23/08/2014 14:08
L’ONG «Aide à l’enfance du Vietnam» est connue en France comme au Vietnam. Sa fondatrice est Mme Lê Kim Ngoc, professeur et docteur en biologie de renommée mondiale. Son voeu le plus cher : «Créer plus de Villages SOS pour les enfants vietnamiens malheureux».

Madame le professeur Lê Kim Ngoc. Photo : CTV/CVN

Fondée en 1970, Aide à l’enfance du Vietnam (AEVN) est membre de la Fédération internationale des Villages d’enfants SOS. Sa mission est de contribuer à la réalisation de projets pour les enfants vietnamiens, au Vietnam, en France et dans d’autres pays. Ses principales réalisations sont les Villages d’enfants SOS de Dà Lat (créé en 1989, hauts plateaux du Centre), Go Vâp (en 1999, Hô Chi Minh-Ville) et Dông Hoi (en 2006, province de Quang Binh, Centre), ainsi que le Village d’enfants SOS et le Centre de formation professionnelle de Thuy Xuân, à Huê (Centre).

AEVN rassemble plus de 400 membres, des Français surtout. Grâce à cette organisation, chaque enfant a la chance de pouvoir devenir un citoyen acteur du développement de son pays.

L’amour d’autrui qui l’emporte

Questionnée sur sa motivation, la réponse de sa fondatrice Lê Kim Ngoc est simple : «Cette idée m’est venue pendant la guerre. J’ai eu le cœur serré devant les images d’enfants orphelins et sans toit. J’ai voulu faire quelque chose pour leur permettre de vivre leur enfance, sous la protection des mères volontaires».

 

Madame le professeur Lê Kim Ngoc entourée d’enfants orphelins. Photo : CTV/CVN


À 79 ans, Lê Kim Ngoc respire toujours le dynamisme. Taille svelte, cheveux blancs, visage souriant, douceur féminine, elle parle avec allant de ses projets en faveur des enfants vietnamiens. «AEVN est une organisation non gouvernementale. Pour recueillir des fonds, les membres versent une cotisation et réalisent des petits boulots comme la confection et la vente des cartes de Noël ou du Nouvel An», explique-t-elle. À la fin des années 1970, à son initiative, des dizaines de membres ont bravé l’hiver pour aller vendre en soirée des cartes de voeux de Noël à la sortie des églises. Chaque liasse de dix cartes donnait un dollar de bénéfice. Grâce à quoi AEVN a pu enfin édifier ces villages SOS, d’un coût unitaire d’un million de dollars. Sans oublier l’enveloppe annuelle pour leur fonctionnement, de l’ordre de 200.000 dollars par an. «L’argent et l’honneur, ça peut partir en fumée. Seuls la compassion et l’amour d’autrui ont une valeur éternelle», considère Lê Kim Ngoc.

Simplicité et grandeur d’âme

Originaire de la province de Vinh Long, dans le delta du Mékong (Sud), Lê Kim Ngoc a passé sa scolarité à Saigon (Hô Chi Minh-Ville actuellement). Après le bac en 1953, elle a obtenu une bourse pour des études universitaires à la Sorbonne, spécialisation sciences naturelles. Diplômée avec Mention bien, la jeune Vietnamienne a poursuivi un doctorat au CNRS. Et de consacrer depuis toute sa vie aux sciences et biotechnologies.

Lê Kim Ngoc est bien connue pour ses travaux, dont notamment le «Thin Cell Layer – TCL», une découverte importante qui a ouvert une révolution dans le domaine de la biologie végétale, dans la décennie 1970. À maintes reprises, la presse française a honoré la savante vietnamienne et sa création inédite. Elle est l’auteur d’une centaine de travaux scientifiques publiés dans des revues et journaux comme Le Monde, Paris Match, Sciences et Avenir… (France), Nature (Grande-Bretagne). Sans oublier diverses publications de grandes Maisons d’éditions comme Springger-Verlag, Kluwer Academic Publishes, Plenum Press, Encyclopedia Universalis, Hachette, Gamillard, Scientific Americain…

Son mari, le professeur de physique Trân Thanh Vân, est lui aussi une célébrité mondiale, avec son actif plus de 300 travaux de recherches scientifiques et 115 livres en physique des particules. Ce Viêt kiêu originaire de Quang Binh est membre de l’Ordre de la Légion d’honneur et Académicien d’honneur de l’Académie russe.

Les deux époux Viêt kiêu partagent la même passion pour les activités caritatives et ont contribué au fonds d’encouragement d’études au profit des enfants déshérités. Maintes fois, ils se sont vu décerner des satisfecit du gouvernement vietnamien, dont l’Insigne d’honneur du ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales.

 

Villages d’enfants SOS

Le Vietnam compte actuellement 14 Villages d’enfants SOS, dont trois construits et financés par l’AEVN. Leur fonctionnement se base sur quatre principes qui sont à l’origine de la création du premier Village d’enfants SOS par Hermann Gmeiner à Imst, en Autriche, en 1949 : la mère, la fratrie, la maison et le Village.

- La mère :

La mère SOS crée une relation étroite avec chacun des enfants qui lui sont confiés et lui apporte la sécurité, l’amour et la stabilité dont il a besoin. Formée à la prise en charge professionnelle des enfants, elle vit avec eux, oriente leur développement et gère son foyer de manière autonome. Elle connaît et respecte l’histoire familiale de chaque enfant, ses origines culturelles et sa religion.

- La fratrie :

Filles et garçons d’âges différents grandissent ensemble comme frères et sœurs, les fratries naturelles ne sont pas séparées et chacune vit dans une même famille SOS. Ces enfants et leur mère SOS nouent des liens affectifs qui durent toute la vie.

- La maison

La maison est le foyer de la famille, avec un vécu, un rythme et des habitudes qui lui sont propres. Sous leur toit, les enfants éprouvent un véritable sentiment de sécurité et d’appartenance. Ils grandissent et apprennent ensemble, partagent les responsabilités, les joies et les peines de la vie quotidienne.

- Le Village

Les familles SOS (souvent une vingtaine) forment ensemble un village, un environnement favorable à l’épanouissement des enfants. Elles partagent leurs expériences et s’aident mutuellement. Chacune d’elles est également membre de la communauté avoisinante, chaque enfant apprend à devenir un membre actif de la société.

 

Comment aider AEVN ?

Trois possibilités :
1. Parrainer un enfant - don mensuel de 35€ (ou plus).
2. Faire un don - soit par chèque, soit en ligne.
3. Acheter des Cartes-Lettres (cartes de vœux), des livres ou des posters - soit par chèque, soit en ligne.
Pour plus d’informations : www.aevn.org.

 
Nghia Dàn/CVN

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