28/01/2021 09:02
La pandémie est de plus en plus mortelle dans le monde, avec un nouveau record quotidien de plus de 18.000 décès et des variants, bien plus contagieux, qui ne cessent de se propager, poussant de plus en plus de pays à fermer leurs frontières.
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Préparation d'une injection du vaccin d'Oxford/AstraZeneca contre le COVID-19, dans un centre de vaccination à Bath, en Angleterre, le 27 janvier 2021.                                                                                                 Photo : AFP/VNA/CVN

Dans la course aux vaccins, l'un des fabricants, le britannique AstraZeneca, se trouvait mercredi 27 janvier au cœur de tensions avec l'UE. De jour en jour, la situation s'assombrit : le nombre mondial des cas officiellement recensés a dépassé les 100 millions et selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), les nouveaux variants du coronavirus continuent de se répandre : le britannique s'est étendu à 70 pays et le sud-africain à 31.

Du jamais vu depuis le début de la pandémie, 18.109 décès ont été enregistrés mardi dans le monde, selon un comptage mercredi 27 janvier de l’AFP. Ce chiffre confirme une tendance constatée depuis début janvier : la mortalité s’accélère nettement, les seuils de morts quotidiennes sont passés plus rapidement et le plateau s’établit à des niveaux de plus en plus élevés (en moyenne, 14.000 décès en 24 heures depuis le 22 janvier, contre 10.000 fin novembre). Au total, le monde a enregistré 2,16 millions de morts.

"Nous livrons le combat de notre vie", mais "nous pouvons vaincre le virus - et nous vaincrons le virus" et ses variants, a assuré Maria Van Kerkhove, la responsable technique à l'OMS de la lutte contre le COVID-19, apparu fin 2019 en Chine. À ce sujet, l'enquête de l'Organisation mondiale de la santé dans ce pays sur les origines de la pandémie doit être "poussée et claire", a affirmé mercredi 27 janvier la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki. "Il est impératif que nous allions au fond des choses".

Gouvernements sous pression

Cette situation met sous pression les gouvernements pour trouver de nouvelles parades. En Grande-Bretagne, le premier pays européen à avoir dépassé le seuil macabre des 100.000 morts, le gouvernement a imposé une quarantaine à l'hôtel aux résidents au Royaume-Uni en provenance de 22 pays où des variants du virus "présentent un risque", comme l'Afrique du Sud, le Portugal et des pays d'Amérique du Sud. Les arrivées de ces États sont déjà interdites aux personnes ne résidant pas au Royaume-Uni.

Cas de COVID-19 et décès quotidiens officiellement recensés dans le monde, au 26 janvier.           
Photo : AFP/VNA/CVN

Ces voyageurs seront "emmenés directement" de l'aéroport à l'hôtel, a précisé le Premier ministre Boris Johnson, accusé d'avoir sous-évalué l'ampleur de la crise au printemps, confiné trop tard et déconfiné trop vite à l'été, ignorant l'avis des scientifiques. Relativement épargnée par la pandémie, la Finlande a néanmoins durci les restrictions à ses frontières : elle interdit désormais les voyages "non essentiels" vers son territoire.

Tour de vis encore plus serré en Norvège, qui ferme "à partir de minuit dans la nuit de jeudi 28 janvier à vendredi 29 janvier" ses frontières à presque tous les non-résidents. En France, où le bilan des morts ne cesse de grimper (près de 75.000), le gouvernement a déclaré mercredi étudier plusieurs scénarios pour enrayer la propagation du COVID-19, dont celui d'un nouveau confinement "très serré", le couvre-feu actuel de 18h00 à 06h00 n'étant pas assez efficace.

Si le président Emmanuel Macron a demandé des "analyses supplémentaires" sur les différents scénarios avant de décider, "le maintien du cadre actuel paraît peu probable", a averti le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Pas d'ambiguïtés en Slovaquie qui a resserré son régime de confinement en exigeant désormais des tests négatifs pour pouvoir sortir de chez soi.

Au Liban, plus de 220 personnes ont été blessées mercredi 27 janvier dans de violents affrontements - pour la troisième soirée consécutive - à Tripoli (Nord) entre policiers et manifestants qui protestent contre le strict confinement et la crise économique. Egalement confiné depuis fin décembre, Israël a décidé mercredi 27 janvier de fermer ses frontières avec la Jordanie et l'Égypte. Les autorités avaient déjà suspendu mardi 26 janvier les vols internationaux au moins jusqu'au 31 janvier. Faisant figure d'exception, la ville de Moscou a poursuivi mercredi 27 janvier l'allègement des restrictions en vigueur depuis des mois, s'appuyant sur une baisse du nombre des contaminations.

Tensions avec AstraZeneca

La campagne massive de vaccination reste une des rares lueurs d'espoir pour entrevoir une sortie de crise. À ce sujet, le laboratoire britannique AstraZeneca était au cœur de tensions avec l'Union européenne. En cause : l'annonce d'un retard dans le calendrier de livraisons de vaccins. Selon AstraZeneca, la production des vaccins dans les usines britanniques est réservée au Royaume-Uni en vertu de l'accord conclu avec Londres, trois mois avant le contrat signé avec l'UE. Ce que conteste Bruxelles.

Bilan mondial de la pandémie de nouveau coronavirus, au 27 janvier à 11h00 GMT.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'UE réclame ainsi à AstraZeneca de lui livrer comme convenu des vaccins contre le COVID-19 produits dans deux usines britanniques, alors que le groupe prévoit désormais de ne fournir au premier trimestre qu'"un quart" des doses promises. À ce jour, au moins 79,2 millions de doses de vaccins contre le COVID ont été administrées dans au moins 69 pays ou territoires, selon un comptage réalisé par l'AFP à partir de sources officielles mercredi 27 janvier à 11h00 GMT.

Mais la vaccination est pour l’heure un privilège des pays à "revenu élevé" (au sens de la Banque mondiale), qui concentrent 62% des doses administrées dans le monde alors qu’ils ne regroupent que 16% de la population mondiale. Michael Ryan, le directeur des opérations d'urgence de l'OMS, considère que "si nous arrivons à une situation dans le monde développé où des gens en parfaite santé sont vaccinés et que des travailleurs en première ligne et des personnes vulnérables (des pays pauvres) ne le sont pas, ce n'est tout simplement pas juste".

Il a appelé à partager l'accès aux vaccins, car "en faisant cela, nous mettrons fin au problème plus rapidement. Donc ce n'est pas seulement bien, c'est également intelligent". Pour le philanthrope américain Bill Gates, le monde doit dès maintenant se préparer à la prochaine pandémie comme il se préparerait à une guerre, ce qui doit se traduire par des investissements de dizaines de milliards d’USD chaque année.

AFP/VNA/CVN


 

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