21/10/2020 15:36
Dans l'espoir de "célébrer Noël correctement", l'Irlande et le Pays de Galles deviennent cette semaine les premiers territoires à reconfiner leurs populations en Europe, frappée par la deuxième vague et obligée de multiplier les restrictions pour contrer le COVID-19.
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Un bar de Berlin a mis en place des protections contre le COVID-19 pour ses clients, le 20 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

En Irlande, la population sera reconfinée à partir de mercredi 21 octobre à minuit et pour six semaines, mais les écoles resteront ouvertes.

"Si nous unissons nos efforts pendant les six prochaines semaines, nous aurons l'occasion de célébrer Noël correctement", a lancé le Premier ministre irlandais Micheal Martin.

Le Pays de Galles (trois millions d'habitants) sera lui soumis à compter de 18h00 vendredi 23 octobre à un confinement de deux semaines, mesure la plus dure instaurée au Royaume-Uni depuis la première vague de COVID-19 du printemps.

En Irlande comme au Pays de Galles, les commerces non essentiels devront fermer, une situation comparable au confinement instauré au printemps au Royaume-Uni lors de la première vague.

Derniers cafés en terrasse à Cardiff le 20 octobre : le Pays de Galles est soumis à partir de vendredi 23 octobre à un confinement de deux semaines.
Photo : AFP/VNA/CVN

En Angleterre, Manchester (2,8 millions d'habitants) a été placée mardi 20 ocotbre en niveau d'alerte "très élevé", ce qui implique la fermeture des bars et pubs ne servant pas à manger, des restrictions de déplacement et l'interdiction de rencontrer des personnes en dehors de son foyer.

Italie et France dans le rouge 

Les signaux sont au rouge aussi en Italie, où deux régions, la riche Lombardie - la région de Milan, dans le Nord - et la Campanie - celle de Naples, dans le Sud - vont instaurer un couvre-feu, à partir de jeudi 22 octobre de 23h00 à 05h00 pendant trois semaines pour la première, et à partir de vendredi 23 octobre à 23h00 pour la deuxième.

Premier pays d'Europe frappé par la pandémie au printemps, l'Italie connaît depuis vendredi 16 octobre une forte hausse des contaminations (plus de 10.000 par jour). La Lombardie, son poumon économique, est à nouveau la plus touchée.

Un panneau appelle à la vigilance contre le coronavirus, le 19 octobre à Manchester, au Royaume-Uni.
Photo : AFP/VNA/CVN

La Campanie, avec un système sanitaire moins efficace, se trouve dans une position plus difficile.

Et dans le Nord-Ouest, le Piémont a annoncé mardi 20 octobre la fermeture des centres commerciaux le weekend.

La situation est encore plus mauvaise en France, qui a recensé mardi 163 nouveaux décès et plus de 20.000 nouveaux cas. Les grandes métropoles, dont Paris, soit 20 millions de personnes - près du tiers de la population -, sont soumises à un couvre-feu de 21h00 à 06h00 depuis ce week-end.

Le nombre des malades du COVID-19 en réanimation a dépassé les 2.000 personnes, seuil jamais atteint depuis mai. "Les chiffres montent désormais très vite, trop vite", s'est alarmée l'Agence de santé de la région parisienne.

Un couvre-feu est aussi entré en vigueur mardi 20 octobre en Slovénie : les deux millions d'habitants n'auront pas le droit de sortir entre 21h00 et 06h00.

En Belgique, cafés et restaurants sont désormais fermés pour quatre semaines et un couvre-feu est entré en vigueur lundi 19 octobre de minuit à 05h00.

En Espagne, la ville de Burgos (Nord) rejoint dans la nuit de mardi 20 à mercredi 21 octobre  la liste de plus en plus longue des municipalités partiellement bouclées. La région de Navarre (Nord) subira le même sort à partir de jeudi 22 octobre.

"On s'attendait à ce qu'une seconde vague se produise, mais pas si tôt", lâche Sonia Carballeira, une infirmière dans un hôpital d'une banlieue de Madrid.

Or, si les restrictions se prolongent dans les régions de Madrid et Catalogne (40% du PIB espagnol à elles deux), l'impact sur l'économie sera "très négatif", affirme Iñigo Fernandez de la Mesa, vice-président de l'organisation patronale CEO. Le Fonds monétaire international prévoit un recul de 12,8% en 2020 en Espagne, le pire résultat parmi les pays occidentaux.

Le gouvernement espagnol s'est dit prêt mardi 20 octobre à discuter d'un couvre-feu au niveau national.

Choix cornélien 

Sur le front du vaccin, des chercheurs britanniques ont annoncé mardi 20 octobre qu'ils comptaient infecter des volontaires de 18 à 30 ans avec le nouveau coronavirus pour faire avancer la recherche dans le cadre d'une étude de l'Imperial College de Londres.

La Chine, elle, a annoncé mardi avoir testé des vaccins sur 60.000 personnes dans plusieurs pays, assurant qu'aucun sujet n'avait ressenti d'effets indésirables.

La pandémie a fait au moins 1.119.590 morts dans le monde depuis fin décembre, dont plus de 252.000 en Europe, selon un bilan établi par l'AFP mardi 20 octobre. Plus de 40.416.800 cas d'infection ont été diagnostiqués.

Dans une usine à Sinnar en Inde, le 1er octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec au moins 220.134 décès, suivi par le Brésil (154.176 morts), l'Inde (115.197), le Mexique (86.338) et le Royaume-Uni (43.726).

Ces bilans sont probablement sous-évalués, comme le montre une étude américaine des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) publiée mardi, selon laquelle la surmortalité liée à la pandémie aux États-Unis a en réalité été de 300.000 personnes.

Melania Trump, la femme du président américain récemment guéri du COVID-19, a annulé mardi 20 octobre, en raison d'une "toux persistante", un déplacement à un meeting de son mari, en campagne pour sa réélection.

En Amérique latine, l'Argentine a dépassé le million de cas de COVID-19 et 26.000 morts depuis mars, malgré des restrictions. Ce pays occupe la cinquième place au monde en nombre de cas, selon le bilan de l'AFP.

En Asie, après un confinement strict de mars à juin qui a laissé des millions de gens au bord de la famine, l'Inde, confrontée à un choix cornélien, a décidé de reprendre le travail malgré le coronavirus.

"Les gens doivent choisir entre mourir de faim ou risquer d'attraper un virus qui peut, ou pas, les tuer", explique Sunil Kumar Sinha, économiste de l'agence India Ratings and Research à Bombay.
 
AFP/VNA/CVN
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