12/02/2020 09:35
L'Organisation mondiale de la santé a estimé mardi 11 février qu'il y avait une "chance réaliste de stopper" la propagation dans le monde du nouveau coronavirus, qui reste une "très grave menace" et a fait plus de 1.000 morts en Chine.

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Le "COVID-19" est désormais le nom du virus ​apparu en décembre 2019 à Wuhan (Centre de la Chine).
Photo : AFP/VNA/CVN


Apparu en décembre 2019 à Wuhan (Centre) et désormais appelé le "COVID-19" -et non plus le "2019-nCoV", un nom adopté à titre provisoire-, ce virus a provoqué 108 nouveaux décès en 24 heures, le plus lourd bilan sur une telle durée enregistré à ce jour, ont annoncé les autorités sanitaires chinoises.

Ce sont au total 1.016 personnes qui ont perdu la vie en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao) depuis que la première mort imputée au nouveau coronavirus y a été rendue publique le 11 janvier, tandis que le nombre des cas confirmés de contamination s'établit à plus de 42.000.

En revanche, comme à plusieurs reprises depuis la semaine dernière, le chiffre des nouveaux cas quotidiens (2.478) a diminué par rapport à la veille.

"Si nous investissons maintenant (...) nous avons une chance réaliste de stopper cette épidémie", a déclaré mardi 
11 février le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse à Genève.


"Cela reste une grande urgence" pour la Chine, "mais cela constitue aussi une très grave menace pour le reste du monde", avait déclaré le même responsable quelques heures plus tôt au cours d'une conférence réunissant jusqu'à mercredi  12 février 400 scientifiques dans cette ville suisse.


À l'ouverture de la réunion, qui doit passer en revue les moyens de combattre l'épidémie, il a appelé tous les pays à faire preuve de "solidarité" en partageant les données dont ils disposent.

Les ministres européens de la Santé se retrouveront de leur côté jeudi 
13 février à Bruxelles pour discuter de mesures coordonnées.


Un scénario redouté 

En dehors de la Chine continentale, le virus a entraîné la mort de deux personnes, une aux Philippines et une autre à Hong Kong (Chine) et plus de 400 cas de contamination ont été confirmés dans une trentaine de pays et territoires.

 

Des passants munis de masques de protection traversent un carrefour habituellement animé, le 11 février à Pékin.
Photo : AFP/VNA/CVN


Mais un scénario redouté s'est concrétisé : sans avoir jamais mis les pieds en Chine, un Britannique ayant contracté le coronavirus à Singapour l'a ensuite transmis à plusieurs de ses compatriotes au cours d'un séjour dans les Alpes en France, avant d'être diagnostiqué en Grande-Bretagne.

Cet homme, qui a affirmé mardi 
11 février être "complètement rétabli", a ainsi accidentellement transmis le COVID-19 à onze autres personnes -cinq hospitalisées en France, cinq autres en Grande-Bretagne et une sur l'île espagnole de Majorque-, selon les informations disponibles.


La détection de ce petit nombre de cas pourrait être "l'étincelle qui finira par un plus grand feu" épidémique, s'était alarmé dès lundi Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Jusqu'alors, la majeure partie des contaminations identifiées à l'étranger impliquait des personnes revenues de Wuhan.

Mission d'experts 

En Asie, des milliers de voyageurs et de membres d'équipage demeurent consignés sur deux navires de croisière. Au moins 135 cas de contamination ont été confirmés sur le paquebot Diamond Princess, en quarantaine au large du Japon.


À Hong Kong (Chine), plus de cent personnes ont été évacuées mardi 11 février d'une tour de 35 étages après la découverte de deux cas à deux étages différents, les autorités s'interrogeant sur une éventuelle contagion au travers de canalisations.


Les États-Unis ont pour leur part autorisé les employés non indispensables à la bonne marche de leur consulat à Hong Kong (Chine) - et leurs familles - à quitter ce territoire sur la base du volontariat, "par mesure de précaution en raison des incertitudes".

Pendant ce temps, une mission internationale d'experts de l'OMS est arrivée en Chine. Dirigée par Bruce Aylward, un vétéran de la lutte contre l'épidémie Ebola, elle a pour mission d'étudier l'origine du nouveau coronavirus et ses effets.

Alors que la province du Hubei reste coupée du monde depuis plus de deux semaines, sa capitale Wuhan a encore renforcé les restrictions imposées à sa population.

Les personnes atteintes de fièvre - un des symptômes de la maladie - ne pourront désormais plus se rendre dans les hôpitaux hors de leur arrondissement, tandis que tous les complexes d'habitation sont soumis à des règles d'entrée et de sortie encore plus draconiennes.

Large paralysie 

Hors du Hubei, plusieurs métropoles imposent également à une partie de leurs habitants de rester calfeutrés chez eux, avec néanmoins la possibilité de sortir récupérer des courses.

Dans l'ensemble, la Chine demeure largement paralysée, malgré une reprise timide du travail depuis lundi. Les étudiants sont toujours en vacances et les entreprises sont incitées à laisser leurs employés travailler à domicile.

Le président Xi Jinping, pour la première fois apparu un masque sur le visage, a appelé lundi à prendre "des mesures plus fortes et décisives pour enrayer" la contagion, tout en affirmant que l'impact de l'épidémie serait "de courte durée".

Les deux principaux responsables chargés des questions de santé dans le Hubei ont par ailleurs été limogés, a annoncé mardi 11 février la télévision d'
État.

Les autorités locales ont été critiquées pour avoir tardé à réagir et avoir même réprimandé des lanceurs d'alerte pour "propagation de rumeurs". La mort vendredi 7 février de l'un d'entre eux, le médecin de 34 ans Li Wenliang, avait provoqué d'inhabituels appels à la liberté d'expression.


AFP/VNA/CVN

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