06/06/2021 07:00
Ngô Tuyêt Mai enseigne l'anglais avec passion et officie aujourd'hui en tant que maître de conférences à l'université Flinders, en Australie. Elle y est même devenue le seul professeur asiatique du programme du Collège des arts, des sciences sociales et humaines.
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Ngô Tuyêt Mai, la seule enseignante d'origine asiatique à l’université Flinders, en Australie.
Photo : Vietnamnet/CVN

Le parcours académique et professionnel de Ngô Tuyêt Mai s’est réalisé entre le Vietnam et l’Australie. Diplômée de l’Université de Hanoï, elle a reçu une bourse du gouvernement australien en 1999-2000 pour un programme de maîtrise en enseignement de l’anglais à l’Université de Sydney.

Son diplôme en poche, elle retourna au Vietnam pour travailler au sein de l’université qui l’avait tout d’abord formée. Elle devint même cheffe du Département d’anglais, poste qu’elle occupa pendant cinq ans. Puis, elle décida de parfaire son cursus de nouveau en Australie avec un doctorat en éducation, cette fois-ci à l’Université de New South Wales. Elle revint ensuite à Hanoï pour prendre le poste de directrice du Centre d’éducation international de l’Université de Hanoï.

Mais Mai n’en avait pas encore terminé avec les études ! Elle décida en effet de repartir deux ans après en Australie pour une étude post-doctorale, toujours à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud.

C’est à la suite de ce nouveau diplôme qu’elle décida de rester en Australie : "Les Vietnamiens peuvent contribuer à la construction et au développement du pays, peu importe où ils vivent", a souligné Mai.

La seule enseignante titulaire d'origine asiatique

Ses diplômes et son expérience d’enseignement lui ouvrirent bientôt les portes de postes d’enseignant-titulaire. C’est comme cela qu’elle devint récemment senior lecturer (maître de conférences) au sein de l’Université Flinders.

Ngô Tuyêt Mai y enseigne notamment l’anglais aux futurs professeurs voulant enseigner cette langue aux non natifs. Pour obtenir ce poste, Mai a dû redoubler d’efforts : "Pour être admis dans une école australienne et occuper un poste permanent d’enseignant, votre CV doit tout d’abord surpasser ceux des autres candidats. Ensuite, lors de l’entrevue, il faut montrer, peut-être plus que les autres, que vous méritez le poste", a-t-elle partagé.

Ancienne élève du Lycée d’élite Hanoï-Amsterdam, Ngô Tuyêt Mai est spécialiste des méthodes d’apprentissage.
Photo : Vietnamnet/CVN

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi l’université devrait la choisir, elle a répondu qu’en plus de ses connaissances et de son expérience, elle a également de l’empathie et comprend les étudiants internationaux.

En plus de son parcours académique, Mai a déclaré qu’elle avait passé de nombreuses années à se former dans les méthodes d’enseignement, apprenant de conférenciers et professeurs reconnus. Ainsi, elle a suivi des conférences dans les universités de Sydney et de la Nouvelle-Galles du Sud, où elle a étudié respectivement pour une maîtrise et un doctorat.

"Assister aux conférences m’a aidé à saisir différentes approches et à apprendre beaucoup de professeurs expérimentés. Ce n’est qu’en comprenant bien l’environnement et le travail d’un conférencier en Australie que j’ai pu trouver ma propre approche pour apprendre et enseigner à mon tour", a-t-elle confié.

Sans doute que ses compétences dans les méthodes d’apprentissage ont eu une grande influence sur le jury pour faire d’elle la seule personne d’origine asiatique a obtenir un poste d’enseignant titulaire.

Apprendre l'anglais comme un plaisir

Ses méthodes d’enseignement se basent en effet prioritairement sur une interaction constante avec les étudiants : "J’essaie toujours d’apprendre et je renouvelle constamment mes cours. Je demande régulièrement des retours aux étudiants et ce tout au long du cours, pas seulement à la fin. Cela me permet de faire des ajustements si nécessaires", a-t-elle informé.

"Avant de commencer mes cours, je dis à mes étudiants que s’il y a quelque chose qu’ils ne comprennent pas, ils peuvent librement me le dire, pour que j’explique à nouveau de manière plus claire", a-t-elle ajouté.


En conséquence de cette ouverture, ses étudiants n’hésitent pas à partager leurs réflexions avec elle, ce qui rend ses cours plus ouverts et in fine plus enrichissants. Mai met les interactions entre les élèves au cœur de sa méthode d’apprentissage. 

Vivant aujourd’hui en Australie, elle n’en oublie pas pour autant son pays et l’apprentissage de l’anglais des jeunes vietnamiens. Depuis 2019, à chaque fois qu’elle revient au pays, elle organise des séminaires gratuits pour les professeurs d’anglais.

Alors que le COVID-19 l’ayant empêchée de revenir chez elle, Mai et ses collègues ont organisé des séminaires en ligne sur des sujets d’intérêt public, tels que "Aider les enseignants à alléger la charge de travail grâce à des solutions intelligentes" et "Améliorer l’enseignement d’anglais grâce à des méthodes d’enseignement attractives", etc.

Ancienne élève du lycée d’élite Hanoï-Amsterdam et spécialiste des méthodes d’apprentissage, elle constate que le gros problème au Vietnam est que les élèves, mais aussi les enseignants, sont constamment sous la pression des examens. Les jeunes étudiants doivent ainsi passer beaucoup de temps à réviser pour des examens de grammaire et de vocabulaire, perdant ainsi le plus souvent le plaisir de la communication au quotidien.

À son avis, l’apprentissage, d’une langue ou de tout autre sujet, doit d’abord être un plaisir. Le perfectionnement vient ensuite naturellement si le plaisir est présent dès le début. La maîtrise parfaite d’un sujet ne fait pas de quelqu’un un bon enseignant automatiquement. Les méthodes d’apprentissage et de langue sont aussi, voire plus importantes, que la maîtrise du sujet lui-même.

Le prestige du poste qu’occupe Mai aujourd’hui en Australie pourrait faire d’elle une personne-ressource importante pour le futur des méthodes d’apprentissage au Vietnam.         
         
Thúy Hà/CVN
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