29/04/2018 08:56
L’industrie du cinéma est considérée comme la "pierre angulaire" du rayonnement culturel national. Entretien avec Ngô Phuong Lan, directrice du Département du cinéma.
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Ngô Phuong Lan, directrice du Département du cinéma.
Photo: Zing/CVN
Pourriez-vous nous donner une vision globale de la situation du cinéma national?

Ces dernières années, le nombre de films vietnamiens et de salles obscures a enregistré une forte hausse. Concrètement, le chiffre d’affaires des films projetés a connu une augmentation de 30% par an en moyenne. Par ailleurs, beaucoup d’œuvres ont été présentées lors de divers festivals de films tant nationaux qu’internationaux, ce qui se traduit souvent par des records de box-office.

Sur le plan de la protection des publics impressionnables,  2017 a vu la mise en place d’une signalétique d’avertissement, orientant les producteurs et diffuseurs quant à la projection.

Pour que l’industrie cinéma-tographie puisse continuer à se développer, il faudrait une synchronisation dans les domaines de la production, de la diffusion, de la gestion et de la critique.

La stratégie et le plan de développement cinématographique d’ici 2020 ainsi que les perspectives à l’horizon 2030, approuvés par le gouvernement, donneront certainement un coup de pouce à cette industrie pleine de potentiel.

Deux entreprises étatiques, les Studios de production de longs-métrages du Vietnam et Giai Phong, ont été actionnarisées. Selon vous, quel devrait être le rôle de l’État dans le développement du cinéma national?

L’actionnarisation des entreprises publiques est indispensable selon le gouvernement vietnamien. Les studios publics ont offert une des parties les plus importantes de l’histoire du cinéma national. Mais à ce jour, c’est au secteur privé de prendre le relai.

J’aimerai rendre ici hommage au professionnalisme du personnel cinématographique vietnamien en général et préciser que les commandes de l’État seront dévolues aux entreprises, privées et publiques, les plus à même de mettre les projets en images.

La culture en général et le cinéma en particulier jouent toujours un rôle important dans la création d’un label national. La Chine et la République de Corée en sont de bons exemples. Quelle est la "patte" du cinéma vietnamien? Et les futures orientations?

Le cinéma vietnamien fit autrefois sensation dans le domaine des films de guerre. Il y a des décennies, ces œuvres étaient appréciées non seulement par les cinéphiles nationaux, mais aussi par les amateurs éclairés du monde entier. Ces dernières années, le film vietnamien s’est affirmé et a contribué activement à placer le pays sur la scène cinématographique mondiale. Je pense notamment à Dâp canh giua không trung (Flapping in the middle of nowhere - Voleter au milieu de nulle part) de la réalisatrice Nguyên Hoàng Diêp, produit en 2014,  ou encore à Tôi thây hoa vàng trên co xanh (Je vois les fleurs jaunes sur l’herbe verte, diffusé à l’étranger sous le nom de "Dear brother") du réalisateur Victor Vu (2015) et Dao cua dân ngu cu (The Way Station ou Island of Aliens - L’île des aubains) de la réalisatrice Hông Anh (2017).

Dans les même sens, le Festival international du film de Hanoï (HANIFF) contribue à faire rayonner à l’international les productions vietnamiennes.

Pour édifier une marque puissante attachée au 7e art vietnamien, nous devons nous efforcer d’atteindre une qualité de production supérieure afin d’améliorer le chiffre d’affaires de ce secteur et de créer un cercle qualitatif capable de hisser le cinéma vietnamien à la hauteur des pays leaders du cinéma moderne.

Dans le cadre du 70e Festival de Cannes en mai 2017, le Département du cinéma a collaboré avec le Centre national du cinéma et de l’image animée de France (CNC) et plusieurs cinéastes dans le but de présenter au monde le cinéma et le tourisme de notre pays. D’après vous, est-ce une bonne méthode pour promouvoir le 7e art vietnamien hors du pays?

Le Département national du cinéma a organisé de nombreuses activités à cette occasion : ouverture d’un stand d’exposition de projets de films, mise à disposition de sites exceptionnels qui pourraient accueillir des tournages, signature d’un accord de coopération avec le CNC, organisation de la "Soirée vietnamienne".

La présence du Vietnam à Cannes témoigne des efforts du cinéma national pour surmonter ses difficultés, se rapprocher du niveau international et contribuer à la promotion à l’international de l’image de notre pays et de notre peuple.

Le Festival de Cannes attire annuellement des dizaines de milliers de personnes dont de nombreux producteurs, metteurs en scène, acteurs, agences de presse, cinéphiles… C’est un rendez-vous idéal pour le rayonnement du 7e art vietnamien.

Des sites de Quang Binh ont servi de décor au film "Kong: Skull Island".
Photo: BQB/CVN

Récemment, la superproduction hollywoodienne Kong: Skull Island de Jordan Vogt-Roberts, tournée au Vietnam, a fait sensation dans le monde du cinéma. D’après vous, la transformation du Vietnam en décor de blockbusters pourrait être une des orientations au service du développement de l’industrie du cinéma du pays?

Le Vietnam offre une grande variété de paysages, ce qui dote le pays d’un atout majeur à l’heure où l’on entrevoit les limites de l’imagerie numérique. Avec le thème "Vietnam, nouvelle destination des blockbusters", nous avons proposé à Cannes de nombreuses formules pour attirer les cinéastes étrangers, afin de profiter de leurs expériences et de leurs savoir-faire.

Cependant, nous rencontrons actuellement des obstacles comme le manque de compagnies fournissant des services spécialisés ou de mesures politiques prioritaires concernant le remboursement  des charges fiscales afférant aux équipes de tournage. Sur ce dernier point, j’aimerais rappeler que certains pays remboursent à hauteur de 10% à 25%, voire plus. Afin d’y remédier, il faudrait une meilleure harmonie entre les services concernés.

Ces réformes de base permettraient d’attirer du personnel maîtrisant des pans de production dans lesquels les studios nationaux manquent de compétences.

Hà My - Hoàng Phuong/CVN

 

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