13/06/2020 07:35
Partons à la découverte d’une classe qui flotte au milieu d’un lac-réservoir, où l’enseignant est un bonze dévoué et ses élèves, des enfants de pêcheurs démunis !
>>Un ouvrier donne des cours gratuits aux enfants défavorisés
>>Quand des enseignants luttent contre la déscolarisation
>>Cours gratuits pour enfants démunis

L’embarcation est le seul moyen de se rendre en classe. Photo : PL/CVN

De bon matin sur le lac-réservoir de Tri An, des canots transportant chacun trois ou quatre élèves se dirigent vers un radeau en bois situé au milieu du plan d’eau.

Les enfants s’y rejoignent et jouent avant le début du cours. Après leur avoir demandé de ne pas courir ni sauter, le bonze Thich Chon Nguyên informe qu’actuellement le niveau d’eau est élevé, des élèves viennent en classe avec six canots, fournis par ses soins. Chaque jour, ce bonze-enseignant de 41 ans vaque à ses occupations dans  la pagode locale de Liên Son avant de se rendre en classe.

Selon ses propos, la plupart des élèves sont des enfants de pêcheurs en situation de précarité de la commune de Thanh Son, district de Dinh Quan, province de Dông Nai (Sud). Tous sont nés et ont grandi sur des maisons flottantes. Très tôt, ils ont appris à pêcher et ont rarement touché un livre ou un stylo. "La vie de ces enfants est entièrement consacrée à la pêche. Leurs familles ont du mal à joindre les deux bouts, c’est pour cela la scolarisation de leurs enfants est un luxe. Ma mission est de leur donner les bases pour une vie meilleure", a partagé le bonze Thich Chon Nguyên.

"Au début, j’ai enseigné à cinq enfants dans la maison flottante d’une des familles. Puis,  d’autres sont venus. J’ai alors acheté un radeau plus grand pour ouvrir cette classe", a-t-il raconté.

Inculquer les bases pour une vie meilleure

Cette classe flottante, qui  compte  plus de 20 élèves  âgés de 6 à 15 ans,   se tient du mardi au dimanche, toute la journée. Le week-end, une enseignante de Hô Chi Minh-Ville vient l’aider.

En plus de l’enseignement, le bonze prépare aussi le déjeuner des élèves. Après la sieste, la classe reprend et se termine vers 16h00. Tous les frais - livres, repas et consultations médicales - sont pris en charge par le bonze et des donateurs.

L’enseignant doit adapter les leçons en fonction de l’âge et du niveau des élèves. "J’enseigne selon leurs aptitudes. La chose la plus importante est leur capacité d’intégration et d’acquisition des connaissances. Je ne leur donne pas de tests chaque semaine ou chaque mois mais je les évalue tous les jours... Ils apprennent très vite", a exprimé le bonze-enseignant.

Nguyên Van Nam, 15 ans, est l’un des premiers de la classe. "Je suis heureux de suivre ce cours. Notre enseignant est dévoué  et nous explique tout ce que nous ne comprenons pas", a partagé le garçon. Avant d’ajouter : "Je veux apprendre à lire et à écrire pour pouvoir trouver un emploi dans une usine". 

Les règles de savoir-vivre

Le bonze-enseignant Thich Chon Nguyên apprend aux enfants de pêcheurs.

Photo : PL/CVN

En parallèle de l’alphabétisation, deux fois par mois à la pagode, le bonze leur enseigne les règles de savoir-vivre. Selon lui, elles sont très importantes pour ces enfants qui vivent en vase clos sur des radeaux. 
   
"J’essaie de trouver des méthodes pertinentes en fonction de la psychologie de chacun et de leur situation familiale. Je garde toujours à l’esprit que je leur enseigne non seulement des connaissances, mais aussi des règles de savoir-vivre qui leur seront utiles pour leur vie actuelle et future", a-t-il souligné.

Après un certain temps, la plupart des enfants peuvent lire, écrire et faire des opérations élémentaires. Ensuite, ils peuvent continuer à apprendre ou chercher un emploi s’ils le souhaitent.

"En raison de la situation particulière des élèves, beaucoup ne peuvent pas se rendre en classe tous les jours ou faire leurs devoirs. En effet, après les cours, beaucoup vont pêcher avec leurs parents. Certains parents n’autorisent pas leurs enfants à aller à l’école parce qu’ils doivent les aider dans leur labeur quotidien, a fait savoir le bonze. Je dois leur offrir du riz pour qu’ils laissent leurs enfants revenir en classe”. 

"Je considère ces élèves comme mes enfants. Je leur demande de respecter les règles en classe, comme ne pas dire des grossièretés ou veiller à maintenir la classe propre et bien rangée…", a informé le bonze.

Ces cours gratuits sont non seulement accessibles aux enfants des pêcheurs, mais aussi aux adultes. La classe a compté jusqu’à 70 élèves de différents groupes d’âges, qui ont dû être divisés en trois groupes sur trois radeaux. Des gardes-forestiers de la Reserve naturelle de Dông Nai ont  aidé le bonze  philanthrope à enseigner aux adultes. En dehors de l’alphabétisation, le bonze  envisage d’aider les pêcheurs du 5e hameau, commune de Thanh Son, à trouver des moyens d’améliorer leur quotidien.

Chaque jour, une fois la classe terminée, les élèves remontent sur les canots qui les ramènent chez eux. Le bonze, lui, prend le chemin de sa chère pagode. C’est le moment où le soleil déclinant vient répandre sur le lac immense sa lumière dorée. Et le cœur du moine se remplit de joie, celle d’avoir vécu une nouvelle journée au service des autres.

Huong Linh/CVN
 
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
L’originalité de la course de chevaux de Bac Hà à Lào Cai

Un champ d’ananas pour affoler son compteur de Hormis les cavernes Mua ou Tam Côc - Bich Dông, la province de Ninh Binh abrite également une nouvelle destination attirant les visiteurs. Il s’agit d’un champ d’ananas dans la ville de Tam Diêp.