11/07/2018 17:01
À l’occasion de la Fête nationale française (14 juillet), l’ambassadeur de France au Vietnam, Bertrand Lortholary, a accordé une interview exclusive au Courrier du Vietnam concernant les relations entre les deux pays, actuellement au beau fixe.

 

L'ambassadeur de France au Vietnam, Bertrand Lortholary, accorde une interview exclusive au Courrier du Vietnam. Photo : Dang Duong/CVN


En 2018, le Vietnam et la France célèbrent le 45e anniversaire de leurs relations diplomatiques et le 5e du partenariat stratégique. Avez-vous des remarques à faire sur ce parcours historique?

 

Cette année est très symbolique pour les relations entre la France et le Vietnam avec ces deux anniversaires simultanés. C’est une célébration que les autorités des deux pays veulent très solennelle et tout à fait exceptionnelle.


C’est le sens de la visite en France du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV), Nguyên Phu Trong, au mois de mars dernier. C’est aussi le sens d’autres visites de très haut niveau sur lesquelles nous sommes en train de travailler pour 2018 et 2019. Vous vous rappelez sans doute que le président de la République française, Emmanuel Macron, a annoncé au mois de mars qu’il se rendrait à son tour au Vietnam l’année prochaine. Et au-delà de ces visites au plus haut niveau, il y a cette année un programme d’échanges diplomatiques d’une densité et d’une fréquence très importantes, d’un côté comme de l’autre. Pour en citer quelques-unes: la ministre vietnamienne de la Santé, Nguyên Thi Kim Tiên, était en France il y a quelques jours. Nous attendons le ministre vietnamien de la Défense, Ngô Xuân Lich, à la fin de l’année. Récemment, le président du Comité populaire de Hanoï, Nguyên Duc Chung, est rentré de France.

 

Parmi les nombreux accords et engagements conclus entre les deux pays lors de la récente visite officielle du secrétaire général du PCV en France, lesquels souhaitez-vous déployer en priorité dans les temps à venir? Pourquoi?

 

Il y a des projets économiques très importants pour la France au Vietnam et 300 entreprises françaises y travaillent déjà. Ce que nous espérons, c’est qu’à la faveur de l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Vietnam (EVFTA), il y ait davantage d’échanges économiques entre l’Europe et le Vietnam en général, et la France et le Vietnam en particulier.


Aujourd’hui, la France est très présente dans toute une série de secteurs : l’infrastructure d’abord, en particulier les transports avec l’aéronautique qui est l’activité la plus prospère. Mais nous pouvons aussi citer la vente des biens de consommation dans les domaines de l’agroalimentaire ou des produits pharmaceutiques et cosmétiques. Il y a, je crois, un appétit toujours plus important de la part des Vietnamiens pour les produits français et nous en sommes très heureux. Je crois pouvoir vous dire que dans l’autre sens, le goût des Français pour les produits vietnamiens ne se dément pas non plus. La présentation des produits vietnamiens il y a quelques semaines à Rungis,  le plus grand marché de gros en France et dans toute l’Europe, en témoigne.

 

Les deux pays se sont également engagés à promouvoir l’apprentissage du/en français au Vietnam ainsi que les échanges de formation. Voudriez-vous nous en dire plus sur vos démarches pour concrétiser ces engagements?

 

L'apprentissage du et en français est renforcé au Vietnam.
Photo : Dang Duong/CVN


C’est une priorité dans le cadre de l’action conjointe des deux pays. Nous souhaitons, d’un côté comme de l’autre, privilégier la jeunesse dans nos relations, tout simplement parce que nous avons la chance d’avoir un trésor historique commun et il nous appartient de le faire fructifier. Et cela ne peut être fait qu’en s’appuyant sur la jeunesse. C’est la raison pour laquelle, pour ce qui nous concerne, nous souhaitons naturellement continuer à promouvoir l’enseignement de la langue française dès plus jeune âge au Vietnam. Et les résultats sont au rendez-vous: des classes bilingues se développent partout sur le territoire vietnamien. Je souligne à cet égard le fait que le Lycée français de Hanoï bénéficiera de nouveaux locaux somptueux dans l’arrondissement de Long Biên à la rentrée prochaine. Et puis, quelques années plus tard, à l’âge des études supérieures, nous offrirons, à travers nos instituts, un enseignement du français qui enregistre un succès toujours croissant. Aujourd’hui, nous avons 7.000 jeunes vietnamiens qui étudient sur le sol français et nous en sommes très heureux. Nous souhaitons qu’il y ait demain encore plus d’étudiants vietnamiens en France tout comme davantage d’étudiants français qui viennent se former au Vietnam.

