09/07/2021 14:02
La gouvernement français a conseillé jeudi 8 juillet à ses ressortissants "d'éviter l'Espagne et le Portugal" cet été face à la propagation du variant delta du COVID-19, des déclarations fraîchement accueillies par les professionnels du tourisme et l'Espagne.
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Des touristes étrangers visitent Palma de Majorque, en Espagne, le 17 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Ceux qui n'ont pas encore réservé leurs vacances, évitez l'Espagne, le Portugal dans vos destinations, c'est un conseil de prudence", a déclaré le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, sur la télévision publique France 2.

"C'est une recommandation sur laquelle j'insiste, il vaut mieux rester en France ou aller dans d'autres pays (...), on a une situation qui est particulièrement préoccupante", a-t-il ajouté, tout en soulignant que ces destinations restaient autorisées. "Attention, on va les décider dans les prochains jours, mais nous pourrons avoir des mesures renforcées", a-t-il précisé, en évoquant le Conseil de défense français prévu lundi 11 juillet.

Ces propos tenus au début des vacances d'été ont suscité interrogations et réserves, d'autant que l'Espagne et le Portugal sont des destinations prisées par les Français.

"Ils +déconseillent+, ça veut dire quoi concrètement ? Soit il y a une fermeture claire des frontières, soit on ne dit rien", a réagi auprès de l'AFP Didier Arino, directeur général de Protourisme.

"La destination refuge, c'est nos voisins du Sud de l'Europe: l'Espagne, le Portugal, l'Italie. Tous ceux qui avaient déjà réservé et une grande partie de ceux qui envisageaient de partir le feront, mais ceux qui n'avaient pas réservé vont hésiter à partir. Cela risque d'avoir une forte incidence sur les réservations de dernière minute", a-t-il déploré.

"Cela n'aide pas"

"Nous devons tous agir avec beaucoup de prudence et concertation entre partenaires européens. Attiser des angoisses, des peurs, cela n'aide pas du tout. Ce qui sert, c'est de se concerter et agir après réflexion", a déclaré pour sa part l'ambassadeur d'Espagne en France, José Manuel Albares Bueno.

Des touristes dans le centre de Lisbonne, le 18 juin. Photo : AFP/VNA/CVN

Le ministre français des Affaires étrangères "Jean-Yves Le Drian vient demain en visite officielle à Madrid et nous allons parler avec lui", a-t-il ajouté, insistant sur le fait que l'Espagne affichait un fort taux de vaccination. "Les mesures que nous prenons à l'entrée du pays sont complètement conformes et prises en concertation avec nos partenaires européens".

Côté portugais, reconnaissant que la situation sanitaire de son pays s'était "aggravée", le ministre des Affaires étrangères Augusto Santos Silva a fait valoir que "les inquiétudes d'un État ami comme la France" étaient "compréhensibles".

"Il s'agit d'un conseil", a-t-il indiqué à l'agence Lusa, précisant que les membres de la communauté portugaise de France pouvaient rentrer chez eux car ces voyages figurent parmi les déplacements jugés essentiels.

Mais le gouvernement français a semblé rétropédaler dans la journée. Interrogé sur les déclarations de M. Beaune, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a refusé de se prononcer, arguant qu'il n'était "ni ministre de la Santé, ni ministre des Affaires étrangères".

Le secrétaire d'État au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne a lui aussi tenté de calmer les esprits sur la radio RTL : "Notre message depuis plusieurs semaines n'a pas varié, un message de vigilance et de prudence y compris dans l'organisation des vacances".

Clément Beaune est par ailleurs revenu sur la situation sur le continent. "Il faut être prudent (...). La pandémie n'est pas finie", a-t-il estimé. "Un pays comme la Grèce qui avait sans doute fait preuve d'un peu de laxisme ces dernières semaines a renforcé son dispositif de contrôle à l'entrée, tant mieux", a-t-il ajouté.

Il a enfin insisté sur le respect des décisions de l'Agence européenne du médicament. "Il faut que les vaccins qu'on reconnaît pour entrer sur le territoire soient vraiment limités à ceux dont on est sûrs, c'est-à-dire les quatre qui sont aujourd'hui autorisés en France et en Europe", Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson, a-t-il martelé.

"Il y a certains pays comme l'Espagne qui étaient tentés à un moment, ou qui ont fait, la reconnaissance de certains vaccins comme le russe ou le chinois. Nous, on dit à nos partenaires européens, attention, non pour ces vaccins", a-t-il poursuivi. "Il faut aussi que les compagnies aériennes en particulier contrôlent ce dispositif, on sera extrêmement durs sur ce point". 
 
AFP/VNA/CVN
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