25/11/2019 15:53
Une portion de viaduc autoroutier s'est effondrée dimanche 24 novembre dans le Nord de l'Italie, en raison apparemment des intenses intempéries qui frappent la région, où une femme a trouvé la mort dans sa voiture emportée par une rivière en crue, et qui ont provoqué une nouvelle montée des eaux à Venise.

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L'effondrement d'une section d'un viaduc de l'A6 entre Savone et Turin, après un glissement de terrain, le 24 novembre. Photo : AFP/VNA/CVN


L’écroulement du viaduc n'a, a priori, pas fait de blessés.

Des images, diffusées par les médias italiens, montrent un trou béant d'environ 30 mètres au milieu d'un viaduc de l'A6 entre Turin et Savone (Ligurie), désormais coupé en deux. Le tronçon effondré de cette autoroute, qui rejoint la France, a été traversé par une immense coulée de boue.

L'effondrement est sans doute lié à un glissement de terrain depuis la montagne, selon les médias.

Les forces de l'ordre n'ont pas retrouvé de blessés en arrivant sur place, et le président de la région Ligurie, Giovanni Toti, a déclaré sur Facebook "espérer de tout coeur" que la situation en resterait là.

Un hélicoptère devait néanmoins survoler les lieux et des équipes cynophiles ont été dépêchées sur place pour assurer que des véhicules n'ont pas été entraînés plus loin ou recouverts par la boue.

L'évènement a aussitôt ravivé le souvenir encore douloureux en Italie de l'effondrement du pont Morandi à Gênes, à une cinquantaine de km de là, qui avait fait 43 morts en août 2018.

L'Agence régionale pour l'environnement de Ligurie (Arpal) a toutefois indiqué que l'épisode d'intenses précipitations "était en phase d'atténuation" et que l'alerte rouge avait été levée dans la région à 15h00 locales (14h00 GMT).

Dans le Piémont voisin, c'est une femme de 52 ans qui a trouvé la mort dans sa voiture emportée par une rivière en crue. Après plusieurs heures de recherches, son corps a été retrouvé à bord du véhicule, dont les deux autres occupants étaient parvenus à s'extraire à temps, selon les médias.

Nouvelle "acqua alta" 

Le Pô, grand fleuve qui irrigue le Nord de l'Italie, avait atteint dimanche la cote d'alerte en divers points du Piémont.

 

Pompiers dans une rue inondée du village de Carde, au sud de Turin, le 24 novembre. Photo : AFP/VNA/CVN


La situation était aussi critique dans la région d'Alessandria (sud de Turin) où 200 personnes ont dû être évacuées et 600 sont isolées après le débordement de plusieurs cours d'eau.

Plus au nord, dans le Val d'Aoste, 500 personnes ont également été évacuées après la fermeture de plusieurs axes régionaux en raison d'importants risques d'avalanches.

Dix jours après une série de marées hautes inédite depuis plusieurs décennies, Venise a connu une nouvelle "acqua alta" dimanche matin 24 novembre avec un pic à 130 cm, loin des 187 cm historiques (plus haut niveau depuis 1966) du 12 novembre qui avaient dévasté la ville. L'eau avait déjà nettement baissé à la mi-journée.

Les dégâts provoqués par cette série d'inondations dans la Sérénissisme sont encore difficile à chiffrer avec précision mais selon les premières estimations des autorités, citées par les médias, les demandes de dommages et intérêts pourraient atteindre un milliard d'euros.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans l'après-midi à l'appel du collectif "No Grandi Navi" (Non aux grands navires) pour dénoncer l'inaction des autorités face aux calamités qui menacent ce joyau classé au patrimoine mondial de l'Unesco, a constaté une journaliste d'AFP-TV.

"Sauvons Venise des paquebots, du MOSE, du changement climatique et de son maire" était le mot d'ordre de ce rassemblement dont les organisateurs réclament depuis des années l'interdiction pour les navires de croisière de circuler dans la lagune.

"Les Vénitiens viennent de subir une blessure profonde, l'inondation de ces derniers jours a mis cette ville à genou et révélé au monde son extrême fragilité", a déclaré Enrico Palazzi, militant de "No Grandi Navi". "Nous sommes là pour dire qu'il existe des citoyens qui veulent une attention différente envers un territoire unique au monde et tellement fragile", a ajouté ce Vénitien.

Les manifestants exigent aussi un moratoire sur le projet MOSE (Moïse en italien, mais ici acronyme de Module expérimental électromécanique), un système anti-inondation toujours en construction depuis 2003.


AFP/VNA/CVN

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