 

La coopération décentralisée constitue un pilier des relations bilatérales. Quelles sont, d’après vous, les orientations majeures pour renforcer cette formule de coopération exemplaire?

 

Vous avez raison de souligner que la coopération décentralisée entre la France et le Vietnam joue historiquement un rôle très important depuis le début des années 1990 et c’est d’ailleurs plus que jamais le cas aujourd’hui. Nous comptons déjà une trentaine de collectivités françaises et vietnamiennes engagées dans des accords de partenariat. Nous organiserons l’année prochaine, en France, la nouvelle édition des assises de la coopération décentralisée franco-vietnamienne qui se tiendra à Toulouse. La réunion précédente avait été organisée à Cân Tho (delta du Mékong) en septembre 2016. Il faut retenir que les partenariats dans les domaines économiques et culturels sont majoritaires. Et pour prendre un exemple, celui qui lie la ville de Hanoï et la région d’Île-de-France a été renouvelé à l’occasion de la visite du maire Nguyên Duc Chung à Paris. Nous en sommes très heureux et nous voulons que Hanoï soit une vitrine et un modèle de coopération décentralisée entre la France et le Vietnam. C’est un cadre important pour de nombreux projets de premier plan comme la construction du métro et les études sur la qualité de l’air.
 

Un autre bon exemple concerne la grande métropole de Hô Chi Minh-Ville jumelée avec Lyon et dont le partenariat amène un certain nombre d’opportunités intéressantes. Mais nous en avons aussi qui concernent les provinces comme celui entre le département du Val-de-Marne (région parisienne) et la province de Yên Bai (Nord). Il existe aussi des liens entre la région aquitaine (la région de Bordeaux) avec d’une part la ville de Huê (province centrale de Thua Thiên-Huê) et d’autre part avec la province de Lào Cai (Nord).


Nous avons la chance de bénéficier d’un tissu de relations extrêmement solide et en développement constant, alors profitons-en!

 

Sur le plan sportif, l’ambassade de France à Hanoï et le consulat général du pays à Hô Chi Minh-Ville ont proposé aux amateurs de football français et vietnamiens de venir y partager leur passion. Comment voyez la fin de la compétition ?
 

Des supporteurs de l'équipe de France lors d'une soirée de match organisée à l'ambassade de France à Hanoï. Photo : CAND/CVN


Tous les quatre ans, c’est la grande fête du football et nous avons cette année une grande équipe de France qui est parvenue en finale. Évidemment nous lui souhaitons de décrocher le titre. Pour donner à cet éventuel exploit l’ampleur qu’il mérite, nous voulons le partager avec tous les fans de football vietnamiens au sein des établissements diplomatiques français. Je pense que comme les Français ont largement partagé la liesse populaire des Vietnamiens lors de la dernière coupe d’Asie des moins de 23 ans en Chine, ces derniers nous rendrons la pareille pour supporter la sélection tricolore. Nous espérons d’ailleurs qu’ils seront nombreux à célébrer avec nous une hypothétique victoire finale de notre équipe ! Mais dans le sport rien n’est décidé à l’avance donc gardons nous de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué !

 

Quels sont vos joueurs préférés parmi les Bleus ?

 

Ecoutez, je crois que le joueur dont on parle beaucoup au Vietnam, c’est le jeune prodige Kylian Mbappé qui, du haut de ses 19 ans, a égalé la performance du Roi Pelé en devenant le second joueur de l’histoire à marquer en Coupe du Monde avant d’avoir 20 ans. Donc, Mbappé bien sûr, puis d’autres joueurs que les Français et les Vietnamiens apprécient beaucoup comme Antoine Griezman ou Raphael Varane ou encore Benjamin Pavard qui a inscrit un but splendide contre l’Argentine. Je crois que c’est une équipe dans laquelle les Français se retrouvent et avec qui ils partagent leur passion pour le football.


Propos recueillis
par Giang Anh Duong/CVN

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