27/04/2020 17:44
Réouverture des commerces en Suisse lundi 27 avril, retour aux affaires du Premier ministre britannique Boris Johnson : les Européens peaufinent leurs plans de sortie du confinement, qui reste un casse-tête planétaire dans l'attente de la découverte d'un vaccin ou d'un remède pour juguler l'épidémie de coronavirus.
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Bilan mondial de la pandémie de nouveau coronavirus, au 26 avril à 19h00 GMT. Photo : AFP/VNA/CVN

La pandémie, qui a fait plus de 200.000 morts sur près de trois millions de contaminés dans le monde, marque enfin le pas dans les quatre pays européens les plus touchés. Ils affichaient en effet dimanche 26 avril des bilans quotidiens de morts en nette baisse : 288 morts en Espagne, 260 en Italie, 242 en France et 413 morts à l'hôpital au Royaume-Uni, le nombre le plus bas depuis la fin mars. De loin le pays le plus touché par la pandémie, aussi bien en nombre de contaminations que de décès, les États-Unis ont quant à eux enregistré dimanche soir 1.330 décès supplémentaires ces dernières 24 heures.

Coiffeurs et "barnehager"

Les Suisses pourront quant à eux retourner chez le coiffeur, avec la réouverture de certains commerces lundi 27 avril. Sous réserve de respecter les mesures-barrières, ce sont d'abord les coiffeurs, physiothérapeutes, médecins, salons de massage, fleuristes, jardineries, ainsi que les crèches qui reprendront leurs activités.

Le confinement y était moins dur qu'en Espagne. Après six semaines cloîtrés chez eux, les petits Espagnols peuvent depuis dimanche 26 avril recommencer à jouer dans la rue, avec un certain nombre de restrictions comme l'absence de contacts. Le confinement a été prolongé jusqu'au 9 mai inclus, et le gouvernement présentera mardi 28 avril son plan d'assouplissement. Le même jour, le Premier ministre français, Edouard Philippe, dévoilera sa "stratégie nationale du plan de déconfinement", qui doit débuter le 11 mai, avec notamment une réouverture progressive mais controversée des écoles.

L'Italie aussi doit détailler en début de semaine les mesures qu'elle envisage à compter du 4 mai. Les écoles resteront cependant fermées jusqu'en septembre. À Londres, le Premier ministre Boris Johnson, lui-même frappé par le virus, doit effectuer lundi 27 avril un retour aux affaires très attendu. La Norvège a rouvert les écoles pour les plus petits lundi 27 avril. Une semaine après les "barnehager" qui font office de crèches et de maternelles, c'est au tour des enfants de six à dix ans de retrouver les bancs de l'école, dans des classes réduites à 15 élèves.

Des personnels médicaux procèdent à des tests du COVID-19 dans un drive, le 24 avril à Rome. Photo : AFP/VNA/CVN

En Chine également, où était apparu le COVID-19 à la fin de l'année dernière, collégiens et lycéens ont fait lundi 27 avril une rentrée ultra-sécurisée - avec masques et prises de température - dans les métropoles de Pékin et Shanghai, après près de quatre mois de grandes vacances pour cause d'épidémie. "Je suis contente, ça fait trop longtemps que je n'ai pas vu mes camarades de classe", sourit Hang Huan, 18 ans, devant le lycée Chenjinglun, dans l'est de la capitale chinoise. "Ils m'ont beaucoup manqué", confie-t-elle, masque sur le visage et son survêtement faisant office d'uniforme.

À Pékin, seuls les lycéens de dernière année ont été autorisés lundi 27 avril à revenir en classe pour préparer le "gaokao", l'examen d'entrée à l'université. À Shanghai, ce sont les élèves de dernière année de collège qui ont repris la classe. Toutes les écoles chinoises étaient fermées depuis la fin janvier. Le pays a depuis lors jugulé l'épidémie, avec un bilan officiel de 4.633 morts, mais les autorités redoutent à présent une seconde vague de contaminations avec des cas dits "importés", en majorité des Chinois de retour au pays.

Pause des briefings de Trump

Aux États-Unis, le président Donald Trump n'a pas donné dimanche 26 avril son habituel briefing coronavirus, après les sarcasmes suscités par ses recommandations ("ironiques", a-t-il assuré après coup) sur l'injection de désinfectant dans le corps des patients. Il s'est contenté de lancer ses habituelles piques contre la presse : les médias "désespèrent de créer une impression de chaos", a-t-il twitté.

Des Soudanais réunis pour la prière du ramadan dans une rue de Khartoum le 25 avril. Photo : AFP/VNA/CVN

Aux États-Unis aussi, la reprise se prépare, comme dans l'État de New York, où certaines activités manufacturières et des chantiers pourraient reprendre après le 15 mai. Pour survivre, les "food trucks" vont d'ores et déjà chercher les clients là où ils sont confinés en télétravail. "On aime bien cuisiner, mais la diversité des restaurants de la ville nous manque, alors on se fait une petite folie", témoigne Elise Blake, une professeure de musique de 37 ans, descendue chercher sa commande au "Dirty South Deli" (DSD), qui est venu se garer dans sa rue de Brookland, quartier résidentiel du nord-est de la capitale américaine.

"Fête" à la bière au Pérou

Un retour vers une certaine normalité qui n'est pas du goût de tout le monde : au Pérou, le président Martin Vizcarra s'est offusqué dimanche des queues de consommateurs ne respectant pas les distances de sécurité pour acheter... de la bière. "On aurait dit que c'était une samedi de fête", a-t-il déploré, commentant une vidéo sur les réseaux sociaux. Au Pérou, qui comptait dimanche 728 morts, le confinement doit durer jusqu'au 10 mai, avec couvre-feu nocturne et fermeture des frontières.

Et au Brésil, le chef Raoni, figure emblématique de la lutte contre la déforestation en Amazonie, a lancé dimanche un appel aux dons, afin d'aider les populations indigènes, particulièrement vulnérables aux virus importés comme le COVID-19. Le monde musulman est quant à lui entré lundi 27 avril dans son quatrième jour de jeûne du ramadan sans prières collectives ni repas partagés : les portes des mosquées restent closes et les rassemblements familiaux sont interdits. Mais ces mesures restent largement ignorées dans plusieurs pays, au Pakistan notamment.

L'Arabie saoudite a de son côté partiellement assoupli dimanche son couvre-feu total. À l'exception notamment de la ville sainte de La Mecque. Au Liban, des manifestants ont bravé le couvre-feu mis en place contre la pandémie et coupé tard dimanche soir des routes à travers le pays pour dénoncer la détérioration de la situation économique.

AFP/VNA/CVN

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