États-Unis (NTSB).


Mais la "culture inadéquate de la sécurité" chez Uber est aussi à blâmer, selon l'agence.

"Laissez-aller" 

"Les procédures inadéquates d'évaluation du risque", "la supervision inefficace des conducteurs des véhicules" et "l'absence de mécanismes adéquats pour remédier au laissez-aller des conducteurs en présence de système de conduite automatisée" ont contribué à l'accident, a estimé l'agence.

Uber avait notamment décidé de ne plus mettre une deuxième personne dans ses voitures en test. Le groupe avait, par ailleurs, désactivé les systèmes d'avertissement de risque de collision et de freinage d'urgence du véhicule, une Volvo, pour installer ses propres logiciels.

"La collision est le dernier maillon d'une longue chaîne d'actions et de décisions prises par une organisation qui, malheureusement, n'a pas fait de la sécurité sa priorité absolue", a déploré le président de l'agence, Robert Sumwalt, cité dans un communiqué.

 

Une voiture autonome d'Uber présentée à San Francisco, le 26 septembre.
Photo : AFP/VNA/CVN


La NTSB a également relevé parmi les facteurs ayant conduit à l'accident le fait que la victime était sous influence de méthamphétamine et de marijuana et qu'elle traversait la route en dehors d'un passage piéton.

Les autorités de l'Arizona auraient aussi dû, selon l'agence, mieux superviser le programme de tests mené par Uber.

La NTSB reconnaît que le groupe de VTC a, depuis l'accident, amélioré son système de gestion de la sécurité dans son programme de tests, repris en 2018.

"Même si nous sommes fiers des progrès réalisés, nous ne perdrons jamais de vue ce qui nous a amenés ici ou notre responsabilité à continuer à élever le niveau de sécurité", a souligné Nat Beuse, responsable de la sécurité dans le groupe chargé du développement de la conduite autonome chez Uber, dans un message transmis à l'AFP.

Suite à son enquête, la NTSB a appelé les régulateurs à mettre en place une procédure spécifique avant d'autoriser tout essai de système de conduite automatisée sur la voie publique.

Après avoir promis l'arrivée imminente de voitures autonomes sur les routes, plusieurs groupes sont devenus un peu plus prudents face à la complexité et au coût de ces technologies.

Leur enthousiasme a notamment été refroidi par les accidents mortels impliquant des véhicules d'Uber et de Tesla.

 

AFP/VNA/CVN

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