23/01/2016 08:39
Dans le but de diminuer les embouteillages, Hô Chi Minh-Ville a mis en place un projet visant à développer le réseau de bus depuis octobre 2015. Précisions.
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Les embouteillages, fléau moderne de la société vietnamienne.
Photo : Minh Quyêt/VNA/CVN

Les embouteillages aux heures de pointe, le mauvais état des voies et leur inondation quasi systématique lors de pluies ou encore les accidents de la route … Tels sont des problèmes concernant la circulation routière auxquels Hô Chi Minh-Ville doit faire face actuellement.

«Le nombre de moyens de transport personnels de cette ville de 8,7 millions d’habitants a atteint un chiffre sans précédent avec 6,2 millions de motos et plus de 600.000 automobiles. Chaque année, les embouteillages causent près de 23.000 milliards de dôngs de perte», informe Nguyên Minh Hoà, chef du Département de l’urbanisme, relevant de l’Université des sciences sociales et humaines de Hô Chi Minh-Ville.Le budget annuel versé au développement des communications et de la circulation est estimé à 50.000 milliards de dôngs (2,5 milliards de dollars) pour la mégapole du Sud, pourtant seulement 6.000 milliards lui sont réservés à cet effet.

La mobilisation de capitaux pour le projet de construction de huit lignes de métro doit donc affronter de nombreuses difficultés. Les autres moyens de transports publics, les bus notamment, ne sont pas en mesure de satisfaire les habitants.

Une mauvaise qualité des services de bus

En dépit de plusieurs mesures mises sur pied afin d’améliorer l’image des autobus, la ville n’a toujours pas obtenu de résultats satisfaisants afin d’encourager la population à utiliser le bus. En effet, les habitants y sont réticents. La perte de temps, entre autre, joue un rôle important. À cause des embouteillages, la plupart des bus n’arrivent pas à l’heure et la majorité d’entre eux sont plein à craquer. En 2014, les statistiques ont recensé 5.724 cas de personnes ayant attendu le bus sans pouvoir y accéder. Et rien qu’en novembre, ce chiffre a atteint plus de 7.900 personnes. Autant de raisons décourageant les uns et les autres à prendre le bus.

De nombreuses lacunes perdurent dans l’élaboration de projets de construction de routes. La majorité des projets en question ne se soucient pas ou peu à la question des voies de bus, délaissée, et causant ainsi ces fameux embouteillages aux heures de pointe.

«Pour palier à ce problème, la ville a décidé de limiter le nombre de motos en circulation. Cette solution n’est pas convenable et ce pour une raison simple, les transports en commun sont boudés par la population et ne peuvent pas à eux seuls assurer les déplacements des habitants. La suppression des véhicules individuels n’est pas adaptée à la situation», affirme le Docteur Pham Sanh.

Sur le même sujet, le Docteur Huynh Thê Du analyse : «La limitation du nombre de motos est un projet qui doit se faire sur le long terme et doit être suivi. Une des principales conditions afin d’influencer les habitudes de déplacements des habitants est de mettre en place un réseau de transport en commun de bonne qualité. Un changement d’infrastructures urbaines est aussi nécessaire».

Le projet de réseau des bus rapides

L’amélioration de qualité des bus, une priorité. Photo : Hoàng Hai/VNA/CVN

Face au constat critique concernant les bus, le Comité de gestion des ouvrages routiers urbains de Hô Chi Minh-Ville et la Banque mondiale du Vietnam ont décidé de déployer un projet dit de réseau de communication «verte». Il vise à développer les réseaux de circulation, à diminuer les embouteillages, et ainsi, à réduire les frais personnels de déplacement, le tout dans le but de créer un moteur de développement socio-économique pour la ville.

Le point principal du projet est l’instauration d’un réseau de 23 km de lignes de bus rapides (BRT), un nouveau type de transport en commun. Les bus BRT se déplaceront sur l’avenue Vo Van Kiêt - Mai Chi Tho. Les côtés positifs de ce dispositif sont la réduction de temps d’attente et une bonne sécurité due à l’installation adaptée de voies réservées aux bus. Le projet entrera en vigueur dans les 1er, 2e, 5e, 6e et 8e arrondissements de la ville, ainsi que dans l’arrondissement de Binh Thân  et le district de Binh Chanh. Le budget prévu s’élève à 137,5 millions de dollars.

Les autorités espèrent que ces bus remplaceront peu à peu les véhicules individuels contribuant ainsi à la diminution des embouteillages ainsi qu’aux accidents de la route. Étant donné la lente instauration des lignes de métro, le projet en question tombe à point.     

Ngoc Yên/CVN
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