21/06/2014 16:57
Ces dernières années, les provinces du Tây Nguyên ont obtenu des résultats encourageants dans l’édification de la Nouvelle ruralité. Il reste néanmoins du travail à accomplir sur les hauts plateaux du Centre, à commencer par l’aménagement des ouvrages hydrauliques.

>>Mieux exploiter les ouvrages hydrauliques à Gia Lai

Avec deux millions d’hectares de terre rouge, le Tây Nguyên (hauts plateaux du Centre) - qui comprend les provinces de Dak Lak, Dak Nông, Lâm Dông, Gia Lai et Kon Tum - dispose d’un immense potentiel en termes de développement sylvicole et agricole. Plusieurs localités ont créé de vastes plantations de caféiers, d’hévéas et de poivriers, lesquelles génèrent des revenus assez élevés pour les paysans.

Grâce à l’application de hautes technologies dans la production agricole, le revenu moyen à l’hectare des zones cultivées dans les provinces comme Lâm Dông, Gia Lai, Dak Lak est de l’ordre de 120 millions (environ 6.000 dollars), voire 300 millions de dôngs (près de 15.000 dollars).

Le Tây Nguyên dispose d’un immense potentiel en termes de développement sylvicole et agricole. Photo : Ngoc Hà/VNA/CVN


La province de Lâm Dông par exemple dispose de 35.000 ha de terres réservées à la production agricole appliquant de hautes technologies et spécialisées, pour l’essentiel, dans la caféiculture, la floriculture, la culture maraîchère... Plus de 15.000 ha génèrent un revenu annuel de 250 à 500 millions de dôngs à l’hectare, et plus de 10.000 ha un revenu de 500 millions à un milliard de dôngs par ha et par an.

Selon le Département de la culture (ministère de l’Agriculture et du Développement rural), en 2013, la superficie de caféiers des provinces du Tây Nguyên se montait à 555.127 ha, avec un rendement moyen de 2,5 ton-nes à l’hectare, permettant au Vietnam de devenir le premier exportateur mondial de café devant le Brésil.

Ouvrages hydrauliques : un rôle vital

Le Tây Nguyên compte aussi plus de 30.000 ha de poivriers donnant 66.000 tonnes à l’hectare, soit 48% de la superficie et 53,4% de la production poivrière du pays.

Gâté par la nature avec des conditions pédoclimatiques idéales, le Tây Nguyên a aussi misé sur les progrès techno-scientifiques et sur le développement des infrastructures agricoles pour en arriver là. Les localités ont investi dans la construction et la réfection de milliers de kilomètres de voies de communication rurales, de centaines de ponts et de transformateurs électriques.

Selon le Comité de pilotage du Tây Nguyên, les provinces de la région ont aujourd’hui à leur disposition plus de 2.261 ouvrages hydrauliques dont 1.150 lacs réservoirs, 942 barrages, 114 stations de pompage... Les lacs réservoirs du Tây Nguyên sont pour la plupart limités et servent à des usages ciblés géographiquement parlant. Réunis, ils ont une capacité totale de stockage de 1,12 milliard de mètres cubes, ce qui est finalement peu au regard de ce qu’il faudrait dans l’idéal.

Dans la province de Lâm Dông, grâce aux contributions des habitants, la province a construit et remis en état 145 ouvrages hydrauliques, permettant d’élever la superficie de culture irriguée à 53% des terres arables qu’elle possède.

Dans son objectif d’édification de la Nouvelle ruralité, la province de Dak Lak a construit ces dernières années 100 ouvrages hydrauliques, portant le total de la province à 665, lesquels autorisent l’irrigation de 221.000 ha de cultures.

La problématique de l’eau

Étant une région agricole dépourvue de réseau fluvial dense, à quoi vient se greffer une saison sèche prolongée, l’eau au service de la production agricole est devenue un grand défi pour les provinces du Tây Nguyên dans son développement socioéconomique et ses objectifs d’édification de la Nouvelle ruralité.

Le barrage Dak Uy dans la province de Kon Tum. Photo : Lê Lâm/VNA/CVN


«Compte tenu de ces données, le Tây Nguyên doit se focaliser sur les ouvrages hydrauliques pour développer la production agricole et édifier la Nouvelle ruralité avec succès», partage le Docteur Nguyên Xuân Cuong, chef adjoint du Comité de l’économie du Comité central du Parti communiste du Vietnam.

Selon Nguyên Xuân Cuong, si le niveau des nappes phréatiques a tendance à baisser, c’est tant en raison des conséquences du changement climatique que des méthodes agricoles. C’est pourquoi, les ouvrages hydrauliques jouent un rôle prépondérant dans l’irrigation des terres arables de la région. Problème, dans le Tây Nguyên, ces derniers sont souvent restreints. Le réseau de canaux, insuffisant, ne satisfait toujours pas aux exigences de la culture intensive. De plus, la majorité de ces ouvrages ont été construits il y a plus d’une vingtaine d’années, nécessitant des travaux d’entretien parfois coûteux et pas toujours réalisés de manière pertinente, la faute au faible niveau de compétences des gestionnaires et techniciens en poste.

Face à cette situation, dans l’attente d’investisseurs providentiels, les provinces du Tây Nguyên s’efforcent de changer la donne en optimisant l’exploitation des ouvrages hydrauliques disponibles. Les cinq provinces du Tây Nguyên ont créé des modèles d’utilisation raisonnée de l’eau. Leurs autorités ont attiré l’attention des habitants qui ont contribué à l’application des avancées techno-scientifiques dans la gestion, l’exploitation des ouvrages hydrauliques au service de la production agricole, notamment avec la plantation d’arbres industriels de haute valeur économique.

On peut noter également le modèle d’économie d’eau pour les plantations de caféiers dans la commune d’Eatul, district de Cu M’gar, province de Dak Lak. Les communes de Buôn Tria, district de Lak et de Dur Kmal, district de Krông Anna, ont de leur côté investi dans des stations de pompage électrique en lieu et place de celles à diesel, permettant d’irriguer efficacement les cultures tout en réduisant les frais de production. Même si ces projets sont loin d’être généralisés, ils témoignent de la volonté commune des autorités et des agriculteurs de parvenir à ce qu’il convient de nommer la Révolution verte.

Huong Linh/CVN

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