11/05/2019 19:39
La statue d'une esclave, achetée par deux frères bordelais au XVIIIe puis affranchie, était inaugurée vendredi 10 mai à Bordeaux en présence de sa descendante haïtienne, pas de plus dans la reconnaissance par la ville de son passé enrichi par l'esclavage.
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La statue représentant l'ancienne esclave Modeste Testas, du sculpteur haïtien Caymitte Woodly, est dévoilée à Bordeaux, le 10 mai.
Photo: AFP/VNA/CVN

La statue en bronze représentant, à échelle humaine, Modeste Testas (1765-1870), devait être dévoilée en fin d'après-midi par le maire (LR) Nicolas Florian et la haïtienne Lorraine Steed, sur un quai de Garonne au cœur de la ville, d'où partaient les bateaux des armateurs au plus fort de la splendeur commerciale - en grande partie négrière - de Bordeaux.

Modeste Testas, née Al Pouessi, avait été capturée adolescente en Afrique Orientale puis vendue à Pierre et François Testas, deux commerçants bordelais propriétaires d'une sucrerie sur l’île d'Haïti, alors Saint-Domingue.

François Testas emmena "Modeste" en 1795 aux États-Unis peu avant d'y décéder, lui octroyant par testament sa liberté et des terres à Saint-Domingue, où elle retourna vivre jusqu'à sa mort en 1870, à l'âge de 105 ans. Un des petits-fils de Modeste Testas, François Denys Légitime, fut président de la République d’Haïti de 1888 à 1889.

La statue, dans une pose mélancolique regardant vers l'estuaire de la Gironde, a été réalisée par un jeune sculpteur haïtien, Caymitte Woodly, dit Filipo, originaire de Port-au-Prince, dans un atelier girondin.

Inaugurée à l'occasion de la Journée nationale des Mémoire et de la traite de l'Esclavage, la statue "est un symbole fort (...). Il était important que cette œuvre témoigne du vécu d'une esclave au parcours exceptionnel, et en lien avec Bordeaux", a déclaré Marik Fetouh, adjoint au maire en charge de l’Égalité et de la Citoyenneté.

Après un buste de Toussaint Louverture, don d'Haïti inauguré en 2005, elle est désormais la deuxième statue commémorant l'esclavage à Bordeaux, mais beaucoup plus en vue que la première.

Bordeaux a progressé, ces dernières années, dans le travail mémoriel sur son passé négrier, avec des projets ou des réalisations déjà effectuées de plaques, "carré de la mémoire", site internet historique, etc.

La ville fut l'un des ports français qui bénéficia le plus de l'esclavage, avec jusqu'à 150.000 esclaves déportés par des armateurs bordelais entre les XVIIe et XIXe siècles.
 
AFP/VNA/CVN
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