12/10/2018 17:08
Le Sommet de la Francophonie à Erevan doit porter vendredi 12 octobre une Rwandaise, Louise Mushikiwabo, à la tête d'une organisation traditionnellement dirigée par des Africains, après une Canadienne.
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La Rwandaise Louise Mushikiwabo, candidate au poste de secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie, le 2 août.
Photo: AFP/VNA/CVN

Au deuxième et dernier jour de ce sommet, les États membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) choisissent une secrétaire générale entre Mme Mushikiwabo et la sortante canadienne Michaëlle Jean.

Il n'y a pas de suspense. Mme Michaëlle Jean, une Canadienne d'origine d'Haïti, a vu ses minces chances s'envoler quand le Canada et le Québec lui ont retiré leur soutien.

L'OIF réunit 84 États et gouvernements "ayant le français en partage", dont 26 observateurs et quatre "membres associés", un stade supérieur qui permet de participer à davantage de réunions mais sans cependant octroyer de droit de vote. L'Afrique regroupe 27 des 54 États membres ayant droit de vote.

La nomination acquise de Mme Mushikiwabo consacre le retour du continent à la tête de l'Organisation, qui avait toujours été dirigée par des Africains depuis sa création en 1970, et entérine son rôle incontournable de locomotive de la Francophonie.

"L'épicentre de la langue française est sans doute dans le bassin du fleuve Congo", a ainsi souligné jeudi le président français Emmanuel Macron.

Avec sa démographie dynamique, l'Afrique représentera 85% des francophones en 2050, sur un total de 700 millions, contre 274 millions aujourd'hui, selon l'OIF.

Quelques réserves

En 2014, à Dakar, Mme Jean avait battu une multitude de candidats africains qui ne parvenaient pas à s'entendre. Si certains gouvernements espéraient d'elle un renouveau de l'OIF, son bilan n'a pas nécessairement convaincu, surtout la France, premier contributeur au budget.

Son mandat a été par ailleurs marqué par des dépenses somptuaires, comme la rénovation de sa résidence officielle dans un quartier chic de Paris, pour quelque 330.000 euros selon la presse québécoise, aux frais des contribuables canadiens.

À Erevan, 26 chefs d'État et 3.500 délégués participent à ce XVIIe sommet de l'OIF.

Si le poste de secrétaire général est traditionnellement attribué par "consensus", la candidature Mme Mushikiwabo a suscité quelques réserves.

Le Rwanda a en effet remplacé le français par l'anglais en tant que langue obligatoire à l'école, et a rejoint le Commonwealth, pendant anglophone de l'OIF. C'est en anglais que le président rwandais Paul Kagame avait annoncé la candidature de sa ministre des Affaires étrangères.

Mais le plurilinguisme n'est pas contraire à la défense du français, a estimé M. Macron. "Le combat fondamental pour notre langue est un combat pour le plurilinguisme", a-t-il lancé.

Le président français est un fervent soutien de la candidature rwandaise, en dépit des débats sur la protection des droits fondamentaux au Rwanda. La Charte de l'OIF a en effet inscrit "le soutien aux droits de l'Homme" parmi ses missions premières.
 
AFP/VNA/CVN
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