19/03/2019 10:43
Réunis à Bakou, en Azerbaïdjan, les pays membres de l'OPEP et dix États alliés ont assuré lundi 18 mars vouloir attendre fin juin pour décider d'une éventuelle prolongation de l'accord d'encadrement de la production de pétrole.
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Conférence de presse de fin de réunion des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d'autres pays pétroliers, le 18 mars à Bakou. Photo: AFP/VNA/CVN

Dans un communiqué, le comité ministériel de suivi OPEP et non - OPEP (JMMC) a recommandé d'annuler la prochaine réunion des ministres de l'OPEP prévue en avril et d'attendre la conférence du 25 juin "au cours de laquelle une décision sera prise sur l'objectif de production pour la deuxième moitié de 2019". Le comité - qui n'a pas de pouvoir décisionnaire - souhaiterait organiser à la place une nouvelle réunion de format JMMC, donc en comité élargi, au mois de mai à Jeddah, en Arabie saoudite. "Les fondamentaux du marché ne changeront probablement pas dans les deux prochains mois", a indiqué le JMMC pour expliquer cette décision.

À l'ouverture de la réunion du comité ministériel de suivi OPEP et non-OPEP, dans un hôtel du centre de Bakou, le ministre saoudien de l'Énergie, Khaled al-Faleh, avait pour sa part estimé que "les fondamentaux du marché s'améliorent lentement" même si "beaucoup de travail doit encore être fait" pour atteindre les objectifs. Pointant du doigt un surplus de l'offre, des stocks trop abondants et de faibles investissements dans le secteur du pétrole, le ministre a indiqué qu'il était "plus important que jamais de continuer à coopérer" entre pays producteurs de pétrole. "Mes collègues m'assurent qu'ils se conformeront pleinement (à l'accord de réduction de la production, ndlr) ou même davantage que demandé dans les semaines à venir", a-t-il ajouté.

Le ministre russe de l'Énergie, Alexandre Novak, est reparti de Bakou dès dimanche soir après avoir participé à ces réunions. Il a indiqué qu'il était difficile de planifier la production des mois à l'avance à cause de la volatilité provoquée par les sanctions américaines contre l'Iran et le Venezuela, deux importants producteurs. "Nous devons prendre en compte ces incertitudes pour prendre des décisions sur le marché", a déclaré dimanche 17 mars M. Novak, dont le pays est le chef de file des producteurs non membres de l'OPEP.

"Institutionnaliser" l'alliance Opep+

Les mesures actuelles de limitation de la production, dans cette alliance informelle entre l'OPEP et dix autres pays producteurs baptisée "OPEP +", sont valides jusqu'en juin et ont été renforcées en décembre. Les pays de l'alliance se sont engagés à réduire leur production de 1,2 million de barils par jour afin de soutenir les prix du brut. "Institutionnaliser un cadre pour une coopération à plus long terme entre OPEP et non- OPEP est très important stratégiquement, et plus important que jamais" pour "éviter de répéter la tourmente qui a secoué le marché en 2014", a déclaré le ministre saoudien. À ce sujet, il a noté des progrès et indiqué qu'une charte serait présentée aux ministres concernés "dans les prochaines semaines".

Le pacte conclu fin 2016 entre l'Organisation et les dix autres pays non membres avait permis de stabiliser le marché après un effondrement des prix. Le prix moyen du baril en 2016 était autour de 40 dollars mais le cours s'est depuis nettement repris. En 2018, le prix moyen du baril approchait les 70 dollars.  En outre, l'accord a redonné du lustre à l' OPEP au moment où elle semblait en perte de vitesse, et permis à la Russie de gagner de l'influence en devenant de facto l'arbitre du marché pétrolier.

À partir d'avril, les entreprises et citoyens américains n'auront plus le droit d'acheter du pétrole au Venezuela, alors que Washington cherche à isoler le régime de Nicolas Maduro. Les États-Unis ont aussi réintroduit des sanctions contre l'Iran qui avaient été précédemment levées en vertu de l'accord sur le nucléaire iranien. Donald Trump a toutefois appelé l'OPEP a prendre des mesures pour baisser les prix. "Les prix du pétrole montent trop. L'OPEP, s'il vous plaît (...) gardez votre calme", a-t-il twitté fin février, provoquant une brusque baisse des cours.

Si l'Azerbaïdjan a déjà profité de sa participation à l'accord OPEP + pour resserrer ses relations avec l'Arabie saoudite, il compte profiter de l'évènement de lundi pour attirer des investissements, nécessaires à la modernisation de son industrie vieillissante. Le budget de cet État du Caucase dépend largement des recettes d'hydrocarbures, qui composent la majeure partie de ses exportations.

AFP/VNA/CVN


 
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