19/12/2020 08:02
La maison du "cœur" Tin Thac dépend de la confrérie des Amantes de la Croix de Dà Lat, province de Lâm Dông. Depuis une dizaine d’années, une centaine d’enfants abandonnés sont soignés par les sœurs avec le soutien de bénévoles et de bienfaiteurs de tout le pays.
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Les bébés dorment comme des anges dans les berceaux. Photo : VNN/CVN

Une maison remarquable, située dans la ville de Bao Lôc, province de Lâm Dông, sur les hauts plateaux du Centre, résonne en permanence des rires et des cris d’enfants. C’est la maison du "cœur" Tin Thac où une centaine d’enfants abandonnés sont élevés avec amour par les sœurs. 

La sœur Hoàng Thi Cuc, 73 ans, nous emmène rencontrer les enfants. Elle marche avec légèreté et délicatesse, ouvre doucement la porte. Dans les berceaux, les bébés dorment comme des anges. Ici des serviettes, là des couches... Ils sont comme des bébés lovés dans les bras aimants de leur mère. Dans le lit proche de la porte, un enfant dort. "C’est Phuc An. Il a 10 ans déjà. Les enfants de son âge commencent à se demander pourquoi ils doivent vivre avec nous", présente-t-elle.

Parmi les 107 enfants, seuls 66 restent aujourd’hui à la maison. Certains sont partis tôt le matin à l’école dans les classes de maternelle et seront récupérés l’après-midi. D’autres ont été envoyés en internat. La maison n’offre pas seulement de la nourriture et des vêtements aux enfants défavorisés, mais leur apporte également une atmosphère familiale. Les petits enfants se réunissent dans la maison et jouent les uns avec les autres tandis que les plus âgés aident les religieuses à nourrir les plus jeunes et à les traiter comme des frères et sœurs.

Un refuge des orphelins

"Un jour, la sœur Nguyên Thi Huong, 63 ans, a découvert un petit garçon tout pâle, pesant à peine 1,3 kg, enveloppé dans un chemisier et placé dans une boîte en carton au bord de la route. Elle l’a ramené à la maison et l’a appelé Phuc Ân. Au bout de trois mois, le petit garçon avait pris près de 2 kilos", raconte la sœur Hoàng Thi Cuc.

Selon elle, jour après jour, les sœurs ont continué à accueillir des nouveau-nés abandonnés, dont certains n’avaient que quelques jours, enveloppés dans des vêtements déchirés, laissés dans des sacs ou des boîtes au bord des routes, dans les buissons ou devant les hôpitaux. Le nombre de plus en plus élevé d’enfants abandonnés a donné de grandes difficultés aux sœurs. Les religieuses ont dû alors compter pendant quelques mois sur des familles bénévoles pour les assister. L’idée de créer un orphelinat s’est ensuite imposée naturellement.

Tel leur frère aîné Phuc Ân, tous les enfants sont nommés Ân (Grâce) - comme Hông Ân, Thiên Ân, Khanh Ân ou Gia Ân - en hommage aux familles qui ont accepté de les accueillir lorsque la maison Tin Thac n’a pu le faire.

"En 2009, avec la permission de la confrérie, nous avons acheté un terrain pour bâtir cette maison. Cet abri est nommé Tin Thac et sous la gestion de la sœur Nguyên Thi Huong", raconte la sœur Cuc.

Lors des premiers jours, la maison du "cœur" Tin Thac rencontrait beaucoup de difficultés car ses femmes fondatrices n’avaient aucune expérience dans le soin des enfants. Au bout de quelques temps, elles ont pris leurs habitudes et acquis
les connaissances nécessaires. Aujourd’hui, Tin Thac comptabilise 107 enfants pris en charge par six religieuses bénévoles.

"Actuellement, la sœur Nguyên Thi Huong est gravement malade et ne peut plus assurer les tâches de la maison. Pourtant, sa parole +J’aime ces enfants abandonnés et je les considère comme les miens. Nous devons toujours être prêtes à accueillir des enfants, à les élever et les éduquer+ nous a beaucoup influencé et nous motive encore tous les jours", partage Mme Cuc.

Pour une vie meilleure

La sœur Nguyên Thi Huong et des enfants de Tin Thac. Photo : TN/CVN

D’après elle, les bébés admis dans l’établissement sont tous abandonnés peu de temps après leur naissance. La plupart d’entre eux ont encore le cordon ombilical. Ils sont emballés dans des sacs en nylon, placés dans des récipients en plastique, des cartons et ont donc très souvent faim et froid… Ces conditions difficiles rendent la prise en charge lors des premiers jours très compliquée, mais avec l’immense amour des religieuses et des bénévoles bienveillants, les bébés récupèrent vite des forces. Les enfants sont classés en groupes d’âge sous la garde de religieuses spécifiques pour une meilleure gestion de leur santé et de leur éducation.

"Chaque groupe d’âge connaît des difficultés différentes, mais heureusement, tous sont obéissants et désireux d’apprendre. Les voir grandir et prendre soin les uns des autres est notre plus grand bonheur", sourit-elle.

Nguyên Minh Hiêu, président du Comité populaire de la commune de Lôc Thach, exprime le soutien de la localité réservé aux activités humanitaires des sœurs. D’après lui, les autorités locales créent toujours des conditions juridiques adéquates pour aider les enfants à bénéficier des avantages prévus par la loi. Ils ont également appelé les sponsors et les bienfaiteurs à travers le pays à prêter attention au foyer pour aider les religieuses à surmonter les difficultés.

Récemment, Tin Thac s’est vu décerner un satisfecit de  la province de Lâm Dông pour ses réalisations dans la prise en charge des enfants abandonnés pendant la période 2016-2018.
Huong Linh/CVN

 
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