19/03/2019 18:56
L'armée du Myanmar a annoncé lundi 18 mars avoir mis en place un tribunal militaire chargé d'enquêter sur son comportement lors de la répression exercée sur la minorité musulmane Rohingya en 2017, contraignant plus de 730.000 personnes à fuir vers le Bangladesh voisin.
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Le tribunal, composé d’un général de brigade et de deux colonels, va enquêter sur les événements survenus dans l’état de Rakhine, à l’ouest du Myanmar, en août 2017, a annoncé l’armée birmane dans un communiqué publié sur le site Internet du général Min Aung Hlaing, commandant en chef de l’armée. Il répondra aux allégations formulées par les Nations Unies et les organisations de défense des droits de l’homme telles que Amnesty International et Human Rights Watch, qui accusent les forces de sécurité de massacres, de viols et d'incendies criminels.

Des réfugiés rohingyas dans un camp près des frontières avec le Bangladesh.
Photo : AFP/VNA/CVN

En août 2017, les forces armées du Myanmar ont lancé une offensive dans l'État de Rakhine en réponse à une série d'attaques d'insurgés Rohingya sur des postes de sécurité situés près de la frontière avec le Bangladesh. En novembre 2017, le Myanmar et le Bangladesh ont annoncé un plan de retour mais le processus était ensuite resté au point mort, les deux pays se rejetant mutuellement la faute. Les réfugiés refusaient de revenir jusqu’à ce que leur sécurité et leurs droits soient garantis. En juin 2018, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) avaient signé avec les autorités birmanes un accord pour aider à créer des conditions propices à un retour volontaire et sécurisé des Rohingyas.

L'année dernière, une mission d'enquête onusienne a déclaré que la campagne militaire précitée avait été orchestrée avec une "intention génocidaire" et a recommandé d'inculper le général Min Aung Hlaing et cinq autres généraux des "crimes les plus graves en vertu du droit international". Le Myanmar a nié les accusations de meurtre, de viol et d’autres exactions commises par ses forces armées. Une précédente enquête réalisée en 2017 par l’armée avait exonéré les forces de sécurité de tout crime.

Le Myanmar est confronté à des appels internationaux grandissants en faveur d'une plus grande transparence vis-à-vis de sa campagne militaire à Rakhine.
La Cour pénale internationale a ouvert un examen préliminaire de la violence, alors qu’une commission d’enquête constituée par le Myanmar et comprenant le diplomate philippin Rosario Manalo et Kenzo Oshima, ancien ambassadeur du Japon en Amérique du Nord, devrait publier ses conclusions cette année.

VNA/CVN
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