31/01/2020 14:30
Rencontrer Trân Thanh Xuân Céline, c’est être frappé par son dynamisme et son amour pour la musique. À ses côtés, on découvre des pianistes et une méthode révolutionnaire inventée il y a plus de 100 ans par le compositeur suisse Emile Jaques-Dalcroze.
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Trân Thanh Xuân Céline joue du piano devant un public conquis.

Trân Thanh Xuân se prénomme depuis de nombreuses années Céline par amour de la langue française mais aussi pour la musicalité du prénom. Issue d’une famille de pianistes, elle a toujours vu ses aînés jouer de cet instrument.

Une passion inébranlable pour la musique

Quand elle était enfant, Céline adorait chanter en public et ne se lassait jamais d’écouter sa grande sœur jouer du piano. À ses côtés, son adolescence a été rythmée par la musique de tous types avec musique, avec une préférence pour la pop et le rock des années 90. Bref, la musique a toujours fait partie de sa vie ce qui l’entraînera tout naturellement au conservatoire de musique de Hô Chi Minh-Ville où elle reçut l’enseignement de ses modèles : les professeurs Trân Thanh Thao et Nguyên Ngoc Thuy Anh.

Élève brillante et passionnée, elle passa concours sur concours et décrocha la bourse universitaire de la Nanyang Academy of  Fine Arts de Singapour. Son ascension fut fulgurante puisqu’elle partit ensuite au Royal Collège of Music, au Royaume-Uni, sous la direction des professeurs Boris Kraljevic et Kathron Sturrock.

Trân Thanh Xuân Céline (gauche) et des amis musiciens.

De retour au Vietnam, elle se perfectionne et passe chaque jour trois heures derrière son piano. Elle écoute aussi beaucoup d’enregistrements de pianistes de renom. 

"J’aime beaucoup les interprétations de Dang Thái Son, de Sviatoslav Richter, de Claudio Arrau, de Martha Argerich mais aussi d’Evgeny Kissin, d’Andra Schiff et plus récemment de Daniil Trifonov, du Français Alexandre Kantorow et de Boris Gilburg", a précisé la jeune artiste.

Actuellement, elle est très occupée. En effet, elle donne souvent des récitals comme cela a été le cas tout récemment, pour les fêtes de fin d’année. Mais surtout, elle rédige un mémoire portant sur la méthode Dalcroze, pour apprendre et enseigner la gymnastique rythmique. 

Une pédagogie remarquable

Né en 1865 et mort en 1950, Émile Jaques-Dalcroze fut un homme aux multiples talents. Pianiste, compositeur, metteur en scène, il est considéré comme l’un des grands pédagogues du XXe siècle et ses idées ont marqué plusieurs disciples artistes.

Précurseur de la danse moderne, il a également exercé une influence considérable sur le jeu scénique et la mise en scène contemporaine. Passionné de musique et de pédagogie, il a remarqué que trop souvent, les musiciens se placent dans deux catégories : intellectuels ou créatifs.

À chacun, il manque quelque chose. Alors à la fin du XIXe siècle, il demanda à ses élèves d’enlever leurs chaussures (une révolution à l’époque), de pousser les tables, de poser les crayons et de se mettre en mouvement, car selon lui le corps doit être au centre de la musique. Cette méthode d’enseignement, qui s’applique non seulement à la musique mais à tous les arts, a séduit de très nombreux artistes et Xuân veut la populariser au Vietnam.

"La méthode Dalcroze est axée sur le plaisir : c’est apprendre en s’amusant et c’est ce qui m’intéresse le plus. Elle est aussi utilisée pour aider les personnes âgées, les malades ou les jeunes en rupture sociale", explique Trân Thanh Xuân Céline. C’est ainsi qu’elle a décidé de créer son centre de formation au Vietnam.

Une autre chose lui tient à cœur: écrire un livre pour développer le sens de l’improvisation chez les adultes débutants dans la musique. Elle va également enregistrer son premier album dans les jours à venir, où les valses de Frédéric Chopin et la Sonate en si mineur de Franz Liszt seront mises en lumière.

"J’ai vraiment hâte de mener à bien mes projets de 2020. Je souhaite avoir beaucoup de succès avec mes concerts et que le plus grand nombre puisse avoir accès à mes ouvrages", conclut cette passionnée de pianos Steinway & Sons.  Là-dessus, en guise d’au revoir, elle nous joue du Stravinsky, du Rachmaninov et même l’Avé Maria de Gounod. On est sous le charme et on sait qu’on reparlera d’elle très prochainement. 
 
Texte : Hervé Fayet/CVN
Photos : Trân Thanh Xuân Céline/CVN
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