14/02/2021 19:24
À l'initiative du Royaume-Uni, qui se targue d'avoir mis en place un processus efficace de vaccination, le Conseil de sécurité de l'ONU discutera mercredi 17 février de l'accès aux vaccins contre le COVID-19 et doit aborder plusieurs questions susceptibles de diviser ses membres.
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Le drapeau des Nations unies à New York. Photo : AFP/VNA/CVN

Comment assurer leur diffusion mondiale et éviter qu'ils ne soient préemptés par les pays riches de l'hémisphère nord aux dépens de l'hémisphère sud ? Faut-il prioriser la vaccination des Casques bleus mobilisés dans une quinzaine d'opérations et des membres des agences onusiennes, y compris dans des pays qui n'ont pas accès aux vaccins ? Et qui devrait s'en charger : l'ONU, le pays d'origine ou celui de déploiement ?

"Les vaccins, la vaccination, ce n'est pas vraiment le job du Conseil de sécurité", relève sous couvert d'anonymat un ambassadeur d'un pays membre du Conseil. Mais "le Conseil peut apporter une contribution", ajoute-t-il, excluant l'adoption d'une résolution dès la session ministérielle organisée cette semaine.

Chargé de garantir la paix et la sécurité dans le monde, le Conseil de sécurité de l'ONU ne dispose d'aucune compétence particulière en matière de santé mondiale.

En juillet 2020, il avait adopté au terme de plus de trois mois de laborieuses négociations, otages d'un duel sino-américain, son unique résolution à ce jour sur la pandémie. Elle visait alors à encourager à cesser les hostilités dans les pays en conflit afin de faciliter la lutte contre la propagation de la maladie.

Selon des diplomates, le Royaume-Uni a récemment partagé avec quelques pays un projet de résolution sur la gestion des vaccins. "Il y a un projet de résolution, les négociations viennent de débuter, cela va prendre du temps", indique l'un d'eux.

La vaccination, "c'est le grand défi du moment" et "il faudra beaucoup de temps avant que tout le monde soit vacciné", souligne l'ambassadeur de l'Union européenne (UE) auprès de l'ONU, le Suédois Olof Skoog. Il rappelle que l'UE a contribué à créer le mécanisme Covax qui, sous l'égide de l'ONU, doit permettre "la livraison d'au moins 2 milliards de doses avant fin 2021, dont au moins 1,3 milliard à 92 pays à revenus inférieurs".

"Pas de vaccin-apartheid"

"Ce que nous ne voulons pas, c'est d'un vaccin-apartheid" avec un Nord qui en dispose et un Sud qui n'arrive pas à obtenir de doses, comme l'a récemment dénoncé l'Afrique du Sud, explique l'ambassadeur s'exprimant anonymement.

Selon lui, les négociations sur une résolution au Conseil de sécurité risquent "d'être compliquées", certains membres du Conseil n'étant guère favorables à l'idée de "transparence" qui devrait accompagner a priori un engagement universel à ne laisser aucun pays de côté.

Plusieurs Etats, dont la Chine, la Russie ou certains pays du Golfe, se sont déjà lancés dans la "diplomatie du vaccin", mettant en avant leur production nationale ou facilitant un accès à des doses.

Dans ses discours, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres répète qu'avec la propagation du virus et de ses variants, la sécurité ne sera assurée que si tout le monde bénéficie de la même protection. Il appelle à ce que les vaccins deviennent un "bien public commun", sans réelle concrétisation jusqu'à présent.

Interrogé récemment sur le rôle de l'ONU dans l'établissement d'une sorte de "certificat de vaccination" qui ne puisse être contrefait, le porte-parole de l'Organisation, Stéphane Dujarric, a estimé qu'il y avait "le besoin d'une standardisation et d'une coordination internationales" à cet égard.

"L'autre chose préoccupante, c'est l'élément criminel. Des gens qui falsifient les certificats de vaccination ou, pire encore, qui donnent aux gens de faux vaccins", a-t-il ajouté, soulignant l'importance d'une "coopération internationale dans ce domaine".
 
AFP/VNA/CVN
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