17/01/2016 10:13
Le vice-Premier ministre Vu Duc Dam a demandé d’appliquer d’ici 2020 un unique système de vaccination au lieu de deux actuellement : le programme national de vaccination élargi et le programme de vaccination dit de «service».
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Le programme national de vaccination élargi fournit le vaccin Quinvaxem dont la composition est similaire au Pentaxim. Photo : Archives /CVN

Face à une certaine colère au sein de la population sur le manque de vaccins pédiatriques importés de l’étranger, le vice-Premier ministre Vu Duc Dam, lors de la récente visioconférence entre le gouvernement et les 63 provinces et villes, a demandé au secteur de la santé de mener une campagne de sensibilisation auprès des habitants et de leur expliquer clairement les bienfaits mais aussi les possibles effets secondaires des deux vaccins pentavalents Quinvaxem et Pentaxim. Le premier se trouve dans le programme national de vaccination élargi (public et gratuit), financé par l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination, et le deuxième dans celui  dit de «service» (privé et payant), importé de France. Ces deux vaccins pentavalents protègent les enfants contre cinq maladies : diphtérie, coqueluche, tétanos, pneumonie et hépatite B.

Une méfiance muée en défiance

Ces derniers temps, certains enfants sont décédés après s’être fait inoculer le vaccin Quinvaxem, provoquant, après l’émoi, une certaine défiance des citoyens à l’égard de ce vaccin gratuit. Conséquence : les parents se sont rués vers les vaccins importés et payants, considérés comme plus sûrs que le premier nommé. Face à l’augmentation subite des besoins en vaccins d’importation, les établissements de vaccination se sont vite retrouvés en rupture de stock.

Pourtant, selon Vu Duc Dam, le vaccin en lui-même n’est pas responsable de ces décès tragiques. Ils sont le fait de négligence dans leur transport et leur conservation, les enfants retrouvés morts ayant été recensés essentiellement dans les régions montagneuses et reculées, et non pas à Hanoi et Hô Chi Minh-Ville.

Autres éléments d’explication avancés : les faiblesses dans le dépistage avant la vaccination ou l’extrême  lenteur des secours après les incidents. Le vice-Premier ministre Vu Duc Dam a demandé au secteur de la santé d’expliquer clairement aux habitants la cause des décès après la vaccination de Quinvaxem et les éventuels effets indésirable du Pentaxim.

M. Dam a tenu à rappeler que le Vietnam est le seul pays au monde à avoir deux systèmes de vaccination. En conséquence, il a demandé au ministère de la Santé d’appliquer d’ici 2020 un seul et même système et de donner la priorité aux investissements dans la production de vaccins pour répondre à la demande. Enfin, le vice-Premier ministre a demandé au ministère des Finances de revoir les prix des vaccins dans le programme de vaccination de service.

Vaccination dans une école maternelle de la ville de Vinh (Centre).
Photo : Ta Chuyên/VNA/CVN

Face aux morts infantiles qui ont fait suite à l’inoculation du vaccin Quinvaxem, plusieurs parents aisés financièrement se sont rués sur le vaccin Pentaxim, fabriqué en France. Les autres, aux revenus plus modestes et inquiets des possibles effets secondaires de Quinvaxem, l’ont tout simplement refusé.

Risque d’explosion des épidémies

La journée du 25 décembre s’est d’ailleurs mal terminée pour le Centre de vaccination Polyvac (182, rue Luong Thê Vinh, Hanoi), qui avait annoncé sur son site internet que le vaccin pentavalent Pentaxim était disponible. Résultat : les parents se sont précipités dans l’établissement, pas loin de provoquer une émeute. Suite à cette affaire, le ministère de la Santé a demandé aux centres de vaccination de Hanoi de suspendre provisoirement la vaccination de Pentaxim, en organisant l’inscription en ligne. Cependant, le nombre de doses, limité, a fait que de nombreaux parents ont dû renoncer.  

Selon Trân Dac Phu, chef du Département de la médecine préventive (ministère de la Santé) : «Le programme national de vaccination élargi fournit le vaccin Quinvaxem dont la composition est similaire au Pentaxim. Chaque année, 4,5 millions d’enfants en bénéficient».

Problème, un grand nombre de parents refusent aujourd’hui ce vaccin tandis que l’offre de Pentaxim est insuffisante. «Cette situation est dangereuse, avec un risque élevé de voir une explosion des épidémies», alerte Trân Dac Phu. Enfin, Duong Quôc Cuong, chef du Département de gestion des produits pharmaceutiques (ministère de la Santé), fait savoir que dans le monde, seuls deux producteurs sont prêts à exporter les vaccins acellulaires. En 2016, seuls 40.000 doses de vaccins Pentaxim seront exportées au Vietnam, contre des besoins estimés à 100.000-120.000 doses cette année rien qu’à Hanoi.
 
Huong Linh/CVN

 
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