22/10/2021 21:47
Nommée Professeure agrégée à l’âge de 34 ans, Lê Thi Huong est parmi ceux les moins âgés reconnus en 2020. Sa centaine de travaux de recherche publiés en dit long sur sa passion pour la flore.
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La Professeure agrégée Lê Thi Huong. Photo : VTC/CVN
Elle est jeune et belle, la Professeure agrégée en biologie végétale Lê Thi Huong. Elle enseigne à l’Université de Vinh, à Nghê An, et son mari, le Docteur Dô Ngoc Dài, travaille en tant que professeur à l’Université de l’économie de cette province du Centre.

Une vie entière attachée aux forêts

Après le bac, Lê Thi Huong a choisi d’entrer à l’Université de Vinh pour un cursus de formation de professeurs de biologie. Et de rêver de devenir enseignante de lycée. "En 2e année universitaire, j’étais très impressionnée par le cours sur la biologie végétale donné par le Docteur Pham Hông Bang. Je découvrais le monde de la flore multiforme, varié et d’une haute valeur pour l’humanité", se rappelle-t-elle. Et d’avouer que lors des heures de pratique en laboratoire, un chercheur en train de faire ses études postuniversitaires l’a motivée. "Incitée par son savoir-faire, j’ai demandé d’assister à ses travaux de recherche, sans savoir qu’il deviendrait plus tard mon mari", confie-t-elle avec un léger sourire.

Ses études universitaires terminées, Huong a poursuivi ses études postuniversitaires, avant de devenir professeur de biologie végétale à l’Université de Vinh. Après le mariage unissant les deux scientifiques Lê Thi Huong et Dô Ngoc Dài, le mari s’est porté volontaire pour partir pour la Réserve nationale de biosphère de la région montagneuse de Nghê An, frontalière du Laos. Là, il a effectué des recherches scientifiques. "Tous les weekends, après les cours donnés à l’université, je me rendais dans la Réserve nationale afin de me joindre aux travaux de mon mari", raconte-t-elle.

Pour elle, la vie du jeune couple est liée étroitement aux forêts de Nghê An. "Là, existent trois réserves naturelles : Pù Mát, Pù Hoat et Pù Huông qui renferment une grande biodiversité, floristique surtout. Moi, je me focalise sur la Réserve naturelle de Pù Hoat qui, créée en 2013, semble ne pas être visée par les scientifiques", explique-t-elle. Durant dix ans, les deux époux passionnés de biologie végétale ont réalisé plusieurs sujets de recherches scientifiques, sans penser à acquérir un appartement. "La vie était alors difficile. Nous et nos deux enfants, nous logions dans un appartement de 25 m².  Nous réservions une part du salaire à la réalisation de tel ou tel travail de recherche non financé par l’État".

Récemment, la jeune Professeure agrégée a informé qu’avec des économies, elle et son mari ont acheté une maison. Des récompenses dignes d’estime. 

Des découvertes scientifiques applicables

À l’âge de 34 ans, la jeune Professeure a à son actif plus d’une centaine d’écrits concernant divers sujets de recherches publiés dans la presse internationale (70 écrits) et nationale (une trentaine). "Ces découvertes scientifiques ne sont pas à moi seule, mais reviennent à tout le groupe de chercheurs, indique avec modestie Lê Thi Huong. Ces derniers temps, nos sujets de recherches abordaient pour la plupart les essences végétales, un produit précieux et de haute valeur utilisable".

Pour la jeune chercheuse, la région montagneuse et forestière de Nghê An renferme nombre d’aspects dignes d’être étudiées, par exemple le tapis végétal dans la Réserve naturelle de Pù Hoat, la plante à un cotylédon, les filicales (ordre des fougères) ... "Mon mari et moi avons découvert trois variétés distinctes de +théiers aux fleurs jaunes+ de haute valeur économique. Nous avons entamé un sujet de recherche afin d’évaluer la qualité de chaque variété, avant de les développer et de leur donner une marque commerciale", s’enthousiasme-t-elle.

Huong cherche dans la forêt des échantillons au service de ses études.
Photo : CTV/CVN 

D’après Huong, les travaux de recherche de son groupe observent strictement cette devise : les découvertes scientifiques doivent trouver une application dans la société, au lieu de servir exclusivement à la conservation seulement. "Une devise réaliste qui nous permet de créer des produits de marque, avant d’appeler les investissements et de transférer les technologies pour une production sur une grande échelle". Parlant de son processus de soutien de son titre de Professeur agrégé auquel elle a décidé de prendre part "en dernière minute", Huong raconte que c’était début mai 2019. "J’ai été la dernière à poser ma candidature au Conseil des Professeurs de l’université", raconte-t-elle.

À l’ordinaire, la liste annuelle des candidats de doctorat doit être conclue en avril. Mais, à cause de la pandémie de COVID-19, on a décidé cette année-là de la différer en mai. "Encouragée par la Direction de mon université, j’ai posé ma candidature, sachant que j’aurais à accélérer pour atteindre les critères nécessaires dont des sujets de recherche ratifiés. À ce moment-là, j’avais encore un sujet de recherche sur le point d’être examiné", explique la jeune Prof.

Afin de préparer son dossier de candidature doctorale, Huong a dû alors "prendre ses jambes à son cou". Sans oublier des cours à donner régulièrement à l’université. À cela venait s’ajouter cet incident intervenu début mars 2019, où elle a été hospitalisée à cause d’une attaque d’apoplexie.

Selon elle, au cours du processus de défense du titre de Professeur agrégé, le dossier de candidature doit être soumis à trois Conseils de Professeurs : celui au niveau de l’université, celui de la branche de biologie, et celui de l’État. Et la réussite d’un candidat réside certainement dans son talent, sa passion et ses efforts inlassables.

Nghia Ðàn/CVN

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