04/08/2019 12:36
Le Professeur américain d’origine vietnamienne Nguyên Dang Hùng est connu pour sa passion pour la médecine et sa curiosité insatiable dans la recherche sur le traitement contre certains cancers du sang via les thérapies géniques.
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Nguyên Dang Hùng et Chrystal Paulos, l’une des meilleurs cancérologues aux États-Unis.
Photo: NVCC/CVN

Depuis trois ans, Nguyên Dang Hùng, 36 ans, poursuit des études sur la thérapie génique CAR-T cells et T cells, qui a pour principe d’éduquer certaines cellules immunitaires du patient, les lymphocytes T, afin qu’elles reconnaissent spécifiquement les cellules tumorales et s’attaquent à elles. La spécificité de cette thérapie tient dans son adaptation à chaque patient: les lymphocytes T du malade sont modifiés en laboratoire afin de les munir d’un récepteur qui luttera contre les cellules cancéreuses.

"Mes études visent à augmenter la capacité anticancéreuse des cellules CAR-T et T. J’ai acquis les fondements des premières données mais ce n’est pas encore publiable. Mes études ne sont pas pour aujourd’hui, mais plutôt pour les
20 prochaines années"
, confie Nguyên Dang Hùng.

Cent trente-sept types différents

Selon lui, il existe environ 137 types de cancers du sang et d’affections connexes. Le traitement par la thérapie génique CAR-T cells et T cells a déjà été testé aux États-Unis. Beaucoup de patients atteints de cette maladie ont vu leur vie se prolonger d’une quinzaine d’années avec l’aide des CAR-T cells. Des résultats inattendus par rapport au traitement classique.

Nguyên Dang Hùng est un ancien étudiant de l’Université de pharmacie de Hanoï. En 2007, après avoir obtenu une bourse de doctorat du gouvernement sud-coréen, il s’est envolé pour ce pays afin de faire des études de médecine.

Les recherches et l’application des cellules souches ont constitué une avancée majeure de la médecine.
Photo: CTV/CVN

Quelques années plus tard, il obtient une autre bourse, cette fois-ci aux États-Unis, afin de poursuivre ses recherches sur de nouvelles formes de traitement du cancer, grâce en partie aux recommandations du Professeur Sok Dai Eun, qui avait supervisé la thèse de Hùng.

"En République de Corée, je suis surnommé Hùng Sok parce que je suis souvent dans le laboratoire comme le Professeur Sok Dai Eun. Quand j’ai soutenu avec succès ma thèse de doctorat, j’ai reçu des invitations à continuer mes études en Europe et aux États-Unis. En pensant que les conditions de recherches aux États-Unis me conviendraient mieux, le Professeur Sok Dai Eun m’a conseillé d’y aller", se souvient-il.

Aux États-Unis, Nguyên Dang Hùng et ses collègues chercheurs se sont heurtés à un obstacle lorsque leurs travaux sur un vaccin anticancéreux se sont soldés par un échec si catastrophique que lui et sa famille ont envisagé de quitter ce pays.

L’équipe a ensuite décidé de passer à la recherche sur l’immunité contre le cancer, un domaine sous-développé à cette époque-là.

Heureusement, il a reçu un parrainage de l’Université de Floride centrale (UCF) et a travaillé avec succès à la création de cellules corporelles immunisées contre le cancer qui pourraient lutter contre la maladie.

Banques de cellules souches

Nguyên Dang Hùng souhaite pouvoir octroyer des bourses d’études supplémentaires aux États-Unis à deux médecins vietnamiens lors de sa prochaine visite au Vietnam.

"Très peu de Professeurs d’origine vietnamienne se voient octroyer de l’argent pour diriger un laboratoire aux États-Unis. Mais Hùng est parvenu à le faire. Aujourd’hui, il veut faire quelque chose pour les Vietnamiens. Je veux le soutenir  pour qu’il puisse réaliser ce souhait", partage l’un des collègues de Nguyên Dang Hùng.

"Je veux ce qu’il y a de mieux pour le Vietnam", dit Hùng à propos de son plan.

Outre son projet de développement du système médical vietnamien, il a également mis en place des banques de cellules souches et de nouvelles méthodes de traitement du cancer.

Son travail et ses efforts ont reçu les éloges de la part d’amis et de collègues, car il a toujours désiré aider le Vietnam. "Il a bon cœur, il est né pour guérir les gens", estime l’un de ses collègues.

Le médecin s’est marié en République de Corée avec une Vietnamienne. Quand il a reçu la bourse aux États-Unis, Hùng a demandé à son épouse, Huong Ly, de le suivre.

Lorsqu’il vivait aux États-Unis, le couple partageait une maison avec un ami sud-coréen, ce qui rendait leur vie beaucoup moins confortable.

Sa femme a aussi confié que leur temps ensemble avait diminué depuis leur déménagement à l’étranger, ajoutant qu’elle avait même dû donner naissance à leur enfant sans son soutien, car il était très impliqué dans son travail.

Un dévouement unanime pour son métier et ses recherches, qui permettront peut-être d’ici quelques années de trouver un remède contre le cancer du sang.
 
Lan Anh - Phuong Nga/CVN
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