15/01/2019 22:23
L’Agence française de presse (AFP) a récemment publié une vidéo sur le "village de l'encens" de Quang Phu Câu en banlieue de Hanoï.
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Une femme ramassant des bâtonnets d'encens séchés dans une cour du village de Quang Phu Câu.
Photo : Nguyêt Ta/CVN

Dans le "village de l'encens" du Vietnam, des dizaines de personnes travaillent dur pour sécher et tailler l'écorce de bambou afin de fabriquer des bâtonnets parfumés avant le Nouvel An lunaire.

C'est la période de l'année la plus chargée pour les artisans du village de Quang Phu Câu, à la périphérie de Hanoï, où les familles fabriquent de l'encens depuis plus d'un siècle, une source de fierté pour beaucoup.

"C'est un travail traditionnel et spirituel que de fabriquer ces bâtonnets", a déclaré Dang Thi Hoa, assis parmi des paquets d'encens rose vif séchant sous le soleil de l'après-midi.

Son village fait partie de ceux disséminés à travers le Vietnam qui continuent la fabrication traditionnelle, l’odeur de chaque lot étant adaptée aux goûts des régions dans lesquelles ils seront vendus.

Les ventes augmentent chaque année avant et pendant le Têt en février, lorsque des foules s'entassent dans les temples pour allumer de l'encens pendant le culte ou pour brûler des bâtonnets sur l'autel ancestral.

La famille de Hoa a commencé à fabriquer des bâtonnets il y a plus de 100 ans et sa mère y participe toujours ainsi que sa fille adolescente qui l’aide après l'école.

En vendant ses bâtonnets dans le Centre du Vietnam, Hoa peut gagner jusqu'à 430 dollars par mois avant le Têt, une somme rondelette dans un pays où le revenu mensuel moyen est de 195 dollars par habitant.

La plupart des ménages dans les allées de Quang Phu Câu pratiquent ce métier traditionnel.

Certains récoltent des planches de bambou pour les insérer dans une machine à tailler, d'autres plongent les minces morceaux dans des seaux de colorant rose, laissant des centaines de boisseaux aux couleurs vives étalés comme des bouquets dans les rues pour sécher.

Ensuite, les femmes portant des masques en tissu enduisent les bâtonnets séchés avec de la pâte d’encens aromatique avant de les sécher à nouveau et de les expédier pour les emballer.

Le travail est plus qu'une fierté pour beaucoup à Quang Phu Câu. Comme Hoa, beaucoup gagnent de l'argent en produisant de l'encens.

"Ce travail est un travail difficile, mais je gagne suffisamment d'argent pour élever deux de mes enfants en vue de devenir médecins", a déclaré Lê Thi Liêu en laissant sécher son encens. Cela dit, elle est heureuse que ses deux autres enfants aient décidé de travailler avec elle. "Il nous en faut au moins un pour hériter de ce métier", a ajouté Liêu.

NDEL/VNA/CVN
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