24/09/2020 07:00
La mobilisation de fonds étrangers pour augmenter les capacités financières est toujours une des préoccupations des banques. Pourtant, la pandémie de COVID-19 ébranle cette tendance. De nombreuses banques annoncent leur décision d’arrêter d’élargir leur part de participation étrangère.
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Pour 2020, la Techcombank a fixé la part des acteurs étrangers à 22,5% de son capital statutaire contre 30% prévue auparavant. Chez HD Bank, ce taux a également été revu à la baisse, passant de 30% à 21,5%, la banque voulant saisir de meilleures opportunités lorsque la pandémie de COVID-19 sera sous contrôle intégral au niveau mondial. Une décision similaire a été prise par VPBank qui a décidé de réduire la participation des acteurs étrangers à 15%, contre 22,7% adoptée au début de l’année.
 
La HD Bank a réduit le taux de parts détenues par des acteurs étrangers de 30% à 21,5% cette année.
Photo : VNA/CVN

Jusqu’ici, conformément à la Loi sur les institutions de crédit et à l'arrêté gouvernemental N°01 de 2014, l’actuel taux d’actions des investisseurs stratégiques étrangers ne doit pas dépasser 20% du capital social d’un établissement de crédit national et plus de 30% chez une banque vietnamienne.
 
En vertu de la Loi sur la Bourse 2019 qui entrera en vigueur début 2021, le Comité d’État pour la Bourse prévoit de priver les banques du droit de décider elles-mêmes du taux de parts vendues aux acteurs étrangers. Cette proposition, avancée dans le pré-projet de l’arrêté soumis au gouvernement, suscite diverses opinions chez les banquiers et les experts.

Au dire des experts, le secteur bancaire reste sensible. Compte tenu de son poids dans l’indice national, une plus grande ouverture aux investisseurs étrangers doit être bien contrôlée afin d’éviter toute dérive négative.

Pourtant, selon les banquiers, le fait que les banques ne puissent décider du taux d’actions cédées aux acteurs étrangers risque de rendre plus difficile la recherche de partenaires stratégiques et l’élaboration de stratégies à long terme.
 
Engagement dans le cadre de l’EVFTA
 
D’ici à cinq ans, deux banques européennes pourront investir jusqu’à 49% dans le capital de certaines banques commerciales vietnamiennes, conformément aux engagements concernant le secteur financier de l’Accord de libre-échange Union européenne - Vietnam (EVFTA), qui est entré en vigueur le 1er août 2020.

Cependant, quatre banques n'y sont pas concernées et l’État devra toujours en détenir le plus grand nombre d’actions : Agribank, BIDV, Vietcombank et Vietinbank.

Alors, quelles banques commerciales vietnamiennes sont-elles les plus en vue? D’après les experts, les quatre établissements les plus rentables en tête de liste sont ACB, MB, Techcombank et VPBank. Ils sont suivis de près par cinq plus petites banques : HDBank, LienVietPostBank, SHB, TPBank et VIB.

Cependant, selon les économistes, il sera difficile pour les banques européennes de détenir jusqu’à 49% du capital d’une banque vietnamienne. Le Dr Lê Xuân Nghia, économiste expert du secteur bancaire, explique qu’après la crise financière de  2008, l’Union européenne (UE) a serré la vis aux investissements à l’étranger. Par conséquent, le drainage de capitaux directs de l’UE par les banques vietnamiennes ne serait potentiel que sur le moyen et long termes.

"Les banques en Europe ont pleinement répondu aux normes Bâle II, voire Bâle III. Les investisseurs européens ont également tendance à restructurer les grands groupes financiers et les banques en mettant l’accent sur l’amélioration de la qualité des actifs, et non l’élargissement, afin d’éviter les risques de crise. Ainsi, dans l’immédiat, je ne vois pas encore la possibilité pour les banques et les groupes financiers de l’UE de verser des capitaux au Vietnam", estime-t-il. "L’EVFTA permet aux banques et aux fonds de l’UE d’investir directement dans le système bancaire vietnamien, mais l’afflux de capitaux européens dans le pays est peu probable. Par conséquent, je pense que ce secteur national bénéficiera indirectement de cet accord", prévoit le Dr Lê Xuân Nghia.
 
À rappeler que les normes Bâle II (le second accord de Bâle) constituent un dispositif prudentiel destiné à mieux appréhender les risques bancaires, principalement le risque de crédit ou de contrepartie et les exigences, pour garantir un niveau minimum de capitaux propres, afin d’assurer la solidité financière. Bâle III constitue la troisième série d’accords établis par le Comité de Bâle, après ceux dits de Bâle I et de Bâle II. Cette fois, l’objectif est d’accroître la capacité de résilience (c’est-à-dire la capacité à s’adapter à la conjoncture) des grandes banques internationales.
                    
Thê Linh/CVN
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