28/09/2019 09:29
Le dossier sur l’artisanat des estampes populaires de Dông Hô sera présenté en 2023 à l’UNESCO pour une reconnaissance en tant que "patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente". Entretien avec Nguyên Thi Hiên, directrice adjointe de l’Institut national de la culture et des arts.
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Pourriez-vous nous préciser la nécessité d’une sauvegarde urgente de l’artisanat des estampes populaires de Dông Hô?

Ce métier d’art risque de tomber dans l’oubli. Comme vous le savez, à l’heure actuelle, le nombre d’artisans se réduit de manière alarmante. Seulement trois familles à Dông Hô vivent encore de ce métier, les autres se sont tournées vers la fabrication de papiers votifs.

De plus, les espaces d’exposition des estampes et la tradition des habitants locaux de les vendre au marché disparaissent, d’où un écoulement difficile des produits. La nouvelle orientation d’introduire les thèmes contemporains dans cet art donne un nouveau souffle, mais il faudra du temps pour que les imageries d’un nouveau type puissent conquérir le public.

Par ailleurs, les matières premières ne sont plus aussi abondantes qu’auparavant. Par exemple, il est difficile de trouver de l’écorce de Rhamnoneuron pour fabriquer le papier dó. L’étape de transformation des poudres de coquillages mélangés avec de la colle de pâte de riz pour la production du papier diêp reste exigeante. Pour finir, l’exploitation des graviers rouges, des fleurs de Sophora japonica, etc. pour l’obtention de couleurs naturelles devient de plus en plus difficile.

Terre natale de ce métier, la province de Bac Ninh (Nord) a proposé quelles mesures pour le préserver?

En décembre prochain, nous achèverons le dossier. Après sa soumission au Conseil national des patrimoines puis au Premier ministre Nguyên Xuân Phuc, il sera envoyé en 2023 à l’UNESCO en vue d’une reconnaissance en tant que "patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente".

Nous avons introduit dans ce dossier le projet de construction d’un musée dédié à cet art, chapeauté par la province de Bac Ninh. Ces travaux sont en cours sur un terrain qui fut autrefois le marché des estampes populaires de Dông Hô, à proximité de la maison commune. Ce musée, outre sa fonction majeure d’exposition, devrait devenir une destination touristique, un lieu de promotion de cet art et d’organisation de cours thématiques pour les enfants.

Fabrication d’estampes populaires de Dông Hô. Photo: VNA/CVN

Une fois que ce métier est honoré par l’UNESCO, connaîtra-t-il une renaissance?

Si c’est le cas, les estampes populaires de Dông Hô auront l’occasion de se faire connaître davantage aux niveaux national et international. Mais, la question qui se pose, c’est comment faire pour élever la conscience de la communauté sur la nécessité de préserver et de mettre en valeur  ce patrimoine. C’est cela le plus important.

Après Dông Hô, votre institut pensera-t-il à faire de même avec d’autres artisanats d’estampes populaires dont ceux de Hàng Trông, de Kim Hoàng et du village de Sinh?

Actuellement, à  Hàng Trông et Kim Hoàng, la  transmission aux générations futures se fait difficilement. Chaque type d’art a ses propres caractéristiques, mais l’élaboration d'un dossier dépend de différents acteurs: artisans, villageois, autorités locales... Autrement dit, un individu ou une organisation ne peut pas élaborer de son propre chef un dossier. Il faut prendre en compte les aspirations de la communauté dépositaire de ce métier et suivre le processus d’évaluation et d’examen du gouvernement vietnamien ainsi que de l’UNESCO.

Huy Hang - Linh Thao/CVN

 

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