18/11/2019 09:05
Les autorités iraniennes ont averti dimanche 17 novembre qu'elles ne toléreraient pas l"insécurité", après deux jours de manifestations violentes contre une hausse soudaine du prix de l'essence ayant fait au moins deux morts et ayant poussé Téhéran à couper l'accès à internet.
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Des manifestants bloquent une route à Ispahan en Iran, le 16 novembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Depuis le début de la contestation, vendredi soir 15 novembre, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées, selon des informations de la presse iranienne. L'agence Isna faisait état d'un retour à la normale mais la situation restait très difficile à évaluer dimanche soir à l'échelle du pays du fait du black-out. En conseil des ministres, le président Hassan Rohani a déclaré que l'État, face à "l'émeute" ne devait "pas autoriser l'insécurité dans la société", selon un communiqué officiel publié dimanche soir 17 novembre.

La colère populaire a été provoquée par la forte hausse du prix de l'essence annoncée vendredi 15 novembre par le gouvernement. M. Rohani a de nouveau justifié cette mesure en expliquant que l'État n'avait pas d'autre solution pour aider mieux les "familles à revenu moyen et bas qui souffrent de la situation économique créée par les sanctions" américaines visant l'Iran.

Violente récession

Le retrait unilatéral des États-Unis, en 2018, de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, et le rétablissement dans la foulée de lourdes sanctions contre Téhéran ont plongé l'économie iranienne dans une violente récession.

Photo fournie par le bureau du chef de l'ayatollah Khamenei le montrant lors d'une réunion avec des responsables religieux à Téhéran, le 17 novembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le Fonds monétaire international estime que le PIB de l'Iran devrait chuter de 9,5% cette année après un recul de 4,8% en 2018. L'inflation, entraînée par la chute du rial face aux grandes devises d'échange, atteint officiellement 40%. Selon le plan annoncé par le gouvernement, le prix de l'essence, très subventionnée en Iran, doit augmenter de 50%, soit passer de 10.000 à 15.000 rials (11 centimes d'euros) pour les 60 premiers litres achetés chaque mois, puis à 30.000 rials au-delà. Les recettes dégagées doivent bénéficier aux 60 millions d'Iraniens les moins favorisés (sur une population totale de 83 millions d'habitants).

Soutenant cette mesure, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a condamné dimanche les actes de violences commis par des protestataires et déploré que "certains [aient] perdu la vie" dans cette agitation. Selon une source au sein du ministère de l'Information et des Télécommunications cité par Isna, les autorités ont drastiquement "limité" l'accès à internet depuis samedi soir "et pour les prochaines 24 heures". Des journalistes de l'AFP ont pu constater dès samedi soir que leur internet mobile était totalement coupé, de même que diverses connexions internet fixes. Dimanche vers 20h00 (16h30 GMT), seul l'accès au web iranien était possible avec un téléphone mobile.

Samedi soir 16 novembre, L'ONG Netblocks qui surveille la liberté d'accès à internet avait relevé que les communications étaient presque entièrement interrompues en Iran. D'après les agences iraniennes, la contestation a touché ving-cinq villes, dont Téhéran, Machhad (Nord-Est) et Ispahan (Centre), les trois premières agglomérations du pays. Selon l'agence officielle Irna, un officier de police est mort de ses blessures dans la nuit de samedi à dimanche, après avoir été la cible de tirs lors de heurts avec des "émeutiers" armés en marge d'un rassemblement à Kermanshah (Ouest).

AFP/VNA/CVN



 
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