02/07/2017 15:07
L'opposition au président vénézuélien Nicolas Maduro a de nouveau manifesté samedi 1er juillet à Caracas, trois mois jour pour jour après le début de la vague de protestation dans laquelle 89 personnes ont péri.
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L'opposition au président vénézuélien Nicolas Maduro manifeste samedi 1er juillet sur l'autoroute Francisco Fajardo, voie d'accès à Caracas.
Photo : AFP/VNA/CVN

Environ 3.000 personnes ont convergé vers l'autoroute qui traverse la capitale pour manifester leur soutien à Luisa Ortega, la procureure générale du pays qui est devenue l'une des plus dures critiques du président Maduro, héritier de Chavez. Mme Ortega est privée de sortie du territoire, ses biens ont été placés sous séquestre, et elle doit comparaître mardi 4 juillet devant le Tribunal suprême de justice (TSJ, Cour suprême). Le TSJ, que ses détracteurs accusent de servir le gouvernement, devra décider si la procureure générale peut être traduite en justice.

"Tout le monde dans la rue pour empêcher et dénoncer cette manoeuvre", a écrit sur Twitter Freddy Guevara, vice-président du Parlement, la seule institution vénézuélienne contrôlée par l'opposition. L'action en justice contre Luisa Ortega a été lancée par le député Pedro Carreno, un partisan du président Maduro. M. Carreno assure que la procureure a "menti" en disant qu'elle n'avait pas approuvé la nomination de 33 magistrats, désignés selon elle irrégulièrement par le précédent Parlement à majorité chaviste, en décembre 2015.

De son côté, Mme Ortega accuse M. Maduro d'avoir imposé un "terrorisme d'État", en raison des violences exercées par les forces de l'ordre contre les manifestants. La procureure est également hostile à la convocation par M. Maduro d'une assemblée constituante chargée d'élaborer une Constitution devant remplacer celle qui a été adoptée sous la présidence de Hugo Chavez.

Mme Ortega juge inacceptables certaines des modalités du processus de désignation des membres de l'assemblée constituante prévues par le camp de M. Maduro. "Nous devons nous organiser pour éviter l'élection de cette constituante", a déclaré au cours de la manifestation un député de l'opposition, Carlos Paparoni. Initialement, Mme Ortega s'était démarquée pour la première fois du pouvoir de M. Maduro en dénonçant une rupture de l'ordre constitutionnel provoquée par des décisions du TSJ réduisant les pouvoirs du Parlement.

Le mouvement de protestation contre M. Maduro a commencé le 1er avril et se traduit par des manifestations quasi-quotidiennes. Le bilan des violences qui l'accompagnent est passé samedi 1er juillet à 89 morts. Selon le parquet, quatre personnes sont mortes vendredi 30 juin lors de manifestations organisées à Barquisimeto, une ville située à 350 kilomètres à l'ouest de Caracas.

Au cours des trois derniers mois, "le plus important, c'est qu'une prise de conscience a eu lieu : nous devons tous mener bataille pour rétablir la démocratie", a déclaré à l'AFP Patricia Valenzuela, médecin de 43 ans, rencontrée dans le cortège à Caracas.

Le mouvement de colère populaire survient dans un contexte d'effondrement économique du pays pétrolier, ruiné par la chute des cours du brut, ce qui se traduit par de graves pénuries et une inflation galopante.

AFP/VNA/CVN
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