30/12/2019 08:50
Un suspect a été inculpé dimanche 29 décembre de cinq chefs d'accusation pour tentative d'homicide après une attaque à l'arme blanche menée samedi soir 28 décembre lors d'une fête religieuse juive dans la résidence d'un rabbin près de New York, une agression qui a poussé Donald Trump à appeler à "éradiquer" le "fléau de l'antisémitisme".

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Le suspect de l'attaque de Monsey, Grafton Thomas, 37 ans, dans la ville d'Airmont, New York, après son arrestation le 29 décembre. Photo : AFP/VNA/CVN


Le suspect, Grafton Thomas, 37 ans, a comparu devant la justice lors d'une audience préliminaire en fin de matinée.

Cinq chefs d'accusation pour "tentative d'homicide" et un pour "cambriolage" ont été retenus contre lui, a indiqué dans un communiqué la police locale, précisant que sa caution avait été fixée à 5 millions d'USD.

Grafton Thomas est accusé d'avoir pénétré samedi soir 28 décembre, lors de la fête juive de Hanouka, dans la maison d'un rabbin de Monsey, ville située à 50 km au nord de New York, avec une arme blanche.

"Un grand couteau, comme une machette ou un sabre", selon le témoignage dimanche 29 décembre evant la presse de Joseph Gluck, qui se trouvait dans la maison lors de l'agression.

"Il a commencé à frapper les gens à droite et à gauche", a-t-il raconté, ajoutant lui avoir jeté une table basse pour attirer son attention et lui faire quitter la maison.

L'agresseur, qui a essayé de pénétrer dans une synagogue voisine, a pris la fuite après l'attaque, avant d'être arrêté par la police.

Il a plaidé non coupable et comparaitra de nouveau le 3 janvier.

Le témoin Joseph Gluck a raconté avoir noté sa plaque d'immatriculation et l'avoir transmise à la police.

Au total cinq personnes ont été blessées. Elles ont été hospitalisées mais les autorités n'ont pas donné de détails sur leur état de santé.

Yossi Gestetner, co-fondateur de la branche locale de l'association juive orthodoxe OJPAC, a déclaré affirmé au New York Times que l'une des victimes est le fils de ce rabbin.

"Acte terroriste" 

Le gouverneur de l'
État de New York, Andrew Cuomo, a qualifié dimanche  29 décembre l'attaque "d'acte terroriste".
 

Des membres de la communauté juive devant la maison du rabbin Chaim Rottenbergin à Monsey (New York), le 29 décembre. Photo : AFP/VNA/CVN


"Nous avons de dangereux crimes motivés par la haine que nous combattons, mais je pense que nous sommes maintenant au-delà de ça. Je pense que c'est un acte terroriste. Je pense que c'est du terrorisme intérieur", a-t-il déclaré à son arrivée sur place.

Cette attaque survient dans un contexte de montée d'agressions antisémites aux 
États-Unis. Le comté de Rockland, où est situé Monsey, est celui qui compte la plus forte proportion de population juive aux États-Unis, avec 90.000 personnes soit 31,4% des habitants.

"L'
État de New York à zéro tolérance pour l'antisémitisme et l'assaillant devra faire face à la loi dans toute sa rigueur", a déclaré le gouverneur Cuomo sur Twitter.

Suite à l'attaque, le maire de New York, Bill de Blasio, a annoncé la création de comités de quartier chargés de prévenir les crimes haineux, parallèlement à une intensification des patrouilles de la police de New York.

"La crainte d'un prochain acte de terreur ne deviendra pas une nouvelle normalité pour nos voisins juifs. À New York, la diversité est notre force et nous respectons les traditions de tous ceux qui considèrent New York comme leur foyer", a déclaré le maire dans un communiqué.

Sur Twitter, le président Donald Trump a appelé dimanche 29 décembre à "éradiquer" le "fléau de l'antisémitisme".

"L'attaque antisémite à Monsey lors de la septième nuit de Hanouka, est horrible. Nous devons tous nous réunir pour combattre, défier et éradiquer le fléau néfaste de l'antisémitisme", a écrit M. Trump.

En Israël, le président Reuven Rivlin s'est dit "sous le choc et indigné". Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a "fortement condamné les récentes manifestations d'antisémitisme".

"L'antisémitisme et la haine n'ont de place nulle part dans le monde et nous devons continuer à nous unir contre eux",
a tweeté le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Dans un rapport publié en avril, l'Anti-Defamation League (ADL), organisation de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, avait décompté 1.879 incidents à caractère antisémite en 2018 aux 
États-Unis, frôlant le record de 1.986 de 2017, et incluant 39 agressions physiques, le double de l'année précédente.

"C'est trop" 


À Monsey, l'ambiance était au recueillement dimanche matin 29 décembre.

"On ne pensait pas que quelque chose comme ça pouvait arriver ici", a déclaré un voisin du rabbin, Joel Spitzer, expliquant craindre de futures attaques.

"C'est toujours dans un coin de l'esprit. Qu'est-ce qui fait que ça ne va pas arriver de nouveau ?".

Le 10 décembre, une fusillade dans une épicerie casher de Jersey City, dans la banlieue de New York, a fait quatre morts. La police avait qualifié cette attaque d'"acte de terrorisme intérieur alimenté par l'antisémitisme et par des vues anti-forces de l'ordre". Les deux attaquants avaient été abattus.

Joel Spitzer veut maintenant acheter une arme pour se protéger. "Une fois c'est déjà bien assez, mais là c'est trop", a-t-il déclaré.

L'attaque la plus sanglante contre des juifs aux 
États-Unis a été commise en octobre 2018, lorsqu'un camionneur de 46 ans a tué par balle 11 personnes dans la synagogue "Tree of Life" de Pittsburgh (Pennsylvanie).

AFP/VNA/CVN

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