12/10/2019 08:26
Il y a des voyageurs gourmets qui se régalent de moments précieux pour déguster le Vietnam. Il y a des voyageurs gourmands qui avalent goulûment les journées pour dévorer ce pays asiatique.
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Touristes étrangers à la découverte du Vieux quartier de Hanoï à cyclo.
Photo : Linh Thao/CVN

Les hédonistes de la découverte choisissent ce qui leur semble être les meilleurs charmes de l’endroit où ils se trouvent. Comme pour un cadeau offert dans un écrin, ils laissent le Vietnam se dévoiler peu à peu, et qu’importe s’ils ne peuvent prendre à bras le corps ce pays millénaire, les quelques jours qu’ils y consacrent. Ils en conserveront au cœur ce qui les à tant fait rêver.

Les collectionneurs de cartes postales courent à la rencontre de toutes ces images que les vitrines ont fait défiler devant leurs yeux ou dans leur imagination. Peur de manquer quelque chose ou envie de consommer tout le menu, ils veulent tout voir, tout faire, tout absorber, à n’en plus respirer. Ils courent le Vietnam à plus soif, ou à plus souffle. Difficile de tenir le rythme parfois !

Mise en bouche

Départ de la course, l’aéroport. À peine revenu sur le plancher des vaches, il faut empiler les valises dans le coffre de la voiture. Gare aux lambins qui restent garés trop longtemps : des coups de sifflets rageurs leur rappellent que le trottoir n’est pas à eux et qu’il faut circuler. Circuler c’est ce que nous sommes en train de faire sur une route déjà surchargée par un flot de véhicules tendus vers un même but : rejoindre la capitale.

Dans la voiture, on se congratule, se retrouve, se félicite, et s’enquiert réciproquement. On tire des plans sur la comète, et déjà, je dois répondre à toutes ces questions qui nécessitent une haute connaissance du pays : "Combien il fait ? Ca fait longtemps qu’il a plu ? Combien de temps on met pour arriver ? Y’a beaucoup de voitures ? Pourquoi les maisons elles sont étroites ? Y’a beaucoup d’accidents ?..."

De questions avisées en réponses pertinentes, nous arrivons à l’hôtel. Vite, vite, il faut descendre les valises, sous peine de créer un bouchon dans la petite rue si tranquille, choisie justement pour son calme, car forcément, il faut éviter le bruit. C’est d’ailleurs surprenant de voir combien la plupart des Occidentaux qui viennent au Vietnam ont envie d’être au calme ! Un peu comme un malade atteint d’une hépatite qui aimerait dévorer des tonnes de crème pâtissière sans risquer l’explosion lipidique. 

Une boutique de produits artisanaux dans le Vieux quartier de Hanoï.
Photo : Linh Thao/CVN

Deux heures plus tard, les voilà prêts, à peine frais mais frétillants d’impatience à l’idée de s’immerger dans leur provisoire pays d’adoption. Le parcours du combattant peut commencer. Comme à l’habitude, en ville, il faut louvoyer entre les motos, les marchandes ambulantes, les restaurants de trottoirs, les enfants qui courent devant leur nourriture, les buveurs de thé glacé sur le trottoir, les fumeurs de pipes à eau, et les artisans qui considèrent le trottoir comme un second atelier…

La marche est lente, l’heure avance, il faut songer à aller manger. "Déjà ? Mais il est à peine 19h30 ?" "C’est déjà tard au Vietnam ! On mange plutôt à 18h30 qu’à 20h00 !" Ce soir, on entre dans un petit resto vietnamien, exempt de touristes, dans la rue de l’hôtel. À peine assis, il faut déjà annoncer ce que l’on veut boire. Premier étonnement des nouveaux arrivés qui n’aura d’égal que celui, face à la rapidité avec laquelle les plats sont servis. Eux qui, lorsqu’ils vont au restaurant en France, ont l’habitude d’attendre, parfois dix minutes, avant de passer commande, sont époustouflés par la célérité vietnamienne.

Après les inévitables cris d’extases polis devant le goût divin du riz blanc, des nouilles sautées, et des indispensables nems (rouleau du printemps), il faut déjà aller se coucher. "Mais, on n’a pas sommeil". "Oui, mais si demain vous voulez visiter Hanoï, comme vous le souhaitez, il faut vous lever tôt, et avec le décalage horaire vous allez avoir du mal".

Plats de résistance

Le lendemain matin : visage fripé, yeux bouffis, les aventuriers ont pris 20 ans de plus en une nuit. Mais, il faut attaquer d’un pas décidé, la visite du Vieux quartier de Hanoï. Bambous, lanternes, herbes médicales, étain, argent,… les rues se suivent et se ressemblent : grouillement incessant des badauds, activité permanente des artisans, empressement constant des commerçants.

L’œil rivé à la montre, on navigue à vue, calculant la moyenne horaire en fonction du nombre de haltes que la légitime curiosité des visiteurs nous impose. À mi-parcours, nous n’avons pas encore franchi l’arête centrale constituée par la rue Hàng Dào, et si nous ne passons pas cette frontière avant le milieu de la matinée, il nous sera impossible de terminer notre exploration avant le repas de midi.

Deux touristes étrangers dégustent des en-cas sur le trottoir de la rue Hô Hoàn Kiêm. Photo : Linh Thao/CVN

Onze heures et demie ! La traversée du marché ressemble à un chemin de croix avec arrêt tous les dix mètres pour donner le nom et expliquer l’usage de tel ou tel objet. À ce rythme, on n’arrivera pas à temps au petit resto pour manger avant l’affluence de midi, et profiter du début d’après-midi pour une sieste reposante, avant d’entamer la visite de Van Miêu (Temple de la Littérature), puis la place Ba Dinh, et revenir à Hoàn Kiêm (Lac de l’Épée restituée)… D’ailleurs, courir n’a servi à rien, puisque nous sommes arrivés au restaurant en plein coup de feu de midi, éliminant ainsi la sieste du programme.

Confucius a été honoré en son temple avec juste le temps qu’il convenait pour ne pas paraître impoli, mais en laissant les rapides visiteurs se référer ultérieurement à la notice pour toutes les explications symboliques, avant de sauter dans la voiture pour foncer à Ba Dinh. Foncer à 20 km/h ! Pour l’heure, Ba Dinh offre un répit, car l’esplanade est provisoirement interdite d’accès pour cause de visite officielle au Palais présidentiel.

Qu’importe la fatigue de cette fin de journée, il restera toujours une poire pour la soif… ou la faim, en allant encore flâner longuement en ville, pour entrer encore dans les cartes postales.

Gérard Bonnafont/CVN

 

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