16/04/2016 08:10
La sécheresse et la salinisation dues aux changements climatiques sont de plus en plus graves au Vietnam. Des phénomènes dont le pays est bien conscient. Entretien avec le vice-Premier ministre Vuong Dinh Huê.
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La sécheresse et la salinisation dans le delta du Mékong sont-elles des phénomènes atypiques, et donc non prévisibles ?
 
Les changements climatiques sont un processus qui s’inscrit dans la durée, il ne s’agit pas d’un phénomène imprévisible. Notre pays se prépare à faire face à ses conséquences depuis longtemps, même s’il est vrai que depuis ces dernières années, la situation ne fait que s’aggraver. Comme vous le savez, le phénomène El Nino frappe le Vietnam depuis 2014 et devrait se poursuivre jusqu’à la mi-2016, battant le précédent record de 1997-1998. En effet, selon les prévisions, El Nino devrait durer 20 mois, période la plus longue depuis 60 ans. Les températures moyennes augmentent dans la plupart des régions du pays et régulièrement, des canicules surviennent. La saison des pluies arrive plus tard et s’achève plus tôt.

Sur les hauts plateaux du Centre, dans la partie septentrionale du Centre, le Nam Bô oriental et le delta du Mékong, la pluviosité est inférieure de 30% à 60% aux moyennes saisonnières. Et le niveau des nappes phréatiques est plus bas de 30% à 50%, voire jusqu’à 80%. Rien qu’en 2015, dans le Centre septentrional et sur les hauts plateaux du Centre, les agriculteurs ont été obligés d’interrompre les semailles de près de 40.000 ha de rizières en raison du manque d’eau, sans compter les 122.000 ha de cultures industrielles et vivrières qui risquent de se dessécher. En outre, de nombreux foyers manquent d’eau potable au quotidien.

D’après le dernier bilan dont nous disposons, au 29 février, six des 13 villes et provinces du delta du Mékong avaient déclaré un état d’urgence sécheresse et salinisation. Il s’agit des provinces de Tiên Giang, Bên Tre, Kiên Giang, Soc Trang, Long An et Cà Mau. La dernière est la plus touchée avec plus de 49.000 ha de rizières et de cultures vivrières détruits.

Selon les analyses de la Commission centrale de l’économie du PCV, en avril, sur les hauts plateaux du Centre, les cultures en état de deshydridation devraient atteindre les 180.000 ha, dont 70.000 à Dak Lak, 45.000 à Lâm Dông, 36.000 à Binh Phuoc, 22.000 à Dak Nông, et 5.000 à Kon Tum. Dans cette région, beaucoup de localités manqueront d’eau potable, en particulier à Dak Lak où près de 25.000 foyers seront concernés. La salinisation dans le delta du Mékong, qui a atteint son pic en mars, continuera jusqu’au début de la saison des pluies qui est prévue fin mai. Je crois qu’avec ces prévisions, précoces, nous sommes en mesure d’être toujours vigilants et actifs pour faire face à ces phénomènes et de limiter au maximum les dommages.
 
La rizière de la famille de Mme Cham Du, dans la commune de Ia Ka, district de Chu Pah, province de Gia Lai (hauts plateaux du Centre) en état de manque d’eau.    Photo : Hoài Nam/VNA/CVN

Quels préparatifs ont été menés ?

Les directives du PCV contre les catastrophes naturelles figurent clairement dans les documents des Xe et XIe Congrès nationaux du Parti, ainsi que dans la Stratégie de développement socio-économique pour la période 2001-2020.

La Stratégie nationale de lutte contre les catastrophes naturelles et la minimisation de leurs conséquences jusqu’en 2020, approuvée par le Premier ministre Nguyên Tân Dung le 16 novembre 2007, prévoit également la mobilisation de toutes les ressources afin de mener à bien d’ici 2020 toutes les tâches de résilience.

Par ailleurs, l’Assemblée nationale a adopté en 2013 la Loi sur la prévention et la lutte contre les catastrophes naturelles. Enfin, le Vietnam est partie à plusieurs conventions internationales en relation avec la lutte contre les changements climatiques, notamment le Protocole de Kyoto, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, le Cadre d’action de Hyogo 2005-2015 sur la minimisation des catastrophes naturelles, l’Accord de l’ASEAN sur la gestion des catastrophes et les interventions d’urgence.

Cette période d’El Nino nous fait penser à celle des années 1997-1998 où crise économique et catastrophes naturelles sévissaient en même temps. Qu’en pensez-vous ?
 
Il n’y a aucun élément pour considérer que crise économique va de pair avec El Nino, comme cela s’est produit fortuitement il y a près de deux décennies. Le XIIe Congrès national du PCV a donné les évaluations et analyses globales et complètes sur les opportunités et les défis de l’économie nationale.  Le prestige du pays s’accroît, et il remplit pleinement ses engagements pris envers la Communauté de l’ASEAN comme l’Organisation mondiale du commerce, et est partie à toute une série d’accords de libre-échange de nouvelle génération. Le pays s’intègre de plus en plus profondément à l’économie mondiale, et les opportunités se multiplient.

L’opinion publique apprécie les perspectives de l’économie vietnamienne en suite du XIIe Congrès du PCV. Je vous cite des exemples. Selon le Fonds monétaire international, si le Vietnam parvient à ses objectifs de PIB per capita et d’une croissance économique de 7% lors des cinq années à venir, il deviendra l’une des économies au rythme de développement le plus rapide de la région Asie-Pacifique.

La Banque mondiale, elle, estime qu’avec la croissance économique de 6,68% en 2015, le Vietnam est l’une des économies observant le développement le plus rapide de l’Asie du Sud-Est. Et d’après Bloomberg, alors que les pays dits émergents comme la Russie, le Brésil et la Chine ont vu leur croissance ralentir en 2015, celle de près de 7% au Vietnam permet à ce dernier de devenir l’une des économies les plus dynamiques du monde.
Lê Châu-Linh Thao/CVN
 
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