27/01/2018 08:00
Un véritable paradis, c’est ainsi que les passionnés d’oiseaux d’ornement voient la ferme de Trân Nhu Giap. Partons à sa découverte en banlieue de Hanoï.

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Un coin de la ferme d’oiseaux d’ornement de Trân Nhu Giap dans la commune de Dông My, district de Thanh Tri, en banlieue de Hanoï.


Dans sa ferme dans la commune de Dông My, district de Thanh Tri, en banlieue de Hanoï, Trân Nhu Giap élève des milliers de canards, faisans, poulets, paons et autres perroquets. Un véritable festival pour les yeux. "J’élève actuellement une trentaine d’espèces d’oiseaux, avec au total près de 5.000 individus… J’ai en particulier une quinzaine de races de poulets du Vietnam et aussi de l’étranger. J’ai aussi réussi à élever plus de 600 paons", a révélé Trân Nhu Giap.  

Réaliser un rêve d’enfance

Sorti de l’École supérieure de commerce de Hanoï, Département de management d’entreprises, à l’âge de 22 ans, Trân Nhu Giap a commencé à travailler dans une entreprise dans la capitale. Mais les maigres émoluments l’ont incité à quitter ce travail. Il est retourné dans sa commune natale de Nhân Thinh, district de Ly Nhân, province de Hà Nam (Nord), bien décidé à réaliser son rêve : devenir aviculteur.  "Dès l’enfance, j’ai nourri le rêve d’élever des oiseaux d’ornement. Après cette démission, j’ai pensé qu’il était temps de passer à l’action. Immédiatement, je me suis mis à l’ouvrage", a-t-il confié.

Au départ, en 2004, Trân Nhu Giap a investi 40 millions de dôngs afin d’acheter quatre couples de paons et faisans. Après un an d’élevage, de premiers succès ont été enregistrés. Une centaine de faisans de Colchide et plus d’une vingtaine de paons ont vu le jour.

 

Les paons multicolors se promènent en toute liberté dans la ferme à Dông My, district de Thanh Tri, en banlieue de Hanoï.


Ces premiers succès l’ont incité à persévérer et… à voir les choses en grand. En 2007, il a investi 600 millions de dôngs pour l’aménagement d’une ferme dans sa commune de Nhân Thinh. Sur 5.000 m², il a construit des cages lui permettant d’élever 600 têtes. Mais faute d’expériences dans l’élevage massif, la plupart des oiseaux ont trouvé la mort. "Devant cet échec, ma famille et mes proches ont tenté de me décourager. Ils m’ont dit que j’étais fou d’avoir investi une telle somme dans ce projet".

Cela ne l’a guère abattu : "J’ai continué ma recherche d’informations. Mais à cette époque-là, aucun modèle d’élevage de faisans n’existait au Vietnam. Internet était aussi peu développé. Glaner des informations était très difficile".

Mi-2007 a marqué le bout du tunnel. Des informations obtenues sur Internet lui ont révélé qu’à l’étranger, l’élevage des faisans connaissait de bons succès. Une décision importante fut d’emprunter de l’argent pour visiter en Thaïlande des élevages. Après une visite d’un mois, Trân Nhu Giap a commencé à élever des faisans de Colchide, des paons spicifères puis des faisans de Lady Amherst  (appelés "faisans aux sept couleurs" en vietnamien, originaires de Chine), des faisans versicolores (appelés "faisans verts" en vietnamien, originaires du Japon où c’est l’oiseau national), des faisans argentés (encore présents dans les forêts vietnamiennes, mais rares et menacés), des canards...

Pionnier dans l’élevage d’oiseaux inscrits dans le Livre rouge du Vietnam (comme le faisan argenté Lophura nycthemera et le paon spicifère Pavo muticus), Trân Nhu Giap s’est heurté à maintes difficultés pour obtenir les autorisations. "J’ai dû justifier que ces oiseaux pouvaient se reproduire en captivité. Deux années de procédures. En 2009, le Département de contrôle forestier de la province de Hà Nam m’a délivré la permission d’aménager une ferme d’élevage et de préservation des oiseaux, dénommée +Vuon chim viêt+, le Jardin des oiseaux vietnamiens". 


Les cygnes noirs sont élevés dans la ferme à Dông My, district de Thanh Tri, en banlieue de Hanoï.


Préserver les espèces et races menacées

En 2010, Trân Nhu Giap a versé plus de 3 milliards de dôngs afin d’aménager une autre ferme dans la commune de Dông My, district de Thanh Tri, en banlieue de Hanoï. D’une superficie de 2 ha, elle se consacre non seulement à l’élevage des faisans, mais aussi des palmipèdes tels que foulques et canards mandarins.

Chaque mois, les frais destinés aux aliments et aux salaires des employés s’élèvent à près de 200 millions de dôngs. "C’est beaucoup mais mes deux fermes accueillent régulièrement des acheteurs, ce qui assure des recettes assez stables chaque mois", a-t-il révélé.

Conscient de la nécessité de ne pas se reposer sur ses lauriers, Trân Nhu Giap part chaque année à l’étranger pour glaner de nouvelles expériences et connaissances. Australie, Singapour, Thaïlande…, au total près de 20 pays visités. "À l’étranger, la préservation des animaux rares est bien menée. Et les habitants sont aussi conscients de la nécessité de préserver les races et espèces précieuses, qu’elles soient sauvages ou domestiques".

 

Une rencontre entre Trân Nhu Giap (droite) et des visiteurs dans sa ferme.


Trân Nhu Giap planche actuellement sur la création d’une réserve d’élevage d’espèces et de races menacées. "Le but principal est de préserver des gallinacés menacés, que ce soit des races domestiques, de poulets par exemple, ou des espèces sauvages comme les faisans", a-t-il précisé.   

Avec ses deux fermes, Nhu Giap a créé 20 emplois locaux, rémunérés chacun 3-5 millions de dôngs/mois. Chaque année, Trân Nhu Giap enregistre plus d’un milliard de dôngs de  bénéfices. Généreux, il aime aussi faire profiter les autres de son expérience : "J’ai aidé des fermes implantées à Quang Ninh, Lào Cai ou Vinh Phuc (Nord) à élever avec succès paons, foulques et canards sauvages". 

Le monde des amateurs d’oiseaux d’ornement est un microcosme où tout le monde se connaît. Et entre passionnés, on s’entraide et on aime communiquer, pour le bien-être des volatiles.

 

Texte et photos : Phuong Mai/CVN


 

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