06/06/2020 09:15
Luong Van Hy, Professeur d’anthropologie à l’Université canadienne de Toronto, a été élu récemment président de l’Association pour les études asiatiques. Il devient le premier Vietnamien à occuper ce poste en 70 ans d’existence de ladite association.
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Luong Van Hy est Professeur honoraire de l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville.
Photo : CTV/CVN
L’Association pour les études asiatiques (Association for Asian Studies - AAS) est une organisation professionnelle savante, apolitique et à but non lucratif, ouverte à toutes les personnes intéressées par l’Asie et les recherches asiatiques. Avec environ 8.000 membres dans le monde, représentant tous les régions et pays asiatiques et toutes les disciplines académiques, elle est la plus grande organisation du genre. Son siège est dans le Michigan, aux États-Unis.

L’AAS est active dans les activités contribuant au développement des études asiatiques dans le monde, et ce de plusieurs manières. Elle organise des conférences annuelles pour que les experts de différents pays puissent partager leurs résultats de recherches. Elle publie également des travaux de recherche sur son magazine Journal of Asian Studies (Journal des études asiatiques) et quelques publications. Par ailleurs, elle aide des jeunes dans leurs études et leur parcours professionnel.

La plus grande conférence de l’AAS a lieu en mars tous les ans en Amérique du Nord, avec environ 3.000 participants. Sa deuxième plus grande a lieu au début de l’été en Asie (AAS-in-Asia), avec la présence d’un millier de personnes.

"Je suis honoré d’avoir été élu président de l’AAS. Je continuerai de soutenir fermement ses efforts afin d’engager des collègues asiatiques dans le dialogue universitaire et de fournir du mentorat aux jeunes chercheurs à travers des ateliers de dissertation et des initiatives similaires", confie Luong Van Hy.

Et d’ajouter : "Je crois également au rôle important de l’AAS et de ses membres, non seulement pour faire progresser les connaissances universitaires sur l’Asie et les liens de l’Asie avec le reste du monde, mais aussi dans les dialogues politiques sur les problèmes et défis mondiaux complexes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui".

Né à Hanoï, Luong Van Hy est un ancien élève de l’école Petrus Ký (aujourd’hui lycée Lê Hông Phong à Hô Chi Minh-Ville).

En 1971, il a reçu une bourse pour étudier aux États-Unis. Il a découvert l’anthropologie en tant qu’étudiant de premier cycle à l’université de Californie à Berkeley. Après, il a poursuivi ses études supérieures en anthropologie à l’université Harvard. Il a choisi l’anthropologie pour son approche holistique de l’étude du comportement humain, des institutions, de leur reproduction et de leur transformation.

L’anthropologie consiste à étudier l’humain du passé comme du présent.
Photo : ST/CVN

Né au Vietnam et ayant grandi au milieu de la guerre, Luong Van Hy a maintenu un fort intérêt pour son pays d’origine dans le contexte plus large de l’Asie du Sud-Est et de la mondialisation.

Des recherches sur le Vietnam

En 1987, alors qu’il était professeur à l’université Johns Hopkins, il fut le premier anthropologue d’une institution américaine autorisé à effectuer des travaux au Vietnam, malgré l’embargo américain sur le pays à l’époque.

Depuis, il mène régulièrement des recherches dans différentes régions du pays, en portant une attention particulière aux dynamiques socioculturelles variées selon les régions dans leur interaction avec les États coloniaux et postcoloniaux et les forces mondiales.

"En collaboration avec des membres de mes équipes de recherche, j’ai mené pendant trois décennies un travail de terrain intensif et comparatif dans sept communautés des trois régions du Vietnam. J’ai adopté une approche longitudinale en réétudiant ces communautés au fil du temps", partage-t-il.

Luong Van Hy a publié des travaux sur le discours et la langue, la parenté et l’organisation sociale, les rituels et les festivals, les échanges de cadeaux et le capital social, la migration et l’économie politique, ainsi que les relations entre l’État et les populations locales au Vietnam. Son premier livre, Discursive Practices and Linguistic Meanings : The Vietnamese System of Person Reference (Pratiques discursives et significations linguistiques : le système vietnamien de référence à la personne), publié en 1990, examine l’interaction de la structure et de l’action, un thème majeur des sciences sociales. Il met en évidence les tensions/contradictions structurelles et idéologiques dans le système socioculturel vietnamien, ainsi que les choix actifs des locuteurs parmi les termes de référence pour structurer la réalité.

Dans son livre intitulé Tradition, revolution and market economy in a nord vietnamese village (Tradition, révolution et économie de marché dans un village vietnamien du Nord), 1925-2006 (édition élargie d’un livre de 1992), il se concentre sur les mouvements anticoloniaux et la restructuration postcoloniale de la culture, de la société et de l’économie en relation avec le système mondial capitaliste et ses idéologies, l’État et les dynamiques socioculturelles locales.

Depuis les années 1990, Luong Van Hy enseigne au Département d’anthropologie de l’Université canadienne de Toronto, et est à la tête de ce département.

Il y a 20 ans, il a contribué de manière significative à la formation des Départements d’anthropologie des Universités des sciences sociales et humaines  de Hanoï et de Hô Chi Minh-Ville (relevant respectivement des Universités nationales de Hanoï et de Hô Chi Minh-Ville).
 
Phuong Nga/CVN
